Les Gazaouis vont planter des tentes de protestation le long de la frontière
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Les Gazaouis vont planter des tentes de protestation le long de la frontière

L'un des organisateurs a affirmé que des milliers de personnes se retrouveront dans des tentes "au point le plus proche et le plus sûr de la frontière"

Manifestants et secouristes palestiniens transportent un blessé pendant des affrontements contre les forces de sécurité israéliennes à la frontière gazaouie, à l'est du camp de réfugiés de Jabalia, le 23 juin 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)
Manifestants et secouristes palestiniens transportent un blessé pendant des affrontements contre les forces de sécurité israéliennes à la frontière gazaouie, à l'est du camp de réfugiés de Jabalia, le 23 juin 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Les Palestiniens de la bande de Gaza ont annoncé qu’ils lanceront un mouvement de protestation le long de la frontière avec Israël le mois prochain afin d’exiger que les réfugiés palestiniens et leurs descendants puissent retourner dans ce qui est aujourd’hui Israël, a rapporté l’agence Reuters.

L’un des organisateurs, Ahmed Abu Ayesh, a affirmé que des milliers de personnes se retrouveront dans des tentes « au point le plus proche et le plus sûr de la frontière ».

Il a déclaré que les agences de l’ONU présentes dans le territoire palestinien avaient été averties de la manifestation qui devrait durer six semaines et débuter le 30 mars.

Le mouvement est prévu pour durer du 30 mars au 15 mai, des dates significatives dans le calendrier palestinien.

La première marque la « Journée de la terre », qui commémore tous les ans la mort de six Arabes sans armes, tués lors de heurts avec les forces israéliennes à l’occasion de manifestations contre des expropriations de 1976.

La seconde date correspond aux commémorations annuelles de la « Nakba » (la « catastrophe » en arabe) qu’a représenté pour les Palestiniens la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948. La première guerre israélo-arabe qui a suivi la création d’Israël a jeté sur les routes des centaines de milliers de personnes.

Le mois de mai devrait en outre voir les Etats-Unis inaugurer à Jérusalem leur ambassade en Israël, corollaire de la décision américaine de reconnaître cette ville comme la capitale de l’Etat hébreu. Le président Donald Trump a cependant déclaré lundi qu’il pourrait assister à l’inauguration.

Les manifestants qui planteront leurs tentes dans la bande de Gaza réclameront le droit au retour des réfugiés, revendication palestinienne fondamentale en vue d’une éventuelle résolution du conflit israélo-palestinien.

Les manifestants pourraient rester de manière prolongée dans les tentes, et des activités sont prévues pour les jeunes ou pour les groupes, ont indiqué les organisateurs.

La manifestation a reçu le soutien de tous les groupes politiques à Gaza, y compris du mouvement terroriste du Hamas, qui gouverne sans partage l’enclave soumise aux blocus d’Israël et de l’Egypte, ses deux voisins.

L’armée israélienne postée de l’autre côté de la barrière de sécurité envisage le rassemblement annoncé comme une menace potentielle, a rapporté la presse.

Les abords de la frontière sont régulièrement le théâtre de heurts, des Palestiniens venant défier à coups de projectiles les soldats israéliens qui ripostent par des tirs de balles en caoutchouc ou à balles réelles. Quatre soldats ont été récemment blessés quand des Palestiniens ont posé un engin explosif sous un drapeau palestinien le long de la frontière.

L’armée israélienne s’inquiète du risque que des familles prennent part à des marches près de la barrière de sécurité.

« Il s’agit d’un mouvement populaire, de nature pacifique et citoyenne », a dit à l’AFP un haut responsable du mouvement du Hamas, Bassem Naïm. « Nous nous attendons à ce que l’occupation (Israël) le réprime, mais lui seul portera toute la responsabilité », a-t-il ajouté.

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