Les infirmiers en grève en raison de la violence dans les hôpitaux
Rechercher

Les infirmiers en grève en raison de la violence dans les hôpitaux

Selon un syndicat, les autorités ne parviennent pas à gérer les attaques croissantes des patients contre les professionnels de la santé

Illustration: Un infirmier de l'hôpital Hadassah Ein Karem à Jérusalem, le 3 septembre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Illustration: Un infirmier de l'hôpital Hadassah Ein Karem à Jérusalem, le 3 septembre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les infirmières israéliennes ont déclaré lundi le début d’une grève générale pour protester contre l’échec, selon elles, du gouvernement à s’attaquer aux violences croissantes contre les professionnels du secteur de la santé.

Le syndicat israélien des infirmières a fait savoir que les employés des hôpitaux et des cliniques locales privées ne travailleraient pas mardi jusqu’à ce que leurs préoccupations en matière de sécurité soient prises en compte.

« Jusqu’à ce qu’une action immédiate soit prise pour soulager ce fardeau insupportable et pour protéger les personnels de la santé, les infirmiers n’abandonneront pas cette lutte », a expliqué la présidente du syndicat Ilana Cohen dans un communiqué paru lundi annonçant la grève.

« Il est inconcevable que le gouvernement reste à ne rien faire en voyant les structures du secteur de la santé se transformer en zones de guerre ».

Selon un rapport établi en 2017 par le ministère de la Santé, il y a eu plus de 3 000 incidents de violences contre des personnels médicaux chaque année. Seuls 11 % de ces incidents sont rapportés à la police et seulement une petite partie débouche sur des poursuites judiciaires.

Les infirmières s’étaient brièvement mises en grève le mois dernier après qu’une infirmière travaillant au sein de l’hôpital de Shmuel Harofe, à Beer Yaakov, a été poignardée et blessée par un patient.

Selon des documents du tribunal, Oshar Bakhit, un demandeur d’asile âgé de 31 ans, avait poignardé Rachel Kovo parce qu’il était en colère, l’hôpital ayant refusé sa réadmission.

Le ministère de la Santé avait fermement condamné cette agression et ordonné un renforcement de la sécurité au sein des institutions de santé.

Grève des infirmières à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem en protestation contre la violence contre le personnel médical, 4 juillet 2018 (Avec l’aimable autorisation de l’hôpital Hadassah Ein Karem).

Mais, selon Cohen, aucun changement n’a eu lieu depuis l’attaque contre Kovo.

« Pendant des années, nous avons constamment mis en garde contre les violences, et elles augmentent année après année », a-t-elle déclaré le mois dernier au site d’information Ynet.

« Nous avons averti et alerté les ministères concernés mais ils refusent de s’attaquer à ce problème ».

Au début du mois de juillet, la cour de district de Tel Aviv a condamné à cinq mois de service communautaire une femme qui avait agressé le personnel de sécurité de l’hôpital Ichilov au mois de septembre dernier. Dans son jugement, le magistrat a noté que « les violences contre les personnels médicaux et les gardiens de la sécurité se sont largement répandues et il incombe à la cour de protéger les soignants ».

Des images d’une caméra de sécurité du centre médical Shmuel Harofe montre Oshar Bakhit prenant le couteau avec lequel il a poignardé une infirmière Rachel Kovo. (Capture d’écran : YouTube)

La question de la violence dans le système de santé a gagné en importance dans le pays l’année dernière après qu’un homme a brûlé vive une infirmière dans une clinique de Holon. La victime avait succombé à ses blessures.

Asher Faraj, 78 ans, avait aspergé Tova Kararo de liquide inflammable et y avait mis le feu, entraînant sa mort. Selon l’acte d’inculpation, Faraj était en colère contre l’infirmière parce que le vaccin contre la grippe qu’elle lui avait administré quelques jours auparavant lui avait donné des malaises.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...