Liban : quelles alternatives à la Finul dont la mission s’achève bientôt ?
Selon un responsable libanais, Beyrouth souhaiterait conserver "une présence internationale sous l'égide de l'ONU"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le Liban plaide pour une force internationale qui remplacerait les Casques bleus dans le sud du pays, dont le mandat, qui prend fin cette année, est soumis aux pressions américaines et israéliennes en dépit de la guerre en cours avec Israël.
Les craintes de voir s’installer un vide sécuritaire après le départ de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) surgissent au moment où Israël occupe une partie du sud du Liban. Cette force est censée faire tampon entre le Liban et Israël depuis 1978, mais n’a jamais pu empêcher la résurgence des conflits.
Alors que le secrétaire général de l’ONU doit soumettre au Conseil de sécurité un rapport sur la question avant le 1er juin, voici certains scénarios possibles.
Que veut le Liban ?
Près de 7 500 Casques bleus sont déployés dans le sud du Liban, près de la Ligne bleue qui s’étend sur 120 kilomètres, traçant une frontière de facto entre le Liban et Israël.
Ces soldats de la paix se retrouvent pris entre deux feux : Israël et le Hezbollah pro-iranien, engagés dans une nouvelle guerre depuis le 2 mars.
Le Liban, qui s’est engagé à désarmer le Hezbollah, mène depuis avril des négociations directes avec Israël pour tenter de mettre fin à des décennies de violences.
Sous couvert d’anonymat, un responsable libanais a déclaré à l’AFP qu’après l’expiration du mandat de la Finul le 31 décembre, Beyrouth souhaiterait conserver « une présence internationale sous l’égide de l’ONU ».
Pour un autre responsable libanais, il est « crucial » de disposer d’une force onusienne similaire à la Finul, « quitte à en réduire les effectifs ou modifier la mission ».
« Comment peut-on parler de la résolution 1701 sans la Finul ? », s’est-il interrogé, lui aussi sous couvert d’anonymat.
Cette résolution du Conseil de sécurité a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah et servi de base à la trêve conclue en 2024 après un nouveau conflit.
Quelles options pour l’ONU ?
Parmi les options discutées, une mission onusienne de taille réduite, ou encore l’extension du mandat de l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST).
Il s’agit d’une opération régionale de maintien de la paix, créée en 1948, déjà dotée d’un petit contingent non armé au Liban.
Les autorités attendent le rapport onusien avant d’adresser une demande officielle d’assistance internationale, indiquent les deux responsables libanais.
Mais Israël et les Etats-Unis, qui ont fait pression l’an dernier auprès du Conseil de sécurité pour mettre fin au mandat de la Finul, pourraient tenter de bloquer toute nouvelle proposition de l’ONU.
Certains membres du Conseil de sécurité, dont la Chine, sont favorables au maintien d’une force onusienne sur le terrain.
Un autre obstacle pourrait être le manque de financement, qui a déjà contraint la Finul à réduire ses effectifs ces derniers mois.
Force européenne ?
A défaut d’une alternative onusienne, d’autres propositions pourraient être avancées, selon plusieurs sources, comme une force relevant de l’Union européenne.
L’Italie, la France et l’Espagne, importants contributeurs de la Finul, ont exprimé leur volonté de maintenir des forces au Liban, selon ces sources.
En février, le président libanais Joseph Aoun a demandé à l’Allemagne, qui dirige la force navale de la Finul, de jouer un « rôle-clé » après le départ de la mission.
Une autre option reposerait sur des accords bilatéraux entre le Liban et certains pays, mais gérer une multitude de cadres distincts pourrait s’avérer difficile.
« Ce qui apparaît de plus en plus sensé pour tout le monde, c’est de revenir à un cadre onusien », estime à l’AFP une source diplomatique occidentale sous couvert d’anonymat.
Un vide?
Le pire des scénarios pour Beyrouth serait un retrait de la Finul sans solution de rechange.
La source diplomatique prévient qu’un tel vide constituerait « une situation très dangereuse pour Israël et le Liban ».
« Il n’y aurait plus aucun témoin international pour s’assurer que ce qui sera éventuellement convenu (dans les négociations Israël-Liban) est respecté sur le terrain », indique-t-elle.
Pour une source de l’ONU ayant requis l’anonymat, « la Finul surveille et rend compte (des développements) de manière impartiale – il n’y a actuellement aucun autre acteur ou organisme sur le terrain qui soit en mesure de le faire ».
la Communauté du Times of Israël !







