Liban : l’armée présente son rapport à la famille du soldat tué, Gur Kehati
Selon le grand-père du sergent, les commandants reconnaissent le manque d'utilité opérationnelle de la mission, sans pour autant en endosser la responsabilité
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.
Vendredi, un an et huit mois après la mort du sergent Gur Kehati, 20 ans, lors du déplacement non autorisé d’un civil – un chercheur – dans le sud-Liban, l’armée israélienne aurait présenté à sa famille les conclusions de son enquête opérationnelle.
Le 20 novembre 2024, le colonel de réserve Yoav Yarom — qui occupait les fonctions de chef d’État-major de réserve de la brigade Golani — avait permis au chercheur Zeev Erlich, 71 ans, de pénétrer en secteur au sud-Liban, en uniforme de l’armée, afin d’examiner un site archéologique, et ce, sans les autorisations requises.
Ce déplacement a eu lieu au plus fort de l’offensive terrestre israélienne contre le Hezbollah dans le sud-Liban, une semaine avant que le cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste ne vienne mettre temporairement fin à plus d’une année d’hostilités.
Accompagnés de soldats, Yarom et Erlich s’étaient rendus dans une forteresse médiévale du village libanais de Shamaa, un lieu vénéré par les chrétiens et les musulmans chiites comme lieu de sépulture de saint Pierre au Ier siècle.
Pensant que la zone avait été sécurisée, Yarom y avait conduit Erlich et ses hommes, dont Kehati, lorsque deux agents du Hezbollah leur avaient tendu une embuscade, tuant Erlich et Kehati, sans compter un militaire grièvement blessé et Yarom, plus modérément touché. Les assaillants seraient plus tard abattus.
Dimanche, le grand-père de Kehati, Assaf Agmon, a déclaré au site d’information Ynet que l’armée leur avait annoncé la présentation des conclusions de l’enquête le 10 juillet, date au-delà de laquelle la famille avait fait savoir qu’elle déposerait un recours contre Tsahal devant la Cour Suprême.
« Nos pires craintes se sont avérées exactes », a confié Agmon à Ynet après avoir pris connaissance des conclusions de l’enquête.
« Il ressort très clairement des déclarations des commandants que la présence de Zeev lors de cette mission ne répondait à aucun impératif opérationnel. »
« L’armée le sait. Les commandants le savent. Mais ils se cachent derrière une formulation prudente pour éviter de le dire explicitement », a-t-il ajouté.
« En lisant le rapport d’enquête, on le comprend parfaitement. »
En janvier 2025, la famille de Kehati avait accusé les autorités militaires d’avoir brouillé les pistes autour des circonstances du drame, affirmant avoir appris des médias que le soldat avait trouvé la mort, mais pas au combat.
L’armée israélienne n’a pas encore publié officiellement les conclusions de son enquête.
Yarom a demandé à démissionner une semaine après l’incident, et ce alors même qu’il était prévu de le démettre de ses fonctions à l’issue de sa convalescence.
En décembre 2025, Yarom a été démis de ses obligations de réserviste et a mis fin à son service au sein de l’armée. Le même mois, une enquête criminelle le concernant a été classée sans suite, après quoi les proches de Kehati ont fait part de leur colère en déterrant la pierre tombale de Gur du cimetière militaire pour la déposer devant les services de l’Etat-major de Tsahal, au quartier général de l’armée à Tel Aviv.
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