Les récifs coralliens d’Eilat robustes malgré le réchauffement de la mer Rouge
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Les récifs coralliens d’Eilat robustes malgré le réchauffement de la mer Rouge

Un rapport du gouvernement met toutefois en garde que le développement urbain doit prendre en compte la délicatesse de l'écosystème marin

Le golfe d'Eilat. (Crédit : Dr. Ilan Malster/ministère de la Protection de l’environnement)
Le golfe d'Eilat. (Crédit : Dr. Ilan Malster/ministère de la Protection de l’environnement)

Les récifs coralliens dans le golfe d’Eilat sont robustes, malgré la hausse des températures dans la mer Rouge, indique un rapport annuel publié mardi par le gouvernement, qui avertit toutefois que les projets de développement côtier de grande envergure, actuellement au stade de la planification, doivent être surveillés de près pour éviter qu’ils n’augmentent la pression.

Le rapport, publié par le ministère de la Protection de l’environnement et portant sur l’année 2018, indique que la situation des récifs reste stable. La densité moyenne des coraux était légèrement inférieure à celle enregistrée en 2016 et 2017, mais nettement supérieure à celle observée au cours des premières années de surveillance, à partir de 2004, ce qui indique que les fluctuations sont naturelles.

La diversité du corail ne change que légèrement d’une année à l’autre. Depuis 2004, il y a eu une augmentation progressive du pourcentage de colonies coralliennes de taille moyennes et grandes, indiquant une amélioration de la survie des coraux au fil du temps.

Le rapport, basé sur une recherche financée par le ministère de l’Institut inter-universitaire pour les sciences marines à Eilat, confirme d’autres études récentes sur l’état de l’écosystème d’Eilat, dans un contexte d’effondrement des récifs tropicaux du monde entier sous l’effet de la pollution et du réchauffement des mers et de l’augmentation de l’acidité.

Selon les Nations unies, l’acidité des océans – causée par l’absorption de davantage de dioxyde de carbone résultant de l’activité humaine – a augmenté de 30 % depuis le début de la révolution industrielle.

C’est 100 fois plus rapide que tout changement de l’acidité subie par les organismes marins depuis au moins 20 millions d’années. Le statu quo pour les émissions de dioxyde de carbone pourrait rendre l’océan jusqu’à 150 % plus acide d’ici 2100, a prévenu l’ONU.

Le golfe d’Eilat. (Crédit : Dr. Ilan Malster/ministère de la Protection de l’environnement)

Le rapport du programme national d’observation du golfe d’Eilat, rédigé par le docteur Yonathan Shaked, directeur du programme et par le professeur Amatzia Genin, met en garde contre l’augmentation de l’acidité future de la mer Rouge qui risque d’endommager les coraux dont les squelettes sont en carbonate de calcium. Ce sont ces coraux qui aident à construire les récifs.

La mer Rouge se réchauffe lentement mais régulièrement, avec une élévation moyenne de la température de surface de la mer d’environ 1,8 % au cours des 30 dernières années, selon le rapport.

La recherche a également révélé qu’une décennie après l’interdiction des « cages » pour la pisciculture, qui a considérablement endommagé les coraux, des parasites liés aux cages sont toujours présents dans les poissons sauvages.

Préoccupations concernant les projets à proximité

Le mandat de l’équipe de recherche pour 2018 s’est élargi pour permettre la collecte des données nécessaires à la planification de grands projets. Celles-ci incluent un pipeline pour acheminer les eaux de la mer Rouge vers la mer Morte, qui connaît un déclin rapide, et un immense parc industriel aquacole à Eilat en cours de réalisation par le ministère de l’Agriculture. En ce qui concerne ces derniers, le rapport indique que tout doit être mis en oeuvre pour que l’eau du parc ne se déverse pas dans la mer.

Le développement urbain pose un défi de taille pour les écosystèmes marins. Les eaux d’égout, l’eau infusée d’engrais, l’eau de pluie chargée de polluants qui se déverse dans la mer, et les fermes piscicoles ne sont que quelques-unes des sources qui, si elles atteignent la mer, peuvent augmenter la teneur en éléments nutritifs et provoquer la croissance rapide des algues, qui peuvent prendre la place et de la lumière destinée aux jeunes coraux, et inhiber la croissance des récifs.

Afin de protéger l’équilibre, le rapport indique que la pêche aux poissons mangeurs d’algues devrait être interdite dans la partie nord du golfe d’Eilat et qu’il est nécessaire de faire respecter l’interdiction de nuire aux oursins sur toute la côte d’Eilat, et plus particulièrement près des récifs. Les oursins sont les plus importants brouteurs d’invertébrés et consommateurs d’algues dans les colonies de coraux.

Le golfe d’Eilat. (Crédit : Dr. Ilan Malster/ministère de la Protection de l’environnement)

Le rapport a appelé à la création d’une réserve naturelle marine au large de la côte nord d’Eilat afin de protéger les tapis d’herbiers qui stabilisent le fond sableux, les protégeant des effets des tempêtes, et fournissent de la nourriture, des habitats et des zones de croissance pour de nombreux vertébrés et invertébrés. La couverture herbeuse semble instable au fil des ans, indique le rapport, mais il est encore trop tôt pour en déterminer les causes.

Les récifs du golfe d’Eilat sont en train de devenir l’un des derniers refuges de coraux au monde. Les scientifiques ont émis l’hypothèse qu’elles provenaient de l’Océan indien, où les températures étaient et sont toujours beaucoup plus élevées que celles de la mer Rouge. Elles se sont ensuite dirigées vers le nord pendant des milliers d’années pour coloniser ces dernières après la fin de la dernière période glaciaire, tout en conservant leur capacité à résister à une mer plus chaude.

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