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Les Kurdes syriens appellent à la désescalade après les raids turcs

L'aviation turque a lancé une série de raids contre des positions des YPG, la principale composante des Forces démocratiques syriennes considérée comme "terroriste" par Ankara

Des membres des Forces démocratiques syriennes entraînées par la coalition dirigée par les Etats-Unis lors de la cérémonie de remise de diplômes de leur premier régiment à al-Kasrah, une banlieue de Deir Ezzor, à l'est de la Syrie, le 21 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Delil Souleiman)
Des membres des Forces démocratiques syriennes entraînées par la coalition dirigée par les Etats-Unis lors de la cérémonie de remise de diplômes de leur premier régiment à al-Kasrah, une banlieue de Deir Ezzor, à l'est de la Syrie, le 21 mai 2018 (Crédit : AFP Photo/Delil Souleiman)

La principale coalition armée dominée par les Kurdes en Syrie a appelé mardi les Etats-Unis et la Russie à œuvrer pour une désescalade après des raids meurtriers de la Turquie contre ses combattants et des menaces turques d’une opération terrestre.

Samedi soir et dimanche, l’aviation turque a lancé dans le nord de la Syrie une série de raids contre principalement des positions des Unités de protection du peuple (YPG), la principale composante des Forces démocratiques syriennes (FDS) considérée comme un « groupe terroriste » par Ankara.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 37 personnes ont été tuées dans les raids, en grande majorité des combattants kurdes, ainsi que 16 soldats syriens. Les autorités kurdes locales ont fait état de 11 civils tués.

L’opération turque baptisée « Griffe Épée » est intervenue après un attentat meurtrier le 13 novembre à Istanbul, attribué par Ankara aux YPG et aux rebelles kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont tous les deux nié toute responsabilité.

« Nos efforts se concentrent sur la désescalade et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour réaliser cela à travers les contacts avec les parties concernées », a déclaré le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, joint dans le nord de la Syrie depuis Beyrouth par l’AFP.

Les Kurdes contrôlent des régions du nord et du nord-est de la Syrie, un pays morcelé par la guerre déclenchée en 2011.

« Nous sommes prêts à défendre nos régions mais nous appelons toutes les parties, y compris les Russes ou les Américains, à respecter leurs engagements » pour éviter une nouvelle opération turque, a ajouté le commandant kurde.

Il faut que les Etats-Unis « adoptent une position ferme pour faire cesser au moins les bombardements contre les civils », a-t-il dit.

Les FDS, avec l’aide principalement des Etats-Unis, ont été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) chassé de ses fiefs en Syrie en 2019. Elles sont formées en majorité de combattants kurdes et englobent des combattants arabes.

Des centaines de soldats américains sont déployés dans des zones du nord de la Syrie.

Le chef militaire a de nouveau démenti tout lien avec l’attentat d’Istanbul, accusant la Turquie de l’utiliser comme « prétexte » pour attaquer ses forces.

« Nous avons été surpris également par la position très faible du régime syrien » qui s’est contenté d’annoncer la mort d’un nombre indéterminé de ses soldats dans les raids turcs, a-t-il ajouté.

Lundi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, dont le pays déploie des soldats dans des zones frontalières en Syrie, a menacé de lancer une opération terrestre contre les forces kurdes syriennes.

Alliée du régime syrien de Bachar al-Assad, la Russie a appelé le même jour la Turquie à la retenue.

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