Les États-Unis prévoient à nouveau d’interdire à Abbas de se rendre à l’ONU
Le président de l’AP a demandé à Erdogan d’intercéder auprès de son "bon ami" Trump ; l’ONU espère que Washington respectera ses obligations de pays hôte
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Pour la deuxième année consécutive, l’administration du président américain Donald Trump prévoirait d’empêcher le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, de se rendre à New York le mois prochain pour s’exprimer devant l’Assemblée générale des Nations unies, a indiqué un responsable américain au Times of Israel.
L’an dernier, les États-Unis avaient refusé d’accorder à Abbas un visa d’entrée sur le territoire américain, reprochant à l’AP d’avoir pris des mesures compromettant les perspectives de paix.
Washington n’avait alors pas précisé la nature exacte de ses griefs à l’encontre de Ramallah. Cette décision avait été perçue comme une tentative de faire obstacle à une conférence organisée par la France et l’Arabie saoudite en amont de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, destinée à promouvoir une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.
L’administration Trump s’était opposée à cette conférence, estimant qu’elle récompensait le groupe terroriste palestinien du Hamas et compromettait les efforts visant à mettre fin à la guerre à Gaza.
Aucune conférence de ce type n’est prévue cette année à l’ONU, mais Washington entend à nouveau interdire à Abbas de se rendre aux États-Unis, selon le responsable américain.
Dans l’espoir de faire revenir Washington sur sa décision, Abbas a demandé au président turc Recep Tayyip Erdogan d’intervenir auprès de Trump au sujet de cette interdiction, a indiqué un responsable palestinien au Times of Israel.
Erdogan a accepté d’intervenir à la demande d’Abbas, une demande qui a été formulée lors de sa visite à Ankara la semaine dernière, a précisé le responsable palestinien, saluant l’aide apportée par le dirigeant turc.
Erdogan s’est entretenu mardi par téléphone avec Trump, qui a qualifié à plusieurs reprises le président turc de « bon ami ».
Un responsable américain a toutefois affirmé avec insistance mercredi au Times of Israel qu’Abbas resterait visé par l’interdiction, signe qu’Erdogan ne serait pas parvenu à convaincre Trump de revenir sur la décision du Département d’État.
Interrogé à ce sujet, un responsable de l’ONU a déclaré au Times of Israel espérer que les États-Unis respecteront leurs obligations en tant que pays hôte et qu’ils autoriseront l’entrée sur leur territoire des chefs de délégation venus s’exprimer devant l’Assemblée générale.
Un porte-parole du Département d’État n’a, de son côté, pas démenti l’intention de Washington d’interdire à Abbas l’entrée sur le territoire américain.
« Nous prenons très au sérieux nos obligations au titre de l’Accord relatif au siège de l’ONU. En tant que pays hôte de l’ONU, nous avons communiqué à tous les États membres les délais recommandés pour déposer une demande de visa avant l’ouverture de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies », a déclaré le porte-parole.
« D’une manière générale, nous ne commentons pas les mesures prises par le Département dans des cas particuliers, en raison de la confidentialité des dossiers de visa », a-t-il poursuivi.
« La loi sur les missions étrangères autorise le secrétaire d’État à imposer des restrictions ou des conditions aux déplacements sur le territoire américain des membres des missions étrangères », a-t-il ajouté.
Les États-Unis avaient défendu cette décision l’an dernier en soulignant que les visas des membres de la mission palestinienne auprès de l’ONU restaient valides.
Ces derniers avaient donc pu rester à New York, malgré l’interdiction d’entrée sur le territoire américain imposée en décembre par l’administration Trump à tous les détenteurs d’un passeport de l’AP.
Face à cette interdiction, l’Assemblée générale des Nations unies avait dû adopter une résolution spéciale autorisant Abbas à s’adresser à ses membres par visioconférence. Une résolution similaire devra être adoptée cette année si Washington maintient sa décision.
Abbas doit s’exprimer devant l’Assemblée générale des Nations unies dans la matinée du jeudi 24 septembre.
Les relations entre l’administration Trump et l’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, sont restées globalement froides.
Washington avait néanmoins sollicité l’aide de Ramallah, à peine deux mois après avoir interdit à Abbas l’entrée sur le territoire américain, pour obtenir l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant le Conseil de Paix, contrôlé par Trump, à superviser l’administration de Gaza après la guerre, dans le cadre du cessez-le-feu conclu dans l’enclave.
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