Les panoramas du lac de Tibériade, des vues sidérantes, ancrées dans l’Histoire
Rechercher

Les panoramas du lac de Tibériade, des vues sidérantes, ancrées dans l’Histoire

Les touristes peuvent respecter la distanciation physique en visitant les collines du nord, qui ont accueilli par le passé réfugiés de l'Inquisition et troupes syriennes hostiles

Le panorama de Beitsaida surplombe le nord du lac de Tibériade et la vallée luxuriante de Beitsaida Valley. (Crédit : Asaf Ben-Zvi)
Le panorama de Beitsaida surplombe le nord du lac de Tibériade et la vallée luxuriante de Beitsaida Valley. (Crédit : Asaf Ben-Zvi)

Gracia Mendes Nasi, connue également sous le nom de Dona Gracia, était l’une des femmes les plus riches de l’Europe du 16e siècle. Née en 1510 dans une famille de Marranes portugais – ces Juifs baptisés chrétiens par force – elle avait épousé un oncle très riche à l’âge de 18 ans. Quand il est mort, moins d’une décennie plus tard, elle avait découvert qu’il avait fait d’elle son unique héritière. Et finalement, en raison d’une querelle familiale sur l’héritage, elle avait été dénoncée par sa sœur pour sa pratique secrète du judaïsme, et avait été incarcérée.

C’était alors l’époque de l’Inquisition, une époque d’immense péril pour les Juifs d’Europe. Et après la libération de Dona Gracia, cette dernière était parvenue à persuader le sultan turc de rebâtir la ville de Tibériade, autrefois grandiose. Là-bas, elle avait érigé une implantation juive pour y accueillir les réfugiés fuyant l’Espagne et le Portugal et avait mené d’autres belles actions : elle a construit des écoles, des synagogues, et a assumé une mission de mécénat pour les artistes juifs.

Et il n’est donc guère surprenant qu’en plus d’un hôtel qui porte le nom de cette grande dame et d’un musée qui raconte sa vie, Tibériade s’enorgueillisse d’une forêt Dona Gracia, qui offre un panorama unique pour admirer les eaux scintillantes du lac. Elle a été établie en 2010 pour célébrer le 500e anniversaire de sa naissance.

Il y a des dizaines d’endroits, à Tibériade ou dans les alentours, qui permettent de voir le lac – et il n’y a pas de meilleur moment pour le faire actuellement (en supposant qu’il n’y aura pas de nouvelles restrictions imposées par la lutte contre l’épidémie de coronavirus). Au moment de l’écriture de cet article, le lac de Tibériade n’est qu’à 12 centimètres de son niveau de surface maximal, et plus de quatre mètres au-dessus de son niveau à risque.

Nous espérons que ceux qui, parmi vous, ne vous trouvez pas en Israël y serez dans un avenir pas trop éloigné. Et si ce n’est pas le cas, vous pourrez au moins vous évader en lisant les histoires de ces sites.

Voici quelques-uns seulement des panoramas les plus admirables qui se trouvent autour du lac et leurs histoires.

Un père en deuil avait planté une oliveraie à Mitzpor Ophir en mémoire de son fils adolescent mort du cancer. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Panorama d’Ophir — Mitzpor Ophir

Route 789 au nord-est du Kibboutz Ein Gev ; accessible en fauteuil roulant.

Surplombant de presque 400 mètres les eaux scintillantes du lac, cet endroit a été un avant-poste parfait pour les tireurs d’élite syriens de 1948 jusqu’à ce que le plateau du Golan passe sous contrôle israélien, pendant la guerre des Six jours. Les soldats avaient dû s’en donner à cœur joie – non seulement la vue sur les implantations, en dessous, était excellente – ce qui facilitait les attaques, quel que soit le moment – mais, au mois d’avril, ils pouvaient poser les yeux sur les iris de Mésopotamie sauvages aux couleurs roses et pourpres.

Le panorama a été développé par Jimmy Shaal, un homme originaire du Moshav Givat Yoav voisin, pour servir de mémorial à son fils Ophir, mort des suites d’une longue et douloureuse maladie alors qu’il n’avait que 16 ans. Seize oliviers qui ont été plantés là symbolisent chaque année de sa courte existence. En-dessous se trouvent le Kibbutz Ein Gev et le parc national de Kursi avec Tibériade ainsi que les montagnes de Basse-Galilée de l’autre côté des eaux. Le meilleur reste toutefois un point de vue qui épouse le lac de Tibériade dans sa totalité.

La vallée du Jourdain, le plateau du Golan, les collines de Gilead et le lac de Tibériade sont visibles depuis Mitzpor Eshkol, qui porte le nom de l’ancien Premier ministre israélien Levi Eshkol. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Panorama d’Eshkol : Mitzpor Levi Eshkol

À l’intérieur de la forêt Levi Eshkol au Moshav Menahemia.

Un monument plutôt austère en mémoire de Levi Eshkol, qui était Premier ministre d’Israël pendant la guerre des Six jours, domine une colline qui offre un point de vue à couper le souffle sur la vallée du Jourdain, le plateau du Golan, les collines de Gilead, des champs fertiles et une petite avancée sur les eaux scintillantes du lac de Tibériade.

Bonus : si vous vous asseyez sur la plateforme, vous pourrez observer quelques-uns des centaines de milliers d’oiseaux qui traversent le pays chaque année – à hauteur des yeux.

La vallée du Jourdain, le plateau du Golan, les collines de Gilead et le lac de Tibériade sont visibles depuis Mitzpor Eshkol, qui porte le nom de l’ancien Premier ministre israélien Levi Eshkol. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le Panorama de la Paix — Mitzpe HaShalom

Sortie de l’autoroute 98, au sud du Kfar Haruv ; accessible en fauteuil roulant.

De 1948 à 1967, les soldats syriens bombardaient périodiquement les implantations situées autour du lac de Tibériade depuis des positions fortifiées sur le plateau du Golan, directement au-dessus du lac. En un jour, 300 obus avaient visé le Kibbutz Ein Gev, situé en-dessous.

Tandis que plusieurs avant-postes syriens, sur le plateau du Golan, ont été transformés en sites de commémoration, l’un d’entre eux – le Panorama de la Paix – est devenu un point de vue délicieux. Vous pouvez y admirer tout le lac de Tibériade et sa magnificence brillante.

Lorsque le regard de perd au-delà de l’étendue d’eau, au sud, notez combien la nature y est abondante et luxuriante. De manière incroyable, les rives y étaient désolées et stériles avant que Degania – le premier kibbutz – ne s’y installe, il y a un siècle.

Le panorama de Beitsaida surplombe le nord du lac de Tibériade et la vallée luxuriante de la vallée de Beitsaida. (Crédit : Asaf Ben-Zvi)

Panorama de Beitsaida – Mitzpor Beitsaida

À l’est de Maale Gamla, sur la Route 869 ; accessible en fauteuil roulant.

Dédié à la mémoire de Danny Kestern, ancien président de l’Association israélienne de basket-ball et de la Corporation touristique du gouvernement d’Israël, le Beitsaida Vista Point est situé à 110 mètres au dessus du niveau de la mer. Il surplombe la partie nord scintillante du lac de Tibériade, et la luxuriante et marécageuse vallée de Beitsaida – qui regorge de ruisseaux et d’affluents qui alimentent ses eaux.

L’abondance de la terre et de l’eau transportée par le Jourdain et d’autres cours d’eau a rendu cette région extraordinairement fertile. Il est facile de distinguer le mont Thabor et les collines de la Basse Galilée de l’autre côté. Au nord, le mont Hermon est souvent visible.

En 1976, les Nations unies ont assimilé le sionisme au racisme. En réaction, le Premier ministre Yitzhak Rabin a décidé de construire quatre nouvelles communautés sur le plateau du Golan. L’une d’elles était Ma’ale Gamla, juste en dessous du mirador. La plupart des habitants sont des agriculteurs prospères, qui doivent leur réussite au climat subtropical de la région, à ses terres fertiles et à l’abondance de l’eau.

Le point de vue Mevo Hama est situé à l’intérieur de la forêt Mevo Hama et construit autour de la source Ein Aduk. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Mevo Hama

À l’intérieur de la forêt de Mevo Hama, près du kibboutz Mevo Hama. ; accessible en fauteuil roulant.

Jusqu’en 1967, les soldats syriens basés dans le village de Taufik sur le plateau du Golan ont tiré à plusieurs reprises sur les habitants du kibboutz Tel Katzir situé en contrebas. Aujourd’hui, un superbe petit parc se trouve à moins de 500 mètres du village désert. Développé par le Fonds national juif (JNF) avec l’aide de dons des Amis du JNF en Allemagne, il a été construit autour d’Ein Aduk, une source aux eaux douces.

Le parc tranquille, situé dans la forêt Mevo Hama du JNF, comprend une passerelle, des masses de feuillage de rivière et une variété d’arbres étonnante. Parmi eux : saule pleureur, palmier, tamaris, olivier, pin des canaries et plusieurs espèces d’eucalyptus. Mais surtout, il y a de magnifiques vues sur la vallée du Jourdain, les pentes du Golan et la mer de Galilée. Des dizaines de tables de pique-nique sont disposées un peu partout dans le parc, et un chemin adapté aux fauteuils roulants mène à une table de pique-nique spécialement conçue pour les personnes handicapées.

La forêt suisse, près de Tibériade, abrite une flore variée plantée pour endiguer le ruissellement des eaux de pluie. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

La Forêt suisse

Conduite panoramique sur l’autoroute 90, au nord de l’intersection Kinneret.

Pendant des milliers d’années, chaque fois qu’il pleuvait sur les collines au-dessus de Tibériade, la terre et le feuillage glissaient sur la pente raide vers la ville. C’est finalement en 1982 que les travailleurs du Fonds national juif ont commencé à planter le premier des 200 000 arbres au-dessus de Tibériade, en se servant d’une végétation à double racine bien adaptée au sol et en bloquant les pentes par des murets de pierre.

Aujourd’hui, les collines au-dessus de Tibériade sont appelées « Forêt suisse du JFN » et sont couvertes d’une grande variété de feuillages et d’équipements de loisirs qui offrent aux visiteurs un site parfait pour quelques heures de détente. Parmi les plantes et les arbres, on trouve la cassia, le romarin, le caroubier, le lentisque, le bouton de rose méditerranéen et le chypre. Le résultat est glorieux, et offre également une vue magnifique sur la mer de Galilée.

Tel Motilla, site d’une bataille de 1951 entre les troupes israéliennes et les soldats syriens. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Tel Motilla

Un point de vue à l’intérieur du Moshav Almagor ; accessible en fauteuil roulant.

Après la guerre d’Indépendance d’Israël, les zones situées à l’est du Jourdain et de la mer de Galilée ont été déclarées zones démilitarisées. Au début du mois de mai 1951, des soldats syriens en civil se sont installés dans ces zones, qui faisaient toutes partie d’Israël, et ont pris le contrôle de trois sommets au-dessus de la route menant au nord de Tibériade. L’une de ces collines était Tel Motilla.

Du 2 au 6 mai de la même année, de terribles batailles ont eu lieu entre les soldats syriens et israéliens. À leur issue, et avec l’aide de l’armée de l’air, les troupes israéliennes ont capturé les collines. Le magnifique mémorial aux 41 soldats tombés ici-même au combat offre une vue incroyablement émouvante sur la mer de Galilée.

Sur le site de Poriya Springs, on trouve des passerelles, des canaux, des tables de pierre, des dattiers et des palmiers canariens. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Les sources de Poriya — Ein Poriya

Sortie de l’autoroute 90, route 7677 en direction de la Forêt suisse et de Poriya.

Jusqu’en 1992, Ein Poriya n’était rien d’autre qu’un enchevêtrement de mauvaises herbes et une source bouchée. Cette année-là, le Fonds national juif, renforcé par un don important de la part du JNF en Suisse, a engagé des demandeurs d’emploi de la région de Tibériade et des implantations voisines pour débroussailler et nettoyer la source. Le résultat est un charmant site de loisirs où l’eau légèrement saumâtre coule toute l’année.

Ce n’est pas seulement une excellente aire de pique-nique, avec de charmantes passerelles, des canaux, de jolies tables de pierre, des dattiers et des palmiers d’Ein Gedi, mais d’ici, il y a une vue d’artiste parfaite sur la mer de Galilée, alors apportez vos peintures et votre chevalet.

Merci à notre ami Asaf Ben-Zvi, de Tibériade, qui a pris certaines des magnifiques photos dont nous avions besoin pour cet article.

Cet article est en grande partie adapté des chapitres de notre livre Israel’s Northern Landscapes: Guide to the Golan Heights, Eastern Galilee and Lake Kinneret

Aviva Bar-Am est l’auteur de sept guides touristiques en anglais sur Israël. Shmuel Bar est un guide touristique assermenté qui propose des visites privées et sur-mesure pour les visiteurs, les familles et les groupes dans tout Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...