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Les frontières du photographe Assaf Shoshan, au Musée juif de Bruxelles

Avec poésie, l'exposition interroge sur "un monde où les frontières apparaissent et disparaissent sans fin"

"Home" d'Assaf Shoshan, jusqu'au 25 avril 2020 au Musée juif de Belgique, à Bruxelles.
"Home" d'Assaf Shoshan, jusqu'au 25 avril 2020 au Musée juif de Belgique, à Bruxelles.

Le déracinement, l’exil, la migration, l’attachement de l’homme à la terre : tels sont les thèmes de « Home », la nouvelle exposition temporaire du Musée juif de Belgique, à Bruxelles.

Jusqu’au 25 avril 2020, le photographe et vidéaste israélien Assaf Shoshan, qui vit entre Paris et Tel Aviv, présente avec intimité et émotion l’humanité des « déracinés », et leur quête d’identité.

« J’ai grandi dans un village du Sinaï qui n’existe plus », explique-t-il. « J’ai réalisé plusieurs séries de portraits, de paysages et de vidéos en Israël et dans les Territoires palestiniens. Dans mon travail, j’essaie de questionner l’étrange situation politique et la vie quotidienne des habitants d’une société au bord du gouffre. Je ne fais pas de photos de guerre. Mon travail ne parle jamais directement du conflit qui sévit ici depuis 100 ans. Mais l’inquiétude, l’attente, l’absence liées à cette guerre sont toujours mystérieusement présentes. J’interroge les questions d’identité et d’appartenance, le sentiment d’étrangeté. Mon regard est influencé par ma propre histoire de petit-fils d’immigrés et de réfugiés qui a fait lui-même le choix d’aller vivre dans un pays étranger. Ce qui m’intéresse, c’est de montrer la fragilité de la vie en Israël aujourd’hui et la dimension provisoire, temporaire de la condition humaine. »

Avec poésie, son travail interroge ainsi « un monde où les frontières apparaissent et disparaissent sans fin ».

Ses photos ont été réalisées sur une dizaine d’années entre le Moyen-Orient et l’Europe, avec l’Afrique en toile de fond.

Assaf Shoshan a auparavant exposé à la Villa Médicis, à Paris Photo ou encore au Centre Pompidou.

Le Musée juif de Belgique présente également jusqu’au 7 février 2021 l’œuvre de Kurt Lewy (1898 – 1963), peintre, émailleur et illustrateur belge.

Survivant de la Shoah, son style a totalement changé après la guerre, abandonnant l’expressionisme allemand pour se tourner vers l’abstractionisme.

L’exposition « Towards Abstraction » présente ainsi cette figure de l’art belge du siècle dernier malheureusement tombée dans l’oubli, pourtant symbole de l’art géométrique.

Le Musée juif de Belgique est actuellement ouvert, tous les jours du mardi au dimanche.

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