Les facteurs environnementaux pourraient entraîner des scléroses en plaques
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Les facteurs environnementaux pourraient entraîner des scléroses en plaques

Des concentrations élevées en sel et la hausse des températures pourraient favoriser des changements structurels nuisibles selon l'Université de Tel Aviv

Un homme atteint de sclérose en plaques boit, aidé par une femme, le 21 août 2018 (Crédit : AP Photo/Brennan Linsley)
Un homme atteint de sclérose en plaques boit, aidé par une femme, le 21 août 2018 (Crédit : AP Photo/Brennan Linsley)

Certaines conditions environnementales pourraient entraîner des changements structurels dans les gaines protectrices qui recouvrent les fibres nerveuses, et ainsi entraîner des scléroses en plaques (SEP), a expliqué une équipe de chercheurs de l’Université de Tel Aviv.

La recherche montre que les gaines de myéline – « bande isolante » qui entoure les axones, qui transportent les impulsions électriques dans les neurones – subissent des changements structurels lorsqu’elle sont sollicitées dans certaines conditions, notamment dans un cadre de concentration de sel (salinité) et de température élevée. Ces changements qui surviennent dans les gaines de myéline, selon l’étude, rendent le corps vulnérable aux attaques auto-immunes susceptibles de mener à une SEP.

La maladie amène le système immunitaire à attaquer la myéline qui recouvre les fibres nerveuses, causant des problèmes de communication entre le cerveau et le reste du corps. Environ un million de personnes aux Etats-Unis seraient, selon les estimations, touchées par cette maladie, ont indiqué les résultats préliminaires d’une enquête menée par le groupe national d’études sur la SEP, la National MS Society.

La recherche a été dirigée par le professeur de l’école de Physique et d’Astronomie de l’Université de Tel Aviv Roy Beck, et conduite par Rona Shaharabani, doctorante travaillant dans le laboratoire de Berck, ainsi que par Maor Ram-On, étudiant en doctorat qui officie au laboratoire du professeur Ronen Talmon, à l’Institut de technologie du Technion. Elle a été publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA (PNAS).

Des recherches antérieures menées par Beck avaient révélé que des changements dans la structure des gaines de myéline sont un facteur qui entre dans le développement de la SEP.

« Les approches thérapeutiques actuelles se sont concentrées sur la réponse auto-immune sans identifier le coupable », a-t-il dit. « Nous avons découvert que dans certaines conditions environnementales, comme par exemple, dans des conditions de salinité et de température élevées, les gaines de myéline qui protègent les neurones subissent des transitions structurelles compatibles avec les structures pathologiques de myéline propres à la SEP ».

L’état physiologique est régulé dans le corps lui-même mais la température et la salinité sont sujets à des changements extérieurs. Les résultats présentés dans l’étude suggèrent que même des changements mineurs, dans ces conditions, peuvent déclencher des SEP.

« Les gaines de myéline subissent des transitions structurelles au niveau moléculaire lorsqu’elles sont placées dans des conditions environnementales différentes. Ces petites modifications créent des instabilités qui permettent au système immunitaire d’attaquer les neurones », a dit Shaharabani.

L’étude en est encore à un stade initial, a expliqué Beck dans un entretien téléphonique, et ses conclusions ne signifient pas qu’il faut arrêter d’ingérer du sel ou de prendre des bains chauds. Ce qu’elle signifie, a-t-il dit, est qu’il « faut davantage de recherches pour comprendre quel est l’impact des conditions environnementales sur les malades, et comment elles sont régulées par ces derniers ».

Les chercheurs ont utilisé une diffusion aux rayons X et une cryo-microscopie électronique (cryo-TEM) pour traquer et mesurer les gaines de myéline chez des modèles d’animaux sains et malades après les avoir exposés à des conditions environnementales différentes. Ils ont découvert que les « réorganisations structurelles drastiques et les instabilités de la membrane de myéline sont liées à des conditions spécifiques environnementales » et que les membranes lamellaires saines se sont spontanément transformées en structures pathologiques différentes.

« Ces résultats mettent en exergue le fait que les conditions environnementales locales sont importantes dans le fonctionnement de la myéline », a commenté Shaharabani. « Ces conditions doivent être prises en compte pour aider au diagnostic précoce de la maladie ou pour éviter « l’apparition de la démyélinisation », a-t-elle ajouté.

« Dans la mesure où nous croyons que ces modifications structurelles ont pour résultat une plus grande vulnérabilité de la membrane de myéline face aux attaques du système immunitaire, cela peut aider à expliquer les causes de la sclérose en plaques et peut-être ouvrir la voie à un traitement ou à la guérison », a-t-elle ajouté.

Shaharabani a expliqué que les chercheurs sont dorénavant en quête d’autres facteurs qui pourraient entraîner des changements structurels au fonctionnement de la myéline, « qui pourraient révéler d’autres aperçus dans la lutte contre la SEP et les maladies liées ».

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