Levy se distancie du recours déposé contre Ben Gvir dans le cadre d’un conflit lié à une promotion
Le chef de la police n’accepte pas certaines des déclarations signées en son nom sur la promotion d’une policière impliquée dans l’Affaire 4 000 bloquée par le ministre de la Sécurité nationale

Dans une lettre adressée mercredi à la procureure générale, le commissaire de police Danny Levy s’est partiellement distancié des documents judiciaires signés en son nom contre le refus du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir de promouvoir une policière impliquée dans le procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’Affaire 4 000, selon les médias israéliens.
« Toutes les déclarations que la procureure générale a rédigées dans la réponse déposée hier concernant Ben Gvir ne sont pas acceptées par [Levy], et il ne les soutient pas », indique la lettre, selon le site d’information Walla.
Levy aurait ajouté qu’il « rejette catégoriquement toute tentative de lui attribuer des déclarations interprétant les considérations du ministre ». Il a également déclaré qu’il estimait que la commissaire Rinat Saban, dont Ben Gvir bloquait la promotion depuis des mois, malgré l’opposition des hauts responsables de la police et de la procureure générale, méritait d’être promue.
Selon certaines informations, Levy a également affirmé avoir demandé à déposer sa propre déclaration sous serment, distincte de celle de la procureure générale, mais que sa demande avait été rejetée.
La déclaration sous serment soumise mardi soir au tribunal de Jérusalem a été signée conjointement par Levy et la procureure générale, Gali Baharav-Miara.
Elle demandait à un juge d’ordonner à Ben Gvir d’approuver la promotion de Saban, et, si ce dernier refusait, d’autoriser Levy à la nommer sans sa signature. Elle indiquait également que le refus de Ben Gvir « pourrait semer la peur parmi les policiers qui témoignent dans le cadre d’enquêtes criminelles » et « les dissuader d’enquêter sur des personnalités publiques ou sur la corruption au sein du gouvernement, car cela pourrait inciter les dirigeants politiques à bloquer leur promotion ».
Dans sa déclaration sous serment, Levy semblait également demander au tribunal l’autorisation de passer outre Ben Gvir et de promouvoir Saban, au cas où le ministre de la Sécurité nationale refuserait d’appliquer une éventuelle décision de justice l’y obligeant.
Saban, dont la promotion a été bloquée par Ben Gvir depuis le début du mois de juin, avait témoigné contre Netanyahu en mars et avait précédemment enquêté sur ses conseillers, Jonatan Urich et Ofer Golan, soupçonnés d’avoir harcelé Shlomo Filber, témoin à charge dans l’Affaire 4 000, la plus grave des trois affaires pour lesquelles le Premier ministre est actuellement jugé pour corruption.
En juillet, Baharav-Miara a accusé Ben Gvir d’avoir pris en compte des considérations politiques dans sa décision de bloquer la promotion de Saban, qualifiant son comportement de « très inhabituel et sans précédent par rapport aux promotions policières passées ».
En avril, Baharav-Miara et Ben Gvir avaient conclu un accord dans lequel ce dernier s’engageait à limiter son implication dans les promotions au sein de la police ainsi que dans les décisions opérationnelles. Cet accord était une condition préalable posée par la procureure générale pour accepter de défendre Ben Gvir devant la Haute Cour contre les recours demandant son renvoi.
L’accord interdisait à Ben Gvir d’interviewer les officiers jusqu’au grade de commissaire pour une promotion, l’éloignant ainsi du processus de promotion des policiers de rang intermédiaire.
Cependant, une semaine seulement après la conclusion de l’accord, Ben Gvir a nié avoir cédé son pouvoir de nomination et de promotion des policiers, insistant sur le fait qu’il avait simplement accepté de ne pas mener d’entretiens avec les agents.
Plus tôt cette année, Ben Gvir avait déclaré qu’il ne proposerait des promotions aux policiers que s’il était convaincu qu’ils mettraient en œuvre ses politiques, notamment la « compassion envers les militants de droite » et la destruction de « villages entiers » construits illégalement par les Bédouins sur des terres appartenant à l’État dans le Néguev.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.







