L’Iran en Syrie : Israël frustré par l’inaction de Washington
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L’Iran en Syrie : Israël frustré par l’inaction de Washington

Le fossé entre Jérusalem et Washington se creuse avant la réunion de Netanyahu-Trump ; "Nous sommes très inquiets", a déclaré un haut responsable de Jérusalem

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée d'Israël à Jérusalem avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu au musée d'Israël à Jérusalem avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il y a un grand fossé entre les discours de Washington et leurs actions », a déclaré mercredi un haut responsable israélien du front syrien cité par la Dixième chaîne.

« Il est pratique pour les Américains de nous laisser être leur mandataire contre l’Iran en Syrie », a ajouté le responsable. « Nous sommes très inquiets. »

Ces dernières années, Israël a averti à maintes reprises que l’Iran essayait de se renforcer militairement en Syrie et de fournir au Hezbollah des missiles de plus en plus précis, avec lesquels le groupe terroriste peut menacer l’Etat juif.

Le général de l’armée américaine Joseph Votel, commandant du Commandement central des États-Unis, témoigne lors d’une audience de la House Armed Services Committee au Capitole à Washington, DC, le 27 février 2018. (AFP/SAUL LOEB)

Le général Joseph Votel, chef du commandement central des Etats-Unis, a déclaré mardi que la mission américaine en Syrie devait vaincre l’organisation terroriste de l’Etat islamique, plutôt que d’agir contre l’Iran.

Lors de la réunion à la Maison Blanche la semaine prochaine, Netanyahu tentera de persuader Trump de prendre des mesures immédiates contre l’Iran en Syrie, de freiner sa propagation militaire et son influence diplomatique potentielle en cas d’accord futur mettant fin à la guerre civile sanglante du pays, selon la Dixième chaîne.

La frustration de Jérusalem à l’égard de la politique américaine en Syrie a été principalement exprimée à huis clos dans le cabinet de sécurité israélien, a ajouté le reportage télévisé, mais elle est devenue publique ces derniers jours.

« Laissez-moi être direct. Il faudrait une plus grande implication américaine pour s’assurer que l’Iran ne transforme pas la Syrie en un Etat fantoche », a déclaré la semaine dernière la ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines.

« Chaque jour où l’Iran renforce sa présence en Syrie, la guerre se rapproche. Il n’y a pas de vide. »

« Si les Etats-Unis choisissent de ne pas jouer un rôle majeur dans l’avenir de la Syrie, d’autres le feront – et croyez-moi, ce ne seront pas les représentants démocratiquement élus du peuple syrien », a ajouté Erdan dans son message, apparemment aussi dirigé vers l’administration Trump.

Gilad Erdan, le 31 décembre 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les responsables américains ont récemment parlé de la menace iranienne en Syrie, certains appelant l’administration Trump à agir.

Les sénateurs Lindsey Graham, un républicain de Caroline du Sud, et Chris Coons, un démocrate du Delaware, ont exhorté mardi Washington à développer une politique plus claire pour contrer l’influence de l’Iran dans la région, et à traiter avec la Russie son allié.

« Le désengagement des Etats-Unis de la Syrie fournirait à l’Iran l’opportunité de renforcer sa position en Syrie », a déclaré le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson en janvier dernier.

« Comme nous l’avons vu dans les guerres mandatées et les annonces publiques de l’Iran, l’Iran cherche à dominer au Moyen-Orient et à détruire notre allié, Israël », avait ajouté Tillerson. « En tant que nation déstabilisée et frontalière d’Israël, la Syrie présente une opportunité que l’Iran est trop désireuse d’exploiter ».

Mardi, le général américain Votel a dit à un comité de la Chambre, dans le cadre d’un rapport, que « même si nous continuons à affronter le fléau du terrorisme, les activités malveillantes de l’Iran dans la région menacent à long terme la stabilité dans cette partie du monde. »

Votel a déclaré que l’armée avait gagné des combats significatifs contre l’EI, ajoutant que l’Iran pourrait exploiter l’accent mis sur le groupe terroriste pour conclure des accords politiques, sécuritaires et financiers avec certains acteurs de la région.

Son rapport a indiqué que la République Islamique essayait d’établir un couloir, ou un « croissant chiite », à travers le Moyen-Orient, a rapporté Voice of America.

« Ce qu’Israël signale de différentes manières, c’est qu’il y a une réelle menace de sécurité ici. Il y a une inquiétude, et nous le comprenons certainement, a déclaré « un responsable américain intimement impliqué dans la politique de l’administration Trump en Syrie », à Channel 10.

« Cependant, jusqu’à ce que le combat de l’EI puisse être poursuivi, la capacité de répondre de manière convaincante et complète au défi que l’Iran pose est nécessairement quelque chose qui ne peut pas être traité aussi bien que nous le souhaiterions. Et nous l’avons clairement fait savoir. Il y a une hiérarchisation des menaces et des priorités », a déclaré le responsable.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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