Les Palestiniens arrêtés à la barrière de Gaza dénoncent le Hamas
Rechercher

Les Palestiniens arrêtés à la barrière de Gaza dénoncent le Hamas

"Ce sont eux qui contrôlent la bande de Gaza, qui la gouvernent. Rien ne se passe sans eux", affirme l'homme dans une vidéo d'interrogatoire diffusée par l'armée israélienne

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée israélienne a diffusé mercredi des images de l’interrogatoire d’un Palestinien qui a été arrêté alors qu’il s’infiltrait en Israël depuis la bande de Gaza mardi, dans lequel il affirme que le Hamas dirige les récentes émeutes à la frontière afin d’éviter un soulèvement de la population.

« Le Hamas organise ces émeutes pour que le peuple ne se révolte pas », a déclaré le suspect palestinien, dont le visage était flouté dans la vidéo.

« Ce sont eux qui contrôlent la bande de Gaza, qui la gouvernent. Rien ne se passe sans eux », a-t-il expliqué.

Mardi, il était l’un des nombreux Gazaouis qui ont franchi la barrière de sécurité et sont entrés sur le territoire israélien lors d’une violente émeute frontalière. Ils ont été arrêtés par des soldats israéliens peu de temps après avoir franchi la clôture, a dit l’armée.

L’armée a diffusé son témoignage filmé mercredi soir. Dans la vidéo, le suspect parle en arabe aux soldats israéliens, alors qu’il est menotté et assis sur ce qui semble être un cerf-volant couvert de croix gammées qui avait été envoyé en Israël depuis Gaza.

Une photo prise le 14 mai 2018 depuis le kibboutz de Nahal Oz, au sud d’Israël, de l’autre côté de la frontière avec la bande de Gaza, montre des manifestants palestiniens se rassemblant le long de la clôture de la frontière avec Israël. (AFP/Jack Guez)

Depuis le 30 mars, les Palestiniens de la bande de Gaza organisent régulièrement de violentes manifestations le long de la barrière de sécurité, connue sous le nom de « Marche du retour », qui réunit entre des milliers et des dizaines de milliers de participants.

En général, ces manifestations impliquent des jeunes lançant des pierres et des cocktails Molotov sur la frontière et les soldats de l’autre côté, des petits groupes essayant d’endommager et de franchir la clôture, et des personnes lançant des cerfs-volants chargés de combustibles en Israël où ils déclenchent des incendies.

Certaines semaines ont également été marquées par des affrontements directs et armés entre émeutiers et soldats israéliens.

Plus de 100 Palestiniens ont été tués lors de ces manifestations, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. La majorité d’entre eux ont par la suite été identifiés comme étant membres de groupes terroristes, soit par les organisations elles-mêmes, soit par les services de sécurité israéliens.

Mercredi, le Hamas a déclaré que 50 des 62 personnes tuées au cours des deux derniers jours étaient des membres du Hamas. Le Jihad islamique en a revendiqué trois autres.

Israël soutient que ces manifestations de la « Marche du retour » ne sont pas des soulèvements populaires organisés par des civils, mais sont une opération militaire du Hamas, le groupe terroriste islamiste qui dirige Gaza, dont le but est de transformer la zone frontalière en zone de combat et de permettre aux terroristes de mener des attaques contre les soldats et les civils israéliens.

Dans son témoignage filmé, le suspect semble confirmer que les manifestations sont dirigées par le Hamas.

« C’est le Hamas qui nous envoie des messages Facebook et des SMS pour y aller, et dans les mosquées, ils crient et distribuent des tracts nous appelant à aller à la clôture », a-t-il expliqué.

« Quand il y a de l’électricité et que les téléviseurs sont allumés, tout ce que vous voyez, c’est la Marche du retour, la marche, la marche », a ajouté le suspect.

Des manifestants palestiniens lors d’affrontements avec les forces israéliennes près de la frontière entre Gaza et Israël, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Abed Rahim Khatib / Flash90)

Il a déclaré que le Hamas, qui a pris le contrôle de l’enclave côtière lors d’un violent coup d’Etat en 2007, organise des bus pour les manifestations depuis les mosquées de Gaza.

Le suspect a déclaré que le groupe terroriste encourage particulièrement les femmes et les enfants à s’approcher de la frontière, en leur disant « l’armée ne tirera pas sur les filles » et « l’armée ne tirera pas sur les petits enfants ».

L’armée israélienne est convaincue que les dirigeants du Hamas tentent d’utiliser ces manifestations pour détourner la frustration, la colère et le désespoir de la population de Gaza.

« Les gens sont fatigués et en ont marre. je fais partie de ces personnes », a confié le suspect.

Selon les évaluations de l’armée israélienne, le groupe terroriste est dans une situation désastreuse, compte tenu des conditions de vie déplorables et de plus en plus difficiles dans l’enclave côtière encerclée, qui ne bénéficie que de quelques heures d’électricité par jour et ne dispose pas de sources d’eau potable fiables en raison d’une querelle permanente entre le Hamas et l’Autorité palestinienne.

« Ils font pression sur le peuple et « exportent » cette pression vers Israël, l’Autorité palestinienne et la communauté internationale », a déclaré dimanche à la presse un haut responsable de l’unité de liaison militaire d’Israël avec les Palestiniens (COGAT).

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...