L’Iran aurait ciblé la plus grande centrale électrique d’Israël, mais l’a manquée
Un haut responsable iranien confirme avoir reçu la proposition de paix américaine ; la Turquie et le Pakistan pourraient accueillir les pourparlers ; l'armée de l'air israélienne bombarde le seul site iranien dédié au développement de sous-marins
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Un missile balistique iranien a frappé mercredi une zone dégagée dans le nord d’Israël lors d’une attaque qui a semblé viser la plus grande centrale électrique du pays, tandis que l’armée de l’air israélienne a poursuivi ses frappes contre des cibles du régime à travers l’Iran. De leur côté, les diplomates s’efforcent encore en coulisses de mettre fin à cette guerre qui dure depuis près de quatre semaines.
Ce missile balistique a été envoyé dans le cadre de la quatrième salve de projectiles à avoir été tirée depuis l’Iran vers Israël depuis minuit, déclenchant des sirènes dans le centre du pays et dans certaines parties du nord.
Selon les premières évaluations militaires, certains des missiles tirés lors de cette attaque auraient été interceptés par les défenses aériennes. Les secouristes ont répondu à des signalements de fragments de missiles dans plusieurs zones à la suite de ces interceptions.
L’un des missiles est tombé dans une zone dégagée près de Hadera, sans faire de blessés. Peu après, la Compagnie israélienne d’électricité (IEC) a déclaré que ses infrastructures n’avaient subi aucun dommage lors de cette attaque.
La plus grande centrale électrique d’Israël, la centrale d’Orot Rabin, est située à Hadera.
L’Iran avait déjà menacé de frapper des centrales électriques et des installations énergétiques en Israël et dans tout le Golfe. La semaine dernière, la raffinerie de pétrole de Bazan, à Haïfa, avait été contrainte de fermer pendant plusieurs jours en raison de dégâts causés par des fragments de missiles.
Lundi, les médias d’État iraniens, dont le site web Mizan Online, ont diffusé des infographies présentant des cibles potentielles en Israël, notamment la centrale d’Orot Rabin et celle de Rutenberg, la deuxième plus grande centrale électrique du pays.
Sept autres salves de missiles ont visé Israël mercredi après-midi, déclenchant des sirènes d’alerte du nord jusqu’à Eilat, au sud. Une salve de missiles balistiques a été tirée sur Dimona, dans le sud du pays, en même temps que des roquettes ont été lancées par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, déclenchant des alertes à Maalot-Tarshiha et dans les villes voisines de Galilée.
Le président américain Donald Trump a déclaré que des pourparlers étaient en cours pour mettre fin aux combats et qu’un plan de paix en quinze points avait été transmis à Téhéran.
Un haut responsable iranien a confirmé à Reuters que le Pakistan avait transmis une proposition des États-Unis visant à mettre fin aux hostilités. Il a ajouté que la Turquie avait également facilité les contacts et que ces deux pays étaient envisagés comme lieu de négociations.
Ces déclarations, faites sous couvert d’anonymat, ont été l’un des rares signes indiquant que Téhéran pourrait envisager des propositions diplomatiques, même si le pays insiste publiquement sur le fait qu’aucune discussion n’est en cours et qu’il ne conclura pas d’accord avec l’administration Trump.
La source iranienne n’a pas divulgué les détails de la proposition transmise par le Pakistan, ni précisé s’il s’agissait du même cadre américain en quinze points qui avait été mentionné précédemment.
Alors que le statut officiel des pourparlers restait incertain, des diplomates ont indiqué qu’une médiation était en cours en coulisses, tandis que les salves quotidiennes de frappes à travers la région se poursuivaient sans relâche.
Mercredi, Tsahal a annoncé que l’armée de l’air israélienne avait bombardé avec succès la seule installation iranienne dédiée au développement de sous-marins.
Ce site a été frappé mardi dans le cadre d’une série de frappes visant des installations de fabrication d’armes iraniennes dans la région d’Ispahan.
Selon Tsahal, le centre de recherche et développement militaire sous-marin d’Ispahan était le « seul site en Iran chargé de la planification et du développement de sous-marins et de systèmes auxiliaires pour la marine iranienne ».
« Le régime a produit divers modèles de navires sans pilote sur ce site », a déclaré l’armée.
L’armée de l’air a également bombardé plusieurs sites de production d’armes iraniens à Téhéran pendant la nuit, a indiqué Tsahal.
Selon l’armée, les installations visées étaient utilisées par l’Iran pour fabriquer diverses armes aériennes et navales, notamment celles destinées au groupe terroriste palestinien du Hamas, au Hezbollah et à d’autres proxys.
Des avions de l’armée de l’air israélienne ont également frappé des systèmes de défense aérienne iraniens au cours de cette vague de frappes, a ajouté Tsahal.
Par ailleurs, Tsahal a déclaré mercredi après-midi avoir mené à bien plusieurs vagues de frappes aériennes visant des infrastructures du régime iranien à Téhéran. L’armée a indiqué qu’elle fournirait plus de détails ultérieurement.
Depuis le début de la guerre contre la République islamique d’Iran, le 28 février, Israël a largué plus de 15 000 bombes sur l’ensemble du territoire iranien, soit plus de quatre fois le nombre utilisé lors de la guerre de douze jours en juin 2025, a déclaré le ministre de la Défense, Israel Katz.
Il a ajouté que lui-même et le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, avaient approuvé, lors d’une réunion d’évaluation mercredi matin, une nouvelle série de cibles à frapper en Iran et au Liban.
Alors que les combats se poursuivaient en Iran et au Liban, le gouvernement a également autorisé l’armée, mercredi, à mobiliser 400 000 réservistes pour soutenir l’effort de guerre.
L’armée a précisé que ce chiffre ne correspondait pas au nombre réel de réservistes que Tsahal allait mobiliser, mais qu’il s’agissait plutôt d’un « plafond permettant une certaine flexibilité… en fonction des besoins opérationnels ».
Le plafond précédent, approuvé en décembre, était de 280 000.
L’autorisation accordée à Tsahal de mobiliser des réservistes par le biais d’ordres de mobilisation d’urgence est soumise à l’approbation du gouvernement tous les quelques mois depuis le début de la guerre contre le Hamas, en octobre 2023.
En dehors des situations d’urgence, l’armée israélienne ne peut mobiliser les réservistes qu’après les avoir prévenus à l’avance et elle ne peut pas les mobiliser pour une période prolongée.
Ailleurs dans la région, l’Iran a tiré une salve de missiles « à guidage de précision » et des drones sur des bases accueillant des forces américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, a déclaré mercredi matin le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien.
Des drones ont notamment touché un réservoir de carburant à l’aéroport international du Koweït, provoquant une boule de feu. Les autorités jordaniennes ont signalé la chute d’éclats d’obus près de la capitale, Amman, et des alertes aériennes ont retenti à Bahreïn.
Israël a lancé une campagne contre le régime iranien aux côtés des États-Unis afin de réduire ses capacités militaires, d’éloigner les menaces qu’il représente, notamment ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, et de « créer les conditions » permettant au peuple iranien de renverser le régime, ont déclaré des responsables militaires et d’autres dirigeants israéliens.
Depuis le début de la guerre, le 28 février, quinze civils israéliens et étrangers ont été tués en Israël lors d’attaques de missiles balistiques iraniens, ainsi que quatre Palestiniennes en Cisjordanie.
Deux soldats de Tsahal ont été tués dans le sud du Liban lors d’une attaque du Hezbollah, une Israélienne a été tuée par une roquette du groupe terroriste chiite libanais et un civil israélien a été tué par erreur dans le nord lors d’un tir d’artillerie.
Plus de 400 missiles balistiques ont été lancés depuis l’Iran vers Israël depuis le début de la guerre, Tsahal faisant état d’un taux d’interception de 92 % des attaques visant des zones peuplées et des infrastructures clés.
Au total, huit missiles équipés d’ogives conventionnelles contenant des centaines de kilogrammes d’explosifs ont frappé des zones peuplées en Israël, causant d’importants dégâts dans six cas. On a également dénombré plus de 30 cas de missiles équipés d’ogives à bombes à sous-munitions ayant frappé des zones peuplées, avec plus de 150 sites d’impact distincts.
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