Les grands rabbins demandent aux Israéliens de ne pas prier en espace clos
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Les grands rabbins demandent aux Israéliens de ne pas prier en espace clos

Lau et Yosef demandent aux fidèles de respecter la distanciation sociale pour Simhat Torah ; la police indique qu'elle n'entrera pas en force dans les synagogues

Le rabbin ashkénaze David Lau, à gauche, et le rabbin sépharade  Yitzhak Yosef lors d'une cérémonie de Nouvel An au siège national de la police israélienne à Jérusalem, le 7 septembre 2015 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin ashkénaze David Lau, à gauche, et le rabbin sépharade Yitzhak Yosef lors d'une cérémonie de Nouvel An au siège national de la police israélienne à Jérusalem, le 7 septembre 2015 (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Les grands rabbins d’Israël ont imploré, vendredi, les Israéliens de ne pas prier à l’intérieur des synagogues et de ne pas embrasser de rouleaux de Torah pendant la fête juive de Simhat Torah, qui va commencer samedi soir dans un contexte de confinement national ayant pour objectif de contenir la pandémie de coronavirus.

Cette fête, célébrée à la fin de Souccot, marque la fin du cycle annuel de lecture de la Torah et son recommencement. Elle est traditionnellement célébrée par les hakafot – lorsque les fidèles se réunissent à la synagogue et encerclent massivement la Teba, dansant et brandissant les rouleaux de Torah.

Dans le cadre du confinement en cours pendant cette période de fêtes, les prières en espace clos sont limitées à dix personnes et à pas plus de 20 personnes en plein air.

Citant un haut-responsable de la police, le journal Haaretz a fait savoir que, si la police allait se déployer en force, pendant la fête, dans tout le pays, les agents n’entreraient pas dans les synagogues pour disperser les fidèles ou pour arrêter ceux qui portent des rouleaux de Torah.

Citant des versets de la Torah et le principe juif de pikuah nefesh – ou sauver une vie – le grand-rabbin ashkénaze David Lau et le grand-rabbin séfarade Yitzhak Yosef ont vivement recommandé aux Israéliens de respecter les instructions du confinement.

« Cette période est une période de grand danger, avec une épidémie historique ; une période où l’ange de la mort flotte autour de nous et fait du mal à tous », ont-ils écrit dans un courrier publié vendredi matin dans le quotidien Yedioth Ahronoth.

Ils ont déclaré que les fidèles devaient prier en plein air, respecter les directives de distanciation sociale, porter le masque et éviter les rassemblements.

Israelis dance with Torah scrolls during the festival of Simchat Torah, September 2010. (photo credit: Gershon Elinson/Flash90)
Des Israéliens dansent avec des rouleaux de Torah pendant la fête de Simhat Torah, au mois de septembre 2010. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

« Avec toute la douleur que nous pouvons ressentir à l’idée de ne pas pouvoir célébrer Simhat Torah comme nous le faisons chaque année, les rouleaux de Torah ne doivent pas passer, chez les fidèles, d’une main à l’autre et nous ne devons pas les embrasser… de manière à ne pas être infectés », ont ajouté Lau et Yosef.

Les grands rabbins ont conseillé de limiter « au minimum » la cérémonie des hakafot et ont recommandé qu’il n’y ait pas de contact physique entre les personnes présentes pendant les danses.

« Nous sommes les descendants d’une nation et le virus menace chacun d’entre nous. Le séparatisme et la violence ne sont pas nos manières de faire… Notre force combinée pourra nous permettre, avec l’aide de Dieu, de traverser cette période difficile », ont-ils poursuivi, apparemment en référence aux affrontements répétés récents entre les Juifs ultra-orthodoxes et la police chargée de faire appliquer les directives.

Lau et Yosef ont aussi imploré les fidèles pour qu’ils fassent une prière pour que la pandémie prenne fin.

Ce courrier survient au lendemain d’informations publiées sur le site Ynet qui avaient rapporté que les plus éminents rabbins de Bnei Brak, un quartier ultra-orthodoxe de Tel Aviv qui est le deuxième secteur le plus touché par le virus en Israël, avaient déclaré aux résidents qu’ils pourraient prier et danser dans les lieux de culte pendant Simhat Torah, contrevenant aux directives de lutte contre le coronavirus.

Les rabbins avaient publié une lettre affirmant que les prières en plein air étaient préférables mais que les rassemblements dans les cours des synagogues, mais aussi dans les bâtiments, étaient néanmoins autorisés.

« Observez les mitzvot de la journée avec la prudence nécessaire de manière à ce qu’on ne vous fasse pas de mal ou que, Dieu nous en préserve, à ce que vous ne fassiez pas de mal aux autres », avaient écrit les rabbins Tzvi Rosenblatt, Chaim Yitzchak Isaac Landau et Masoud Ben Shimon.

Des Juifs ultra-orthodoxes respectent la distanciation sociale et portent le masque pendant la prière du matin à proximité de leurs habitations, à Bnei Brak, le 24 septembre 2020. (Crédit : AP/Oded Balilty)

Jeudi également, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait vivement recommandé au public ultra-orthodoxe de respecter les règles, cette fin de semaine, pour fêter Simhat Torah.

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