Les sanctions contre Ankara favorisent les exportations israéliennes en Russie
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Les sanctions contre Ankara favorisent les exportations israéliennes en Russie

Moscou est susceptible de trouver plus de produits israéliens si les produits turcs disparaissent des étalages russes

Photo d'une femme achetant des produits dans un supermarché (Crédit : Abir Sultan / Flash90)
Photo d'une femme achetant des produits dans un supermarché (Crédit : Abir Sultan / Flash90)

Tandis que la Russie sanctionne la Turquie qui a abattu un avion russe qui est rentré sur le territoire russe, selon Ankara, les agriculteurs israéliens voient une opportunité de relancer leurs exportations.

Zvi Alon, le président d’Israel Plant Production and Marketing Board, a déclaré que la Russie, dans ces dernières années est devenue l’un des principaux marchés pour les produits israéliens – et que les deux pays sont intéressés pour augmenter le volume d’exportation.

Selon le ministre russe de l’Agriculture, Alexander Tkachev, quelque 20 % des légumes du pays sont importés de Turquie. Si Moscou est sérieux au sujet de l’arrêt de ces importations, le pays devra chercher d’autres sources – et Israël, a déclaré Alon, est prêt à combler ce manque.

« Déjà la plupart des carottes vendues en Russie sont israéliennes », a déclaré Alon.

« Au cours des dernières années, nous avons exporté entre 150 000 et 180 000 tonnes de carottes à la Russie. Les poivrons sont aussi un produit d’exportation majeur pour nous, avec 150 000 tonnes qui ont été livrées en Russie au cours des deux dernières années, ce qui constitue 50 % de nos exportations de poivrons. Globalement Israël gagne un milliard de dollars annuellement avec ces exportations agricoles, et nous estimons qu’environ un quart de cette somme provient de la vente à la Russie ».

La Russie est devenue un marché cible pour les agriculteurs israéliens bien longtemps avant que Moscou ne décide de limiter ses relations avec la Turquie.

Avec la réglementation sur l’étiquetage de l’Union européenne en vigueur sur les produits de la Cisjordanie, Jérusalem-Est, le Golan – ainsi que les efforts internationaux de boycott visant les produits israéliens en général – Israël a cherché à entretenir d’autres marchés que l’UE pour ses produits, les services et la technologie.

La Chine, par exemple, est devenue une cible de prédilection pour l’exportation de la technologie des start-ups israéliennes, tandis que l’eau israélienne et la technologie agricole est un produit d’exportation majeur pour l’Inde et de nombreux pays dans le monde en développement.

Des produits sont à certains égards beaucoup plus difficiles à exporter car ils ont une durée de vie très limitée, contrairement à la technologie. En conséquence, les responsables agricoles israéliens ont été courtisés par plusieurs pays non membres de l’UE – notamment la Russie – pour acheter davantage de produits israéliens.

La Russie a ses propres problèmes de sanctions.

Les États-Unis en août ont imposé une troisième série de sanctions sur Moscou pour l’annexion de la Crimée et le soutien de ce pays aux rebelles anti-gouvernementaux en Ukraine. Dans un communiqué, le Département du Trésor a déclaré que « grâce aux efforts russes continus visant à déstabiliser l’est de l’Ukraine, le secrétaire au Trésor Jacob J. Lew aujourd’hui a déterminé que des personnes opérant dans la défense et le secteur connexe du matériel de la Russie peuvent maintenant être soumis à des sanctions ciblées ».

La Russie a répondu en interdisant les importations de produits agricoles en provenance des pays boycottant ses produits, y compris les Etats-Unis et la plupart de l’Europe occidentale.

Israël est loin d’être le seul pays à aider la Russie en temps de besoin agricole. Outre les trois pays susmentionnés, la Russie augmentera également ou en initiera les importations de fruits et de légumes en provenance d’Argentine, du Chili, de l’Ouzbékistan, de l’Azerbaïdjan, de l’Ouzbékistan, de l’Azerbaïdjan, d’Afrique du Sud, du Maroc et de l’Egypte.

Mais Israël a atteint le sommet des rangs au sein du groupe ; en 2012, Israël était l’exportateur numéro trois de légumes vers la Russie, après la Turquie et la Chine – et ces liens sont en train de devenir encore plus étroits maintenant, avec la Turquie exclue du champ.

A une époque connue pour ses communautés agricoles de kibboutz et de moshav, Israël est aujourd’hui une société beaucoup plus urbanisé que ce qu’il a été dans le passé.

En 2010, l’agriculture représentait 1,9 % du PIB annuel d’Israël ; seulement 2 % des Israéliens travaillent dans l’agriculture aujourd’hui.

Selon le ministère de l’Agriculture, les exportations agricoles (frais et transformés) en 2010 se sont élevées à 2,13 milliards dollars, soit 4,2 % des exportations totales du pays.

Les exportations de produits frais ont totalisé 1,33 milliard de dollars, principalement vers l’Union européenne, tandis que les exportations de produits alimentaires transformés se sont élevés à 798 millions de dollars.

Maintenant, Israël a eu l’occasion d’exporter encore plus, prenant la place de produits alimentaires et de produits turcs dans les armoires russes.

Pour battre le fer tant qu’il est chaud, Israel Farmers and Agricultural Workers Association dit qu’elle mettait en place une délégation qui se rendrait en Russie cette semaine pour rencontrer les représentants du gouvernement là-bas.

« En Russie, ils ont décidé que les produits israéliens étaient parmi les meilleurs », a déclaré l’organisation, et a exprimé son intention de prendre avantage de cela.

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