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Les violences à Huwara ont été un « pogrom », déplore un éminent général

Yehuda Fuchs a dénoncé le "terrorisme" des extrémistes juifs et averti que de futurs affrontements pourraient entraîner des victimes israéliennes

Des résidents d'implantations regardant des voitures et des maisons qu'ils ont incendiées dans la ville de Huwara, en Cisjordanie, le 26 février 2023. (Crédit : Twitter)
Des résidents d'implantations regardant des voitures et des maisons qu'ils ont incendiées dans la ville de Huwara, en Cisjordanie, le 26 février 2023. (Crédit : Twitter)

Le général israélien en charge des soldats en Cisjordanie a indiqué mardi que les résidents d’implantation qui ont saccagé une ville palestinienne en Cisjordanie, dimanche soir, ont mené un « pogrom » qui a pris par surprise les militaires.

Le chef du commandement central de Tsahal, le général de division Yehuda Fuchs, a aussi fait savoir aux médias israéliens qu’il s’inquiétait de ce que les affrontements entre les soldats et les résidents d’implantation n’entraînent la mort d’Israéliens et il a accusé les Juifs extrémistes « de propager le terrorisme ».

Fuchs a indiqué que les troupes étaient prêtes, dimanche soir, à faire face à des troubles à petite échelle, suite à l’attentat terroriste meurtrier palestinien qui avait eu lieu à Naplouse, dans la journée, dans lequel deux jeunes frères israéliens avaient été tués, s’attendant à des manifestations des partisans du mouvement pro-implantation aux carrefours et à des jets de pierres en direction des voitures palestiniennes.

Mais ce sont des centaines de personnes qui sont venues saccager Huwara et d’autres villes voisines, faisant un mort du côté palestinien et plusieurs blessés graves, incendiant habitations et voitures et tuant des moutons. Deux jours plus tard, il n’y a pas eu de placement en détention des auteurs de ces violences.

« Ce qui est arrivé à Huwara est un pogrom mené par des délinquants qui ont violé la loi », a dit Fuchs dans un entretien diffusé sur la Douzième chaîne. « Nous n’étions pas prêts pour un pogrom de cette ampleur – des dizaines de personnes qui avaient des substances inflammables et les moyens de les exploiter, qui se sont rendues à 20 endroits différents, voire plus ; qui ont affronté des soldats et des commandants de la police au carrefour et qui ont mis le feu, au hasard, aux voitures et aux habitations. »

« Nous n’étions pas préparés pour un nombre si élevé de personnes, pour la manière dont elles sont arrivées, pour l’ampleur de leurs actes, pour la force de la violence qui a été utilisée et pour la planification qu’ils avaient mis en place », a-t-il ajouté.

Le chef du commandement central de l’armée, le général Yehuda Fuchs, pendant un entretien télévisé, le 28 février 2023. (Capture d’écran : Douzième chaîne; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Tout en assumant la responsabilité de l’incapacité de l’armée à endiguer le terrorisme palestinien, il a vivement critiqué les actions des résidents d’implantation.

« Ici, il ne s’agit pas de gens qui sont venus se faire justice eux-mêmes » – comme de nombreuses personnalités du gouvernement ont pu le dire – « parce que les gens qui respectent la loi ne terrorisent pas une population et ne jettent pas des pierres sur les personnes au hasard », a-t-il dit.

Il a noté que des heurts entre les partisans du mouvement pro-implantation et les soldats, lundi soir, auraient pu être meurtriers et il redoute un incident futur qui, selon lui, pourrait entraîner de graves effusions de sang.

« La nuit dernière, nous avons presque eu des victimes dans un incident de tir ami dans lequel des soldats de l’armée ont ouvert le feu [quand ils se sont sentis menacés par un groupe de résidents d’implantation extrémistes] », a-t-il ajouté.

Fuchs a aussi fait remarquer que la coordination sécuritaire avec l’Autorité palestinienne (AP) était gelée pour le moment, comme Ramallah l’a annoncé.

Des soldats israéliens parlant avec des résidents d’implantations dans la ville de Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 27 février 2023. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Par ailleurs, un reportage diffusé mardi soir sur une chaîne de télévision israélienne a fait savoir que les incidents de violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation ont été multipliés par deux depuis que le nouveau gouvernement a pris ses fonctions à la fin du mois de décembre et que les services de sécurité du Shin Bet mettaient en garde les dirigeants du mouvement pro-implantation et les rabbins contre de nouvelles violences et autres actions hors-la-loi, tentant ainsi d’empêcher que la situation ne devienne hors de contrôle.

Selon la Douzième chaîne, il y a eu, au cours des deux derniers mois, 190 incidents de violences nationalistes commises par des extrémistes juifs, soit deux fois le nombre qui avait été enregistré l’année dernière, à la même période.

La chaîne a ajouté qu’il y avait des tensions au sein du gouvernement concernant la réponse à apporter à une vague de terrorisme palestinien qui a fait 14 morts du côté israélien au cours des dernières semaines.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, pendant une commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le parlement israélien de Jérusalem, le 15 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le reportage a indiqué que plusieurs ministres réclamaient des actions plus agressives malgré le mois du Ramadan qui se profile à l’horizon et qui, ces dernières années, est devenu une période particulière de tensions et de violences.

Trois ministres – qui n’ont pas été identifiés – ont déclaré que la promesse faite par Israël aux États-Unis, à la Jordanie et aux Palestiniens lors d’un sommet qui a eu lieu au début de la semaine à Aqaba – l’État juif s’est ainsi engagé à ne plus avancer de nouvelles constructions dans les implantations pendant plusieurs mois – était « inacceptable ».

La chaîne a ajouté que le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir — membre d’extrême-droite du cabinet qui réclame une opération antiterroriste à grande échelle en Cisjordanie et à Jérusalem-Est – a eu lundi un entretien « très tendu » avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, se plaignant d’avoir été laissé de côté lors de discussions sécuritaires très importantes et déplorant le manque d’influence qui lui est accordé malgré le poste qu’il occupe.

La Douzième chaîne a indiqué que Netanyahu avait promis à Ben Gvir qu’il serait plus intégré dans les discussions à l’avenir.

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