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Les nids de tortues de mer encore en hausse sur les plages israéliennes – rapport

Pour la deuxième année d'affilée, l'Autorité de la nature dit que le nombre de sites d'incubation a presque doublé par rapport à la moyenne des cinq années précédentes

Une petite tortue se dirige vers la mer après avoir quitté un nid protégé dans le parc national de Palmachim, le 1er août 2021. (Crédit :  Yaniv Cohen, Israel Nature and Parks Authority)
Une petite tortue se dirige vers la mer après avoir quitté un nid protégé dans le parc national de Palmachim, le 1er août 2021. (Crédit : Yaniv Cohen, Israel Nature and Parks Authority)

Le nombre de nids de tortues de mer, le long des côtes israéliennes, a connu pour la deuxième année consécutive une hausse nette en 2021, selon un rapport gouvernemental qui a été publié cette semaine.

Selon l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, 449 nids ont été identifiés l’année dernière – il y en avait eu 374 en 2020, ce qui marquait déjà une forte augmentation par rapport à l’année précédente. En 2021 et en 2020, le nombre de sites d’incubation a été presque le double de celui de la moyenne annuelle des cinq années précédentes. Selon les chiffres officiels, 231 nids en moyenne avaient été trouvés entre 2016 et 2020 ; pour les années 2015 et 2016, ce chiffre avait été de 191.

Sur les 449 nids découverts l’année dernière – avec un total d’environ 30 000 œufs – 386 avaient été creusés par des caouannes et 57 par des tortues vertes. Six nids n’ont pas été identifiables.

Dans d’autres secteurs du bassin méditerranéen, les chercheurs ont également signalé un nombre croissant de tortues de mer, ces dernières années, avec des sites de nidation qui ne cessent de s’élargir pour les caouannes – qui vont couver leurs œufs jusqu’en France. Dans la baie de Laganas, en Grèce, ou sur l’île de Zakynthos, qui est considérée comme l’un des sites de nidation les plus importants, 1 800 nids ont été décomptés en 2020 contre une moyenne d’environ 1000 par an entre 2003 et 2010.

Les scientifiques ont avancé plusieurs hypothèses pour expliquer ces augmentations, invoquant notamment les effets et les retombées du changement climatique ou la pandémie de COVID-19.

Le rapport israélien suggère que les efforts de préservation ou le contrôle des sites de nidation peuvent être à l’origine de cette hausse, ainsi que certains facteurs environnementaux.

Illustration : Une tortue de mer sauvée retourne à la mer après avoir été libérée par les membres du centre national de sauvetage des tortues de mer (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

L’initiative prise, ces dernières années, visant à restreindre la pêche du mois de mai au mois d’août, quand les poissons et les tortues se reproduisent, est considérée comme un facteur ayant possiblement contribué à la hausse du nombre de tortues de mer.

Les données collectées auprès du Centre de secours et de réhabilitation des tortues de mer, dans le centre d’Israël, montrent que la pêche commerciale est la plus grande menace faite aux tortues, a noté le rapport.

Approximativement 2000 tortues sont blessées dans des accidents liés à la pêche, chaque année. Une tortue a été encore été transférée samedi au Centre pour y être soignée.

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Posted by ‎החצי הכחול – הרפורמה להצלת הים התיכון‎ on Saturday, March 5, 2022

Dans la mesure où les efforts visant à protéger les nids de tortue ont commencé dans les années 1990 et où les tortues atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 20 ou 30 ans, le rapport suppose que ce sont les femelles nées au début des initiatives de protection qui se reproduisent et construisent les nids aujourd’hui.

Concernant la manière dont les caouannes ont pu revenir sur les mêmes plages après une très longue période, une étude de 2015 a trouvé des éléments permettant de prouver que les tortues utilisaient le champ magnétique terrestre pour revenir pondre, détectant la signature magnétique particulière de l’endroit spécifique de la côte qu’elles recherchent.

Pour nicher, les femelles se rendent sur la plage, sur le sable et creusent des trous à l’aide de leurs nageoires, en plaçant un grand nombre d’œufs dans les trous avant de les recouvrir et de retourner dans l’eau.

Le rapport de l’Autorité de la nature a remarqué que les inspecteurs patrouillaient davantage sur les plages pour retrouver les nids, ce qui pourrait aussi expliquer qu’un plus grand nombre soit retrouvé. Et les auteurs ont pris pour hypothèse que les fortes pluies de la fin de l’année 2019 et du début de l’année 2020 ont pu augmenter la présence de nutriments dans la mer qui ont amélioré la fertilité des femelles.

Des nids transférés des plages publiques vers des réserves naturelles à des fins de protection. (Crédit : Noam Mitzri, INPA)

En moyenne, trois quarts des œufs se trouvant dans les nids ont éclos et les petites tortues ont, dans leur majorité, rejoint la mer. Elles utilisent la lumière de la lune pour se diriger vers la mer, ce qui rend les lumières urbaines déroutantes particulièrement dangereuses.

Le décompte des nids est considéré comme le meilleur moyen d’estimer les populations de tortue, même si certains ont noté que la méthodes échouait à comptabiliser correctement les mâles.

Les chiffres sont rassemblés auprès d’un large réseau de bénévoles et de professionnels qui contrôlent les plages israéliennes pour y trouver des signes de tortue ou de sites de nidation.

Après identification des nids, des inspecteurs spécialement formés transfèrent les œufs dans des réserves naturelles pour les protéger de la pollution représentée par la lumière et par les perturbations animales ou humaines.

Des œufs de tortue dans un nid. (Crédit : Shlomit Shavit, INPA)

L’année dernière, 343 nids ont été transférés et relocalisés tandis que 84 ont été découverts dans des réserves naturelles et laissés là où ils se trouvaient en conséquence. 44 ont été la proie d’un prédateur immédiatement après la ponte et dix n’ont été trouvés qu’après éclosion des œufs.

Tandis que des nids ont été localisés depuis Rosh Hanikra, au nord du pays, jusqu’à la plage de Zikim, près de la frontière avec Gaza, au sud, le site le riche en nids s’est situé entre Tel Aviv et Haïfa – une bande de ligne côtière qui subit d’importantes pressions en termes de développement.

Les tortues de mer vertes figurent sur la liste des espèces en péril de l’Union internationale pour la Conservation de la nature (IUCN).

Les caouannes, pour leur part, sont classées comme vulnérables par l’IUCN partout dans le monde. L’espèce ne suscite néanmoins pas une grande inquiétude dans le bassin méditerranéen.

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