L’Institut Weizmann participe à la cartographie de la glace de la Lune
Au moment où Artemis II tourne autour de la lune à la recherche d'eau, des scientifiques israéliens et américains étudient les anciens pièges à glace au niveau des pôles
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Alors que l’équipage d’Artemis II termine son survol historique de la lune avant son voyage de retour vers la Terre, une récente étude dessine une feuille de route cruciale pour les futurs explorateurs.
Des chercheurs de l’Institut Weizmann des sciences, à Rehovot, de l’Université du Colorado à Boulder et de l’Institut des sciences planétaires d’Honolulu, ont identifié d’anciens « pièges à glace » au niveau des pôles lunaires, qui ne voient jamais la lumière et accumulent de la glace depuis des milliards d’années – une glace qui pourrait, un jour, se transformer en source d’eau.
Selon cette étude, publiée mardi dans Nature Astronomy, l’eau lunaire est produite en continu, sans doute sous l’effet de l’activité volcanique, du vent solaire et même peut-être des impacts cosmiques.
Partant du principe que la glace réfléchit davantage la lumière ultraviolette, à certaines longueurs d’onde, que la surface rocheuse de la Lune, le Professeur Oded Aharonson et ses collaborateurs, le Professeur Paul Hayne de Boulder et Norbert Schörghofer d’Honolulu, ont utilisé les données ultraviolettes de l’orbiteur de reconnaissance lunaire de la NASA pour cartographier les cratères renfermant de grandes quantités de glace.
Les données de l’altimètre laser de l’orbiteur et du projet de cartographie Lyman-Alpha ont été utilisées pour réaliser l’animation ci-dessous, dans laquelle les cratères plongés en permanence dans l’obscurité sont colorés en blanc et bleu clair et le pôle Sud de la Lune, indiqué par la flèche noire. Ils ont ensuite combiné les résultats avec des calculs géométriques.
Alors que la Terre tourne sur un axe incliné et que la position du Soleil dans le ciel change au cours de l’année, la Lune s’est « redressée » en plusieurs milliards d’années, si bien que la lumière du soleil n’atteint pas et ne peut donc pas réchauffer les cratères profonds et abrupts situés au niveau des pôles, qui se trouvent constamment à l’ombre.
« Nous avons constaté que plus une région était ombragée tôt, plus la surface d’accumulation de la glace était grande », explique Aharonson. « Ce mouvement a commencé il y a de cela 1,5 milliard d’années au moins et s’est poursuivie ces derniers 100 millions d’années. Cela suggère que la glace s’est accumulée sur la Lune grâce à une source – voire des sources – permanentes et non à la faveur d’un événement unique comme par exemple l’impact d’une grosse comète. »
Une fois récoltée, cette glace pourrait en théorie donner de l’eau potable ou servir à l’irrigation ou à la production d’un carburant pour fusées intergalactiques, sans parler de ses enseignements sur l’histoire des corps célestes.
Cette découverte va dans le sens de l’objectif de la NASA de créer une base habitée permanente sur la Lune, et possiblement, un jour, un point de transit vers Mars.
La localisation et le prélèvement d’échantillons de glace lunaire est l’un des objectifs principaux des futures missions habitées Artemis de la NASA, qui entendent faire atterrir des astronautes au niveau du pôle Sud de la Lune.
L’étude identifie plusieurs cibles prioritaires près du pôle Sud de la Lune qui ont plus de 3,3 milliards d’années. Ces lieux sont caractérisés par des températures stables de l’ordre de -160°C, ce qui garantit que la glace reste à l’état de glace, accessible aux futurs explorateurs.
Les derniers humains à marcher sur la Lune l’ont fait en 1972, dans le cadre de la mission Apollo 17.
la Communauté du Times of Israël !







