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« Les Gaufres de maman Cécile », le roman-biographie d’un enfant du camp de Drancy

Arrêté à l'âge de 4 ans lors de la rafle de l'Oise en janvier 1944, Michaël Adam a été envoyé huit mois au camp de Drancy, duquel il est revenu malade et perturbé

Né en 1939, Michaël Adam a été arrêté à l’âge de 4 ans lors de la rafle de l’Oise en janvier 1944, puis envoyé huit mois au camp de Drancy, duquel il est revenu malade et perturbé.

Les Gaufres de maman Cécile, publié aux éditions du Lys bleu, revient sur cet épisode qui a marqué sa vie à jamais.

« Le roman de Michaël Adam est-il vraiment un roman ? La réponse est d’abord oui parce que l’écriture lui permet d’échapper à ce qui aurait pu être un fatum, parce qu’elle lui permet d’exprimer enfin l’indicible, l’intolérable, l’insoutenable et, en même temps, de rendre un hommage mérité à ceux qui lui ont permis de survivre, puis de vivre », écrit le magistrat honoraire Jean-Claude Kross en préface du livre.

« On a l’impression que, par les mots, Michaël Adam se reconstruit comme si hier doit passer du cauchemar à l’espérance la plus folle. Cet espoir, c’est le titre de l’hymne israélien qui vient inéluctablement rimer avec l’amour de la France, car comme Joséphine Baker, Michaël Adam pourrait chanter qu’il a deux amours, aussi intenses l’un que l’autre, parfois aussi éprouvants l’un que l’autre parce que l’amour est toujours un défi, une épreuve, une victoire du quotidien. Il a su aussi les exprimer par des poèmes émouvants avec, à la fois, un mélange presque terrifiant d’espoir et de désespérance même si pour lui, comme l’écrivait Malraux : ‘La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie.’ »

« Ce livre est au-delà d’un roman parce qu’il exprime la vérité et les souffrances réelles d’une vie. Son histoire personnelle est celle narrée dans ce roman. Les personnes, pour ne pas dire les personnages, ont rythmé son existence, l’ont accompagné, et c’est en écrivant qu’il leur exprime la plénitude de sa reconnaissance et l’authenticité de son amour, amour aussi de sa judéité loin de Dieu mais si proche du peuple juif, de son histoire, de sa transcendance au-delà des siècles. »

« Car il s’agit bien au fil des pages de l’expression d’un amour multiple : amour des humains qui savent parfois être des « Justes » sans s’en rendre compte, amour de la vie avec une force quasi démentielle, amour des mots pour traduire au plus près le plus profond de ce que l’on ressent, amour de deux pays et de deux traditions qui se cumulent plus qu’elles ne se heurtent. Oui, c’est bien l’amour qui se cache derrière chacune des pages, c’est bien le cœur de Michaël Adam qui est mis à nu avec une sensibilité éloquente. »

Michaël Adam a plus tard après la guerre émigré en Israël où il a participé à la création d’un kibboutz. Lui et sa femme Haya se sont installés à Beer Sheva en 1964, où ils ont poursuivi leurs études universitaires. Ils ont eu une fille et trois petits-enfants. Ils ont ouvert en 1989 un bureau de traduction trilingue toujours en activité.

« On ne peut dissimuler l’impression que ce roman-biographie est à la fois une manière psychanalytique d’assumer le passé mais aussi un message d’espoir pour le jeune pionnier dont les premiers jours commencent dans un pays qui n’est pas fait de lait et de miel, mais de défis, de joies et de peines, réponse extraordinaire et émouvante à la Shoah. Les nazis ont voulu faire disparaître les Juifs de la terre, mais les survivants dont fait partie Michaël Adam ont fait mieux que survivre : ils ont construit, certes dans la douleur, une terre, leur terre : celle d’Israël ! », poursuit Jean-Claude Kross.

« L’enfant Michaël que sa maman, au péril de sa vie, est venue chercher dans le camp de Drancy est plus qu’un poète, plus qu’un écrivain. C’est le rescapé d’une tragédie qu’il savait avoir le devoir de transmettre avec des mots, des émotions, des larmes. Il le fait pour que les Juifs des générations futures n’oublient pas, pour que les héros involontaires aient leur place reconnue et que soient à jamais renvoyés dans les fossés de l’Histoire ceux qui ont pensé un moment faire disparaître un tout petit peuple qui a toujours su qu’il avait un seul devoir : vivre et transmettre. »

Écrivain, poète et traducteur, Michaël a été primé de nombreuses fois pour ses poèmes et ses nouvelles, a rapporté son éditeur.

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