Les syndicats prévoient une grève générale sur les normes de sécurité au travail
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Les syndicats prévoient une grève générale sur les normes de sécurité au travail

La grève entraînerait la fermeture de tous les bureaux gouvernementaux, autorités locales, banques, services d'urgence et aéroports mercredi prochain en cas de refus gouvernemental

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un ouvrier travaille sur un toit d'un chantier de construction à Jérusalem, le 5 août 2015 (Nati Shohat/Flash90).
Un ouvrier travaille sur un toit d'un chantier de construction à Jérusalem, le 5 août 2015 (Nati Shohat/Flash90).

La fédération des travailleurs de la Histadrut a averti jeudi qu’elle déclencherait une grève générale la semaine prochaine pour protester contre ce qu’elle a dit être l’échec du gouvernement à aborder la sécurité des travailleurs, en particulier dans le secteur du bâtiment.

Le président de la Histadrout, Avi Nissenkorn, a déclaré qu’une grève illimitée serait déclenchée mercredi prochain, à moins que les revendications de la fédération ne soient satisfaites pour que les questions de sécurité soient stipulées par une convention collective.

Les employés des bureaux gouvernementaux, des autorités locales, des banques, des services d’urgence, des aéroports et de nombreux employés syndiqués du secteur privé y participeraient si le mouvement social est déclenché.

La Histadrout affirme que les dirigeants politiques et les employeurs n’ont pas proposé de mesures concrètes pour améliorer la sécurité des travailleurs depuis que la fédération a émis un préavis obligatoire de 15 jours pour déclencher une grève.

« Le gouvernement s’en moque – cela fait deux mois que je l’appelle pour discuter de la question », a déclaré M. Nissenkorn lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Histadrut à Tel Aviv.

Avi Nissenkorn, dirigeant de la Histadrut, assiste à une audience devant le tribunal national du travail à Jérusalem le 5 décembre 2017 (Yonatan Sindel/Flash90)

Trente-sept travailleurs du bâtiment ont trouvé la mort sur les chantiers de construction cette année et deux passants ont également été tués, selon un groupe Facebook qui recense les accidents sur les chantiers de construction. Le groupe affirme que 25 travailleurs ont été tués au cours de la même période l’an dernier.

La Histadrout exige qu’un certain nombre de mesures soient prises pour améliorer la sécurité, notamment en rendant obligatoire la norme européenne pour les échafaudages, en imposant l’utilisation obligatoire d’un harnais de sécurité, en réglementant les grues et en ajoutant une clause de sécurité obligatoire aux appels d’offres pour les constructions et infrastructures publiques.

« Il y a maintenant deux mois, nous avons annoncé notre intention de déclencher une grève et nous avons demandé à ce que le problème soit résolu – mais tout le monde se refile le dossier », a déclaré Nissenkorn. « Pourquoi sont-ils entrés dans la fonction publique, pour refiler les problèmes aux autres ou pour passer à l’action ? »

Le ministre des Affaires sociales et du Travail Haim Katz, s’exprimant à la Knesset, a apporté son soutien à la grève.

« J’espère qu’il ne s’agira pas seulement d’une grève d’avertissement », a-t-il déclaré à la Knesset en séance plénière. « Ils devraient faire grève jusqu’à ce que le ministère des Finances nous envoie les 108 postes de fonctionnaires nécessaires à mon ministère pour la supervision. »

En réponse aux propos de Katz, le ministère des Finances a affirmé dans un communiqué qu’il avait déjà débloqué 100 postes, selon le site Web Walla.

Le ministre des Affaires sociales Haim Katz prend la parole lors d’une réunion du Comité des finances à la Knesset le 5 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Haaretz a rapporté le mois dernier que le taux d’accidents du travail mortels dans le secteur du bâtiment en Israël est plus du double de la moyenne dans l’Union européenne.

Selon le rapport, il n’y a que 18 inspecteurs de chantier dans le pays, alors que les normes européennes en exigeraient 360 pour un nombre similaire de sites.

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