Les Gazaouis brûlent l’effigie d’Abbas suite aux accusations de l’AP
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Les Gazaouis brûlent l’effigie d’Abbas suite aux accusations de l’AP

Les manifestants s'opposent aux dires du président de l'AP qui tient le Hamas pour responsable de l'attentat contre Hamdallah

Des Palestiniens brûlent un mannequin représentant le président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une manifestation dans la ville de Gaza le 21 mars 2018 (Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)
Des Palestiniens brûlent un mannequin représentant le président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une manifestation dans la ville de Gaza le 21 mars 2018 (Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)

Les Palestiniens de Gaza ont organisé mercredi une manifestation contre le dirigeant de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, alors que le désaccord entre les dirigeants du Hamas et l’AP semble s’approfondir.

Brûlant une effigie du président de l’Autorité palestinienne et brandissant des pancartes critiquant Abbas pour sa coopération avec Israël, des dizaines de manifestants du Hamas se sont rassemblés dans la ville de Gaza dans l’après-midi.

Cette manifestation a été organisée en réaction à un discours d’Abbas prononcé lundi dans lequel il a accusé le Hamas d’être responsable de l’attentat à la bombe visant le convoi transportant le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah et le chef de la sécurité Majid Faraj la semaine dernière. Les deux responsables n’ont pas été blessés dans ce qui s’apparente être une tentative d’assassinat.

Les Palestiniens participent à une manifestation dans la ville de Gaza le 21 mars 2018 contre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Les affiches en arabe exigent : « Abbas part ! »
(Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)

« Abbas ne nous représente pas », scandaient certains manifestants. D’autres tenaient des pancartes qui disaient « Abbas, va-t’en! ».

Mercredi, le Hamas, un groupe terroriste qui dirige de facto de la bande de Gaza, a identifié Anas Abou Koussa, né en 1993, comme le principal suspect dans l’attentat à la bombe. Il n’a toujours pas été retrouvé.

Une source de la sécurité du Hamas a déclaré que les enquêteurs avaient arrêté et interrogé trois autres personnes, dont deux membres des services des renseignements gérés par l’Autorité palestinienne.

Plus tôt mercredi, des sources palestiniennes ont déclaré au Times of Israel que certains des détenus avaient avoué leur implication dans l’attentat à la bombe et que le Hamas prétendait qu’ils étaient membres du groupe terroriste extrémiste Salafia Jihadia.

Un véhicule endommagé par l’explosion qui s’est produite près du convoi du Premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, a été aperçu à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, le 13 mars 2018 (Crédit : AFP / Mohammed Abed)

Le Hamas a nié toute responsabilité dans l’attentat du 13 mars, qui a blessé six personnes et a endommagé l’effort de réconciliation déjà moribond entre le Hamas et le mouvement du Fatah d’Abbas, qui contrôle l’AP.

Lors de son discours aux dirigeants du Fatah lundi, Abbas a accusé le Hamas d’avoir planifié et mené l’attentat à la bombe pour saboter le processus de réconciliation.

Mahmoud Abbas, dirigeant de l’Autorité palestinienne, devant une photo de la mosquée du Dôme du Rocher, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lors d’une réunion des dirigeants palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mars 2018 (FLASH90)

Abbas a annoncé qu’il avait décidé de prendre des « mesures juridiques, nationales et financières » contre le Hamas pour « protéger le projet national palestinien ». Il n’a pas fourni plus de détails.

L’année dernière, Abbas a imposé une série de mesures contre la bande de Gaza, notamment la suspension des paiements de l’Autorité palestinienne à Israël pour l’approvisionnement en électricité de l’enclave côtière. Abbas a également coupé les salaires de milliers de fonctionnaires de Gaza et forcé beaucoup d’autres à prendre une retraite anticipée. Ces décisions sont considérées comme étant à l’origine de la crise humanitaire qui frappe la bande de Gaza.

Mardi, le Hamas a fustigé Abbas, affirmant que ses « déclarations irresponsables » visaient à « mettre nos gens dans la bande de Gaza à genoux dans cette phase difficile et dangereuse ».

Appel à expulser les diplomates américains

À Ramallah, des manifestants palestiniens se sont rassemblés devant un avant-poste du consulat américain pour protester contre la décision des États-Unis de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et d’y déplacer son ambassade.

Les manifestants à l’extérieur de l’America House, une annexe du consulat pour l’Éducation et la Culture, ont appelé à l’expulsion des diplomates américains et à la rupture des relations diplomatiques avec Washington, selon l’agence de presse turque Anadolu.

« Nous sommes ici aujourd’hui pour exprimer notre rejet de la décision américaine sur la Jérusalem occupée », a déclaré Essam Abu Baker, coordinateur des Forces nationales et islamiques palestiniennes à Ramallah, au service de presse. « Nous n’abandonnerons pas notre demande que les institutions américaines soient expulsées de la Palestine ».

La décision prise par le président américain Donald Trump le 6 décembre a irrité les Palestiniens, qui disent que Washington ne peut plus être un négociation de la paix.

Au cours du même discours, lundi, Abbas s’est prononcé contre les Etats-Unis et a traité l’ambassadeur David Friedman de « fils de chien » et de « colon ».

L’AFP a contribué à cet article.

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