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Les exécutions en hausse de 75 % en Iran l’année dernière, selon deux ONGs

L'Iran aurait mis à mort au moins 582 personnes pour tenter d'intimider les protestataires qui s'étaient soulevés après la mort de Mahsa Amini, détenue par la police des mœurs

Une photo de l'agence de presse israélienne Mizan montre l'exécution publique de Majidreza Rahnavard, à Mashdad, en Iran, le 12 décembre 2022. (Crédit : MIZAN NEWS / AFP)
Une photo de l'agence de presse israélienne Mizan montre l'exécution publique de Majidreza Rahnavard, à Mashdad, en Iran, le 12 décembre 2022. (Crédit : MIZAN NEWS / AFP)

PARIS (AFP) — Les exécutions judiciaires en Iran ont enregistré une hausse de 75 % en 2022, avec 582 pendaisons, selon deux organisations de défense des droits humains qui dénoncent une « machine à tuer » visant à « instiller la peur » dans le pays.

Le chiffre d’au moins 582 exécutions est le plus élevé dans la République islamique depuis 2015, après un total de 333 exécutions en 2021, selon l’ONG basée en Norvège Iran human rights (IHR) et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), installée à Paris.

L’année dernière avait été marquée par l’éruption, au mois de septembre, d’un mouvement de protestation massif entraîné par la mort de Mahsa Amini, une jeune Kurde âgée de 22 ans qui avait été arrêtée par la police des mœurs parce que des cheveux s’échappaient de son voile en violation des règles de pudeur strictes pour les femmes.

Les autorités avaient répondu par des actes de répression qui avaient entraîné la pendaison de quatre hommes arrêtés en lien avec les manifestations, des exécutions qui avaient provoqué un tollé à l’international.

Le directeur de l’IHR, Mahmood Amiry Moghaddam, indique qu’alors que les réactions internationales ont permis de maîtriser les exécutions, la république islamique continuait actuellement ses mises à mort, comme elle continuait aussi à emprisonner les civils dans le but d’intimider la population générale.

« Les réactions internationales aux peines capitales prononcées contre les manifestants ont rendu plus difficiles les exécutions », explique-t-il.

« Pour compenser et pour faire se propager la peur au sein du peuple, les autorités ont intensifié le nombre d’exécutions pour des raisons non-politiques. Ce sont les victimes à bas coût de la machine à tuer de la république islamique », ajoute-t-il.

Photo d’illustration : Des manifestants aux abords de la résidence d’un diplomate iranien pour dénoncer le gouvernement et l’exécution récente d’un manifestant, le 10 décembre 2022. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Après avoir exécuté les trois hommes sur la base de mises en examen liées au mouvement de protestation, cent manifestants risquent encore la mort après une condamnation à la peine capitale ou une inculpation susceptible d’entraîner la peine capitale.

Les deux ONG ont tiré la sonnette d’alarme sur la hausse nette du nombre d’exécutions liées à aux stupéfiants après l’éruption des manifestations.

Une baisse dans le chiffre des exécutions liées aux drogues – due à un amendement qui avait été apporté, en 2017, dans la loi anti-drogue – avait été à l’origine d’une chute du nombre des exécutions relatives aux stupéfiants jusqu’en 2021.

Plus de la moitié des personnes exécutées après le début des manifestations – et 44% des 582 exécutions enregistrées en 2022 – concernaient ce type de mise en examen.

Ce qui est plus du double du chiffre de 2021, et plus de dix fois plus élevé que le nombre enregistré en 2020.

Les groupes des droits de l’Homme ont déploré « l’absence de réaction », selon eux, du Bureau des Nations unies des drogues et du crime (UNODC) et de ses donateurs, un immobilisme qui, ont-ils affirmé, a entraîné « cette augmentation dramatique ».

« L’absence de réaction de l’UNODOC et des pays donateurs à ce renversement de la réforme a transmis un mauvais signal aux autorités iraniennes », a commenté le directeur de l’ECPM, Raphael Chenuil-Hazan.

Un manifestant se tient à côté de pancartes avec des portraits des victimes de la répression iranienne, près de l’Assemblée nationale française à Paris, le 6 décembre 2022 (Crédit : JULIEN DE ROSA/AFP)

Les organisations ont noté que les membres de la minorité Baluch, principalement sunnite, représentaient 30% de toutes les exécutions dans le pays alors qu’ils ne constituent que 2 à 6% de la population.

Le nombre de membres de la minorité kurde et les Arabes qui ont été exécutés – en particulier pour des affaires liées aux stupéfiants – est disproportionné également.

« La peine de mort fait partie de la discrimination systématique et de la vaste répression subies par les minorités ethniques de l’Iran », ont estimé les ONGs.

La majorité des exécutions – 288, soit 49% de leur total – ont concerné des accusations de meurtre. C’est le pourcentage le plus élevé depuis quinze ans, ont-elles précisé.

Deux personnes – et notamment un manifestant, Majidreza Rahnavard – ont été pendues en public, ont-elles fait savoir. Au moins trois mineurs ont été exécutés et au moins 16 femmes ont été pendues.

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