Liberman conspué devant le domicile de la famille d’un soldat assassiné
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Liberman conspué devant le domicile de la famille d’un soldat assassiné

Après qu'il a présenté ses condoléances, l'ex-ministre de la Défense a été hué par des manifestants ultra-orthodoxes qui l'accusaient d'être "pire que le tueur de Yosef Cohen"

Yigra Beytenu, Avigdor Liberman, à la tête du soldat de l'armée israélienne tué, le Sgt. Yosef Cohen, 19 décembre 2018 (capture d'écran de Channel 10)
Yigra Beytenu, Avigdor Liberman, à la tête du soldat de l'armée israélienne tué, le Sgt. Yosef Cohen, 19 décembre 2018 (capture d'écran de Channel 10)

Des manifestants ultra-orthodoxes ont conspué l’ex-ministre de la Défense Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu) alors qu’il quittait la maison familiale d’un soldat de l’armée israélienne tué dans un attentat terroriste en Cisjordanie, au terme d’une visite de condoléances mercredi soir.

Liberman s’est rendu au domicile du sergent Yosef Cohen dans le quartier ultra-orthodoxe Mekor Baruch de Jérusalem, pour lui rendre hommage.

Cohen et un autre soldat, Mor Yosef, ont tous deux été tués jeudi dernier lorsqu’un Palestinien leur a tiré dessus lors d’une attaque devant le poste avancé de Givat Assaf. Un troisième soldat a été grièvement blessé dans la fusillade et une civile également bien que son état se soit amélioré par la suite.

Les deux soldats étaient membres de la brigade ultra-orthodoxe Netzah Yehuda, composée de soldats qui se sont engagés volontairement.

Alors que Liberman sortait du bâtiment, plusieurs hommes ultra-orthodoxes qui s’étaient rassemblés à l’extérieur ont commencé à l’injurier en signe de protestation contre son appui à un projet de loi s’adressant à la communauté ultra-orthodoxe.

Plusieurs cris de « meurtrier » ont été entendus, et un manifestant a affirmé que Liberman était pire que les assassins de Cohen, parce qu’il l’avait  enrôlé.

Un certain nombre de parents, de voisins et de passants ont tenté de faire taire les manifestants.

Au début du mois, la Haute Cour de justice a accordé au gouvernement un délai supplémentaire d’un mois et demi pour adopter un nouveau projet de loi controversé sur l’enrôlement militaire des hommes ultra-orthodoxes.

La réglementation actuelle qui permet aux étudiants des écoles ultra-orthodoxes de reporter leur service militaire obligatoire devait expirer au début du mois, et sans cette prolongation, des milliers d’étudiants de yeshiva seraient devenus éligibles à l’enrôlement.

Le gouvernement Netanyahu avait demandé une prolongation de quatre mois à la Haute Cour, affirmant qu’il avait besoin de plus de temps pour adopter la loi sur l’enrôlement à la suite de la démission soudaine d’Avigdor Liberman de son poste de ministre de la Défense. Liberman a également retiré son parti Yisrael Beytenu de la coalition de Netanyahu, le laissant avec une majorité minimale de 61 sièges sur un total de 120 à la Knesset.

Le projet de loi rédigé par le ministère de la Défense fixe des objectifs annuels minimaux pour la conscription ultra-orthodoxe qui, s’ils ne sont pas atteints, entraîneraient des sanctions financières pour les yeshivot où ils étudient. En même temps, il officialiserait également les exemptions pour la grande majorité des étudiants de yeshivot.

Les partis ultra-orthodoxes de la Knesset se sont opposés à la version du projet de loi du ministère de la Défense et cherchent à obtenir des amendements.

La plupart des membres de la communauté ultra-orthodoxe évitent le service militaire obligatoire qui s’applique aux Israéliens, et la communauté a historiquement bénéficié d’exemptions générales de l’armée en faveur des études religieuses en yeshivot.

En septembre dernier, la Haute Cour a statué qu’une version 2015 du projet de loi israélien accordant à la plupart des étudiants de yeshivot des exemptions de service était anticonstitutionnelle et a donné aux législateurs un an pour instituer de nouvelles directives pour l’enrôlement de ultra-orthodoxes. Le tribunal a ensuite prolongé le délai, donnant au gouvernement jusqu’au 2 décembre pour adopter une version modifiée du projet de loi sur l’enrôlement, avant de le prolonger à nouveau ce mois-ci.

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