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L’Iran a frappé des centrales électriques et de dessalement au Koweït

La Jordanie et Bahreïn signalent de violents bombardements ; selon les US, la poursuite des frappes devrait peu influencer la position de l'Iran dans les négociations

Cette image satellite, obtenue par Reuters le 21 juillet 2026, montre de la fumée s'élevant de la centrale électrique et de l'usine de dessalement de Subiya, à Subiya au Koweït, le 18 juillet 2026, à la suite d'une attaque iranienne. (Crédit : CNES 2026, diffusion Airbus DS/Image fournie par REUTERS)
Cette image satellite, obtenue par Reuters le 21 juillet 2026, montre de la fumée s'élevant de la centrale électrique et de l'usine de dessalement de Subiya, à Subiya au Koweït, le 18 juillet 2026, à la suite d'une attaque iranienne. (Crédit : CNES 2026, diffusion Airbus DS/Image fournie par REUTERS)

L’Iran, dans la journée de mardi, a intensifié ses attaques contre les pays arabes de la région. La Jordanie, Bahreïn et le Koweït ont tous fait état de bombardements massifs. Le Koweït a précisé que des missiles iraniens avaient touché des centrales électriques et des installations hydrauliques, contraignant le gouvernement à imposer des restrictions d’électricité en plein été, dans l’un des pays les plus chauds au monde.

Depuis dix jours, l’Iran et les États-Unis se livrent à des échanges de tirs intenses. L’armée américaine mène chaque nuit des frappes contre des sites militaires et industriels dans tout le pays.

Malgré les dégâts considérables qui ont été causés, un nouveau rapport des services de renseignement américains semble indiquer que les frappes américaines en cours ne devraient pas influencer la position de l’Iran dans les négociations, lesquelles sont actuellement dans l’impasse sur les questions du détroit d’Ormuz et du programme nucléaire de Téhéran – négociations que les médiateurs se sont efforcés de relancer ces derniers jours.

Dans le Golfe, le gouvernement koweïtien a fait savoir que l’Iran avait frappé, dans la soirée de lundi, des usines de dessalement et des centrales électriques pour la quatrième nuit consécutive. Selon les autorités, ces attaques ont provoqué des incendies et causé des dégâts.

Environ 90 % de l’eau potable du Koweït provient du dessalement. Ces attaques constituent donc une question de vie ou de mort pour ce petit État. De plus, la majorité des usines de dessalement du Golfe sont des installations combinées de production d’électricité et d’eau, le processus nécessitant un apport énergétique important.

Les autorités de ce petit État du Golfe ont appelé la population à réduire sa consommation d’énergie, afin de pouvoir maintenir l’approvisionnement en électricité 24 heures sur 24, alors que le réseau est la cible d’attaques iraniennes. Pourtant l’un des plus grands producteurs de pétrole brut de l’OPEP, le Koweït peine régulièrement à répondre à la demande locale en électricité, notamment en été, lorsque les températures dépassent les 50 °C.

Le Koweït abrite plusieurs importantes bases militaires américaines.

Au Bahreïn voisin, dont les habitants se réveillent depuis des semaines au son des sirènes et des explosions, plusieurs vagues d’attaques de missiles et de drones ont été signalées tout au long de la journée de mardi.

L’Iran a affirmé avoir pris pour cible des infrastructures situées à Bahreïn et appartenant à la société américaine Amazon, en représailles à ce qu’il a décrit comme une frappe américaine sur le chantier de la centrale nucléaire iranienne de Darkhovin, actuellement en projet.

Selon les médias d’État iraniens, les forces iraniennes ont également pris pour cible les logements du personnel militaire américain sur la base aérienne Sheikh Isa, à Bahreïn. Ni l’armée américaine, ni Bahreïn, ni Amazon n’ont pour l’instant commenté ces incidents, que Reuters n’a pas été en mesure de vérifier.

Ce petit royaume insulaire abrite la 5e flotte de la marine américaine.

Mardi, l’armée jordanienne a déclaré que l’Iran l’avait prise pour cible, avec cinq drones et trois missiles, qui ont tous été abattus.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a confirmé avoir pris pour cible un site militaire américain dans le royaume.

Par ailleurs, le centre des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO) a indiqué qu’un pétrolier avait été attaqué dans la matinée de mardi dans le détroit, au large d’Oman. L’équipage a été contraint d’abandonner le navire.

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a revendiqué cette attaque, ainsi que deux autres perpétrées lundi contre des navires dans cette voie navigable.

La route passant par Oman est celle que l’armée américaine a encouragé les navires à emprunter pour échapper au contrôle de l’Iran, lequel tire pourtant régulièrement sur les navires qui l’empruntent.

Les États-Unis poursuivent leurs bombardements, mais estiment qu’ils ont peu de chances d’influencer la position de l’Iran

Les États-Unis ont pour leur part poursuivi leur campagne de bombardements en Iran. Le Commandement central de l’armée américaine (CENTCOM) a annoncé avoir pris pour cible « des centres de commandement militaires iraniens, des installations maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des systèmes de défense antiaérienne », et il a diffusé de nouvelles images des frappes qui ont visé ces sites en Iran.

« Les forces américaines restent mobilisées et prêtes à poursuivre l’Iran pour toute agression injustifiée qui viserait des marins civils tentant de transiter librement et ouvertement par le détroit », a déclaré le CENTCOM.

Les médias d’État iraniens ont fait état d’explosions entendues dans les provinces de Fars, d’Hormozgan, d’Ilam, de Kerman, ainsi que du Sistan-et-Baloutchistan.

Un canon Mark 45 de calibre 5 pouces lors d’un exercice de tir réel à bord du destroyer lance-missiles de classe Arleigh Burke USS Mason (DDG 87), déployé au Moyen-Orient, sur une photo publiée le 21 juillet 2026. (Crédit : Marine américaine)

Malgré ces bombardements incessants, une nouvelle évaluation des services de renseignement américains aurait conclu que les frappes américaines en cours contre l’Iran, dans leur ampleur actuelle, ont peu de chances d’influencer la position de Téhéran dans les négociations, a rapporté le Washington Post.

Tant que ces frappes réciproques se poursuivront, selon cette évaluation, l’Iran et les États-Unis continueront d’osciller indéfiniment entre la paix et la guerre, a affirmé le journal.

Le journal n’a pas précisé si le document évaluait l’impact potentiel d’un changement de stratégie opérationnelle de la part de l’armée américaine.

La Maison Blanche a été informée de cette évaluation, a précisé le Post.

Les médiateurs tentent de sauver l’accord

Par ailleurs, mardi, les diplomates des pays médiateurs ont tenté de sauver l’accord entre l’Iran et les États-Unis, qui a volé en éclats, alors même que les deux pays continuaient de se lancer des attaques, au dixième jour de la reprise des combats.

La visite du ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, au Pakistan, médiateur de premier plan dans le conflit, a témoigné d’une intensification des efforts diplomatiques. Il est toutefois difficile de dire quel nouvel accord pourrait être conclu pour mettre fin à la guerre.

Momeni s’est entretenu avec le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, ont fait savoir deux responsables, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat pour évoquer ces négociations à huis clos. Momeni a ensuite rencontré le Premier ministre, Shehbaz Sharif.

Sur cette photo diffusée par le cabinet du Premier ministre pakistanais, le ministre de l’Intérieur iranien, Eskandar Momeni (à gauche), s’entretient avec le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif (à droite), à Islamabad, au Pakistan, le 21 juillet 2026. (Crédit : Cabinet du Premier ministre pakistanais via AP)

Les dirigeants politiques pakistanais et Munir, qui occupe à la fois les fonctions de chef d’état-major de l’armée et de chef des forces de défense, ont joué un rôle clé dans la conclusion, le mois dernier, du protocole d’accord qui a été signé entre les États-Unis et l’Iran. Islamabad s’efforce de persuader les deux parties de revenir à la table des négociations pour résoudre les questions encore en suspens dans le cadre de l’accord provisoire de juin.

Les autorités n’ont pas encore communiqué de détails sur ces entretiens.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a pour sa part déclaré que Washington restait ouvert à des négociations avec l’Iran, mais que « celles-ci devaient être concrètes ». On ignore encore si Téhéran présentera une proposition que le président américain Donald Trump pourrait juger « concrète ».

Une profonde méfiance persiste de part et d’autre. L’Iran a subi une attaque surprise en juin 2025, puis une nouvelle fois en février, alors qu’il était engagé dans des négociations sur le nucléaire avec les États-Unis. L’accord provisoire a volé en éclats lorsque l’Iran a repris ses attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz, pourtant censé être rouvert en vertu de cet accord.

Le chef de la diplomatie iranienne affirme n’avoir jamais rencontré Mojtaba Khamenei

Les frappes américano-israéliennes de février, qui ont déclenché la guerre en cours, ont coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei. Selon le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, la faille dans les services de renseignement qui a permis à Israël d’assassiner Khamenei n’a sans doute pas encore été comblée.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’exprimant lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue irakien, Fouad Hussein, à l’issue de leur rencontre au ministère des Affaires étrangères, à Bagdad, en Irak, le 28 juin 2026. (Crédit : Hadi Mizban/AP)

Dans une interview en persan qui a été publiée dimanche, Araghchi a raconté avoir déclaré au président Masoud Pezeshkian, au matin du 28 février, que « l’atmosphère était à la guerre ». Il a indiqué s’être ensuite entretenu avec Ali Asghar Mir Hijazi, un proche de Khamenei, à 9 heures du matin, peu avant qu’Israël ne mène une attaque meurtrière contre un complexe de Téhéran dans lequel Khamenei menait une réunion de haut niveau.

Khamenei a été tué dès la première salve de cette campagne, au cours de laquelle quarante autres hauts commandants ont également été éliminés.

Araghchi a ajouté qu’au moment de la frappe, Khamenei se trouvait dans son bureau, que le Conseil stratégique consultatif pour les relations extérieures tenait sa réunion hebdomadaire et que le Conseil de défense s’était également réuni.

« La tenue de réunions simultanées n’avait rien d’inhabituel à l’époque », a-t-il précisé. « Mais le fait que l’ennemi ait eu connaissance de ces réunions résulte d’une fuite d’informations qui existe probablement encore aujourd’hui. »

Un homme brandissant une photo géante du nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, à la Grande Mosquée Imam Khomeini (Mosalla), lors des cérémonies funéraires organisées en l’honneur du défunt guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et des membres de sa famille, à Téhéran, en Iran, le 5 juillet 2026. (Crédit : Altaf Qadri/AP Photo)

Araghchi a également indiqué qu’il n’avait pas encore rencontré en personne le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

« Seule une poignée de personnes l’a rencontré », a-t-il ajouté.

Khamenei, qui a été nommé guide suprême peu après l’élimination de son père lors de frappes américano-israéliennes le 28 février, n’a fait aucune apparition publique et ne s’est exprimé que par le biais de communiqués écrits.

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