Les nouvelles technologies révèlent un tunnel oublié de la Shoah en Lituanie
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Les nouvelles technologies révèlent un tunnel oublié de la Shoah en Lituanie

Les chercheurs ont découvert un passage caché où 80 prisonniers juifs avaient péniblement creusé à la main leur chemin pour fuir les fosses mortuaires de la forêt de Ponar

Des chercheurs se préparent à scanner la fosse mortuaire de la forêt de Ponar, près de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : Ezra Wolfinger, NOVA)
Des chercheurs se préparent à scanner la fosse mortuaire de la forêt de Ponar, près de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : Ezra Wolfinger, NOVA)

Une équipe de recherche internationale a localisé en Lituanie un tunnel oublié creusé par des prisonniers juifs cherchant à échapper aux nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, a annoncé mercredi l’Autorité israélienne des antiquités (IAA).

Une équipe d’archéologues et de cartographes d’Israël, des Etats-Unis, du Canada et de Lituanie a utilisé une technologie pour la prospection de pétrole et de minerais pour pointer le tunnel, a annoncé l’IAA dans un communiqué.

Le tunnel de 35 mètres est situé dans la forêt de Ponar, aujourd’hui Paneriai, où les nazis ont tués 100 000 personnes, principalement des juifs, pendant l’Holocauste.

Le Dr Jon Seligman, chercheur israélien dont la famille est originaire de Lituanie, a déclaré que la découverte du tunnel de Ponar « l’a fait fondre en larmes ».

« C’est un témoignage poignant de la victoire de l’espoir sur le désespoir, a-t-il déclaré selon l’IAA. La découverte du tunnel nous permet non seulement d’exposer les horreurs de l’Holocauste, mais aussi l’espoir de la vie. »

Scanner du tunnel découvert dans la forêt de Ponar, près de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : Ezra Wolfinger, NOVA)
Scanner du tunnel découvert dans la forêt de Ponar, près de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : Ezra Wolfinger, NOVA)

Seligman a dirigé l’équipe de recherche avec le professeur d’histoire juive américaine Richard Freund, de l’université de Hartford, dans le Connecticut.

Grâce aux avancées des technologies archéologiques, notamment les radars à pénétration de sol et la prospection électrique, Freud a déclaré que l’équipe avait pu examiner le site sans perturber les restes des quelques 100 000 personnes enterrées là-bas.

« Toutes ces technologies permettent d’obtenir des informations sur une période, la période de l’Holocauste, sans profaner un site d’enterrement », a déclaré Freund à la chaîne de télévision PBS, qui diffusera en 2017 un documentaire sur la découverte.

De 1941 à 1944, des dizaines de milliers de juifs, et de prisonniers de guerre polonais et russes ont été assassinés par des officiers SS allemands et lituaniens.

Alors que l’Armée rouge marchait sur l’Europe occupée par les nazis en 1943, les forces allemandes ont tenté de masquer les preuves de leurs crimes, et ont emmené 80 détenus juifs du camp de concentration voisin de Stutthof brûler les corps abandonnés dans la forêt.

Le professeur Richard Freund examine les résultats avec son équipe dans la forêt de Ponar, près de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : Ezra Wolfinger, NOVA)
Le professeur Richard Freund examine les résultats avec son équipe dans la forêt de Ponar, près de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : Ezra Wolfinger, NOVA)

Pendant les mois de travaux, les prisonniers, enchaînés les uns aux autres, ont secrètement creusé un tunnel dans une fosse où ils étaient gardés.

Le dernier soir de Pessah, le 14 avril 1944, quarante prisonniers se sont échappés par le tunnel. Beaucoup ont été abattus, mais 11 ont pu rejoindre les forces partisanes et ont survécu.

Le témoignage des prisonniers survivants avait aidé à exposer l’ampleur des crimes commis par les forces nazis dans la région.

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