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Les feux de joie interdits hors des zones spécifiquement réservées pour Lag BaOmer

Les ministères de la Santé et de l'Environnement appellent à ne pas allumer ces feux traditionnels, prisés par des dizaines de milliers d'Israéliens dans tout le pays

Un feu de joie pendant la fête de Lag BaOmer à Kiryat Sefer, le 22 mai 2019. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Un feu de joie pendant la fête de Lag BaOmer à Kiryat Sefer, le 22 mai 2019. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Eyal Caspi, responsable des services anti-incendie et des secours, a signé dimanche une ordonnance interdisant les feux dans tout le pays pendant la prochaine fête de Lag BaOmer, qui sera célébrée cette semaine.

La fête juive de Lag BaOmer, qui commencera cette année dans la soirée de mercredi, est traditionnellement marquée dans tout le pays par des feux de joie et par des réjouissances qui durent toute la nuit.

Les feux de joie sont interdits dès lundi matin et jusqu’à vendredi soir et ne seront autorisés que dans certaines zones réservées.

Caspi a expliqué dans un communiqué émis par l’Autorité de la lutte anti-incendie et des secours que cette interdiction avait pour objectif de réduire autant que possible les risques encourus par les personnes et par les biens émanant du « danger inhérent aux feux allumés dans les environnements ruraux et urbains ».

Cette décision a été prise suite à une évaluation sécuritaire qui a pris en considération les précipitations des derniers hivers qui ont permis aux broussailles de se multiplier, « ce qui constitue un potentiel danger en matière d’incendie pour les personnes, pour l’environnement et pour les biens ».

Dans un communiqué conjoint, les ministères de la Santé et de la Protection environnementale ont aussi appelé le public à ne pas allumer de feux traditionnels, proposant d’autres moyens de célébrer Lag BaOmer.

Les ministères ont aussi vivement découragé l’utilisation de vaisselle jetable.

La ministre de l’Environnement Tamar Zandberg assiste à une réunion de la commission des finances, à la Knesset à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

« Les feux de joie entraînent une pollution de l’air, ils sont dangereux pour la santé de ceux qui célèbrent la fête et ils contribuent de surcroît à l’émission des gaz à effet de serre qui réchauffent le globe », a commenté dans un communiqué la ministre de la Protection environnementale, Tamar Zandberg.

De son côté, le ministre de la Santé Nitzan Horowitz a déclaré qu’il était « important » que tous les Israéliens « se préoccupent des effets de ces feux sur la santé et qu’ils célèbrent les festivités de la manière la plus sûre possible ».

Il y avait eu une baisse notable de la pollution de l’air pendant la fête, en 2021, comparativement aux années précédentes – une baisse qui avait été attribuée au fait que les Israéliens avaient répondu à l’appel de ne pas allumer de feux de joie, a noté le communiqué.

Des appareils de détection de la pollution de l’air qui ont été installés à 150 endroits du pays ont établi, l’année dernière, que la pollution à l’occasion de Lag BaOmer augmentait de 7,3 par rapport à une journée normale. Mais elle avait augmenté de 10, les années qui avaient encore précédé.

Les autorités s’attendent à ce qu’après deux années marquées par des limitations sociales qui ont été entraînées par la pandémie de COVID-19, il pourrait y avoir des dizaines de milliers de feux de joie allumés dans tout le pays.

Le ministre de la Santé et dirigeant du parti du Meretz de gauche, Nitzan Horowitz, dirige une réunion de faction à la Knesset, le 3 janvier 2021. (Crédit : Yonatan SindelFlash90)

Caspi a précisé que des dizaines d’enfants étaient blessés, chaque année, par les feux de joie qui, de plus, entraînent des dégâts au niveau environnemental et sont néfastes pour la santé. Le département chargé de la lutte anti-incendie émet tous les ans des ordonnances similaires, mais elles sont largement ignorées par le public.

Caspi a appelé les Israéliens à faire preuve de responsabilité, à obéir aux ordres et à organiser les réjouissances dans des zones réservées, conformément aux règles et aux instructions de sécurité données par les autorités.

Selon ces dernières, les feux de joie ne peuvent être allumés que dans des zones dégagées prévues à cet effet par les autorités locales, et approuvées au préalable par le département anti-incendie.

Les feux de joie ne peuvent pas avoir une base de plus de trois mètres ou dépasser 1,5 mètre de hauteur.

Cette année, la fête va se tenir dans l’ombre du premier anniversaire de la catastrophe du mont Meron. 45 personnes sont mortes écrasées au cours d’un mouvement de foule géant survenu lors d’un pèlerinage traditionnel. Cette tragédie a été le désastre civil le plus meurtrier de toute l’Histoire de l’État juif.

Les secours et la police sur les lieux après une catastrophe mortelle lors des célébrations de la fête juive de Lag BaOmer au mont Meron, dans le nord d’Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Lag BaOmer est une fête déterminante dans la tradition juive. Elle a lieu le jour présumé de la mort de Shimon Bar Yohai, et de l’anniversaire de la transmission du texte d’un livre devenu central dans la mystique juive, le Zohar.

Elle célèbre aussi la fin d’une période de deuil marquant la mort de milliers d’élèves du rabbin Akiva des suites d’une épidémie.

Ces dernières années, les défenseurs de l’environnement ont soulevé des inquiétudes sur l’impact des feux de joie allumés dans tout le pays.

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