Les Palestiniens dirigeront un groupe de 134 nations à l’ONU – une première
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Les Palestiniens dirigeront un groupe de 134 nations à l’ONU – une première

La "Palestine" présidera le Groupe des 77, la plus grande coalition de pays en voie de développement ; Israël prédit qu'elle sera "une plate-forme de mensonges et de provocations"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le drapeau palestinien a été hissé au Rose Garden des Nations unies, le 30 septembre 2015. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)
Le drapeau palestinien a été hissé au Rose Garden des Nations unies, le 30 septembre 2015. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

L’“état de Palestine” présidera l’année prochaine le plus grand groupe de pays en voie de développement aux Nations unies.

La « Palestine » – qui n’est pas un état membre de l’ONU mais a le statut d’état observateur – a été choisie pour diriger le Groupe des 77, un consortium composé de 134 pays qui parle souvent d’une seule voix à l’Assemblée générale de l’ONU, à partir du 1er janvier 2019, a rapporté mardi le New York Times.

« Nous négocierons au nom de 135 pays », a déclaré l’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU Riyad Mansour, incluant sa propre délégation dans le décompte.

Le groupe a été fondé en 1964 avec 77 pays, dont l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Brésil, la Thaïlande et l’Inde. Au fil des ans, il s’est élargi pour inclure des pays comme l’Afrique du Sud, le Qatar, Cuba, la Bosnie-Herzégovine, Singapour et l’Angola. Il représente environ 80 % de la population mondiale.

L’Égypte assure actuellement la présidence du groupe jusqu’au 31 décembre.

Le ministère des Affaires étrangères en Israël n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

L’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, a exprimé des doutes quant à cette initiative.

« L’objectif du Groupe des 77 était à l’origine de faciliter le progrès économique des pays sous-développés, a-t-il déclaré au journal.

« Il est malheureux qu’il devienne maintenant une plate-forme pour répandre des mensonges et des provocations. Cela ne favorisera pas les objectifs du G-77 et incitera les Palestiniens à ne pas s’engager dans des négociations de paix ».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lève le drapeau palestinien sous les yeux du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors d’une cérémonie au Rose Garden au siège de l’ONU à New York, le 30 septembre 2015. (AFP PHOTO/TIMOTHY A. CLARY)

En 2012, l’Assemblée générale des Nations unies a voté à une écrasante majorité en faveur de l’octroi à la Palestine du statut d’“observateur non étatique”.

Trois ans plus tard, l’AG a également voté pour permettre que le drapeau palestinien soit hissé à l’extérieur du bâtiment emblématique de l’ONU sur la East River à New York.

Israël et les États-Unis faisaient partie des quelques pays qui se sont opposés à ces mesures, faisant valoir que les initiatives unilatérales visant ostensiblement à faire avancer l’état palestinien allaient à l’encontre des efforts visant à parvenir à un accord de paix durable.

M. Mansour, l’ambassadeur palestinien, a salué le fait que sa délégation présidera bientôt l’un des plus grands groupes comme étant un succès diplomatique.

« Ils continuent de nier que nous sommes un état », a dit M. Mansour, faisant référence à Israël et aux États-Unis. « Nous agissons comme un état. Nous discutons comme un état. Par conséquent, nous sommes un état. »

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