Les enfants autistes dorment « moins profondément » – étudie israélienne
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Les enfants autistes dorment « moins profondément » – étudie israélienne

Des chercheurs ont démontré que les ondes cérébrales des enfants autistes sont "moins profondes" que celles des enfants au développement normal pendant leur sommeil

Un enfant endormi. (Crédit : CC BY-SA 3.0 by Stokedsk8erboy, Wikimedia Commons)
Un enfant endormi. (Crédit : CC BY-SA 3.0 by Stokedsk8erboy, Wikimedia Commons)

Un important pourcentage d’enfants autistes éprouvent des difficultés à s’endormir, se réveillent fréquemment au milieu de la nuit et se lèvent tôt le matin.

Désormais, une nouvelle étude du Centre national de recherche sur l’autisme de l’Université Ben-Gourion dans le Néguev, en Israël, montre que les ondes cérébrales des enfants autistes sont plus faibles, ou « moins profondes », pendant le sommeil que celles des enfants au développement normal, en particulier pendant la première partie de la nuit. Cela indique que les enfants ont du mal à entrer dans la phase de sommeil profond, qui est l’aspect le plus critique pour obtenir une expérience de sommeil reposant et réparateur.

L’étude a été rapportée dans le journal Sleep plus tôt ce mois-ci.

Des études antérieures ont montré que 40 à 80 % des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme souffrent d’une forme quelconque de perturbation du sommeil, ce qui pose de graves problèmes aux enfants et à leur famille. Déterminer les causes de ces troubles du sommeil est une première étape essentielle pour trouver comment les atténuer, ont déclaré les chercheurs dans un communiqué.

L’activité en ondes lentes (SWA) est une mesure de l’activité cérébrale qui indique la qualité du sommeil, ou ce qu’on appelle la pression du sommeil. Le sommeil normal commence par des périodes de sommeil profond qui sont caractérisées par une activité en ondes lentes de grande amplitude. Une onde de grande amplitude est particulièrement grande, et une onde de faible amplitude est particulièrement courte.

Ilan Dinstein, directeur du Centre national de recherche sur l’autisme d’Israël et membre du Département de psychologie de l’Université Ben Gurion (Crédit : Dani Machlis/BGU)

Les chercheurs ont entrepris de déterminer si l’activité des ondes lentes diffère chez les enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Leurs résultats ont montré que c’était effectivement le cas : selon l’étude, le schéma des ondes diffère chez les enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme.

Une équipe dirigée par le professeur Ilan Dinstein, directeur du Centre national de recherche sur l’autisme d’Israël et membre du département de psychologie de l’Université Ben-Gurion, a examiné l’activité cérébrale de 29 enfants autistes et les a comparés à celle de 23 enfants non autistes. L’activité cérébrale des enfants a été enregistrée pendant qu’ils dormaient pendant une nuit entière dans le laboratoire du sommeil du Centre médical de l’Université Soroka, dirigé par le professeur Ariel Tarasiuk.

Les enregistrements effectués pendant l’expérience ont révélé que les ondes cérébrales des enfants autistes sont, en moyenne, 25 % plus faibles – ou « moins profondes » – que celles des enfants au développement normal.

Les enfants atteints de troubles du spectre autistique « présentaient une puissance d’activité en ondes lentes significativement plus faible, des pentes d’activité en ondes lentes moins profondes et une proportion réduite de sommeil à ondes lentes par rapport aux sujets témoins », ont déclaré les chercheurs dans leur étude. « Cette différence était plus importante pendant les deux premières heures après l’endormissement et diminuait graduellement par la suite ».

Les chercheurs « ont constaté une relation directe entre la gravité des troubles du sommeil signalés par les parents et la réduction de la profondeur du sommeil », a affirmé le professeur Dinstein dans un communiqué. « Les enfants avec des problèmes de sommeil plus sérieux ont montré une activité cérébrale qui indique un sommeil plus superficiel et peu profond. »

Cela pourrait être dû au fait que les enfants autistes, et surtout ceux dont les parents ont signalé de graves problèmes de sommeil, « ne se fatiguent pas assez pendant la journée, ne développent pas assez de pression pour dormir et ne dorment pas aussi profondément », a dit Dinstein.

Maintenant que l’équipe a identifié la physiologie potentielle sous-jacente à ces difficultés de sommeil, ils planifient plusieurs études de suivi pour découvrir des moyens de générer un sommeil plus profond et des ondes cérébrales plus larges, allant de l’augmentation des activités physiques pendant la journée aux thérapies comportementales, et aux alternatives pharmacologiques telles que le cannabis médical, selon le communiqué.

La recherche a été soutenue par l’Initiative de recherche sur l’autisme de la Fondation Simmons.

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