L’Iran rejette la demande de Trump de réexaminer l’accord nucléaire
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L’Iran rejette la demande de Trump de réexaminer l’accord nucléaire

Les responsables du régime réitèrent leur refus de renégocier après que les Etats-Unis ont réclamé davantage d'inspections et la supervision du programme de missiles

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif assiste à une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats riverains de la mer Caspienne à Moscou le 5 décembre 2017. (Crédit : AFP / Kirill KUDRYAVTSEV)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif assiste à une réunion des ministres des Affaires étrangères des Etats riverains de la mer Caspienne à Moscou le 5 décembre 2017. (Crédit : AFP / Kirill KUDRYAVTSEV)

L’Iran a critiqué âprement les conditions émises par le président Donald Trump concernant le renouvellement d’un accord sur le nucléaire historique signé en 2015 entre la république islamique et les puissances mondiales, qualifiant les conditions de « sans valeur » et « d’inappropriées ».

« Les Etats-Unis ont depuis longtemps l’habitude des allégations sans fondement et celle de blâmer sans relâche l’Iran, et cette histoire va continuer au vu des demandes américaines excessives », a indiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Bahram Qassemi aux journalistes lundi à Téhéran.

« Nous ne devons pas prendre au sérieux des mots qui sont vains et sans valeur parce qu’ils sont continuellement répétés et je pense qu’ils ne donneront aucun résultat en faveur des Etats-Unis », a-t-il ajouté selon le site de l’agence semi-officielle d’information Fars.

Qassemi a également accusé les Etats-Unis de ne pas se conformer pleinement à l’accord et a déclaré qu’en résultat, l’Iran n’a pas été en mesure d’en « bénéficier entièrement », a ajouté l’agence.

Bahram Ghassemi, porte-parole de et chef de la la diplomatie iranienne, le 13 novembre 2017. (Crédit : Wikimédia CC BY 4.0)

Au mois de janvier, Trump a signé une dispense qui maintient en vie la convention. Il a néanmoins juré que c’était la dernière fois qu’il le faisait si les Etats-Unis et l’Europe ne la durcissaient pas.

« Aujourd’hui, je signe la dispense concernant l’application de certaines sanctions sur le nucléaire mais seulement pour consolider l’accord passé avec nos alliés européens de combler les terribles lacunes de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran », avait indiqué Trump dans un communiqué. « C’est la dernière chance ».

Son administration avait exprimé son inquiétude face à l’expiration prévue de certaines des clauses de l’accord en 2026 et avaient également déploré qu’il ne prenne pas en compte le programme de missiles iranien, les activités régionales ou les violations des droits de l’Homme de la république islamique.

A ce moment-là, Trump avait établi quatre conditions qui devaient, selon lui, être respectées sous peine de l’abrogation de l’accord de sa part, à savoir des inspections renforcées, la garantie que « l’Iran ne se rapprochera jamais de la possession d’une arme nucléaire » et la levée d’une date d’expiration de la convention. L’accord actuel expirera après une décennie.

Sa dernière condition était que les législateurs du capitole adoptent une loi qui incorpore unilatéralement le programme de missiles iranien dans l’accord.

Trump devrait signer la prochaine dispense le 12 mai.

Jeudi, un rapport établi par l’observatoire atomique des Nations unies a indiqué que si Téhéran respectait son engagement dans la convention sur le nucléaire, le pays cherchait à développer des capacités nucléaires maritimes.

Le document fait par l’Agence de l’énergie atomique (AIEA) – c’est le neuvième depuis que l’accord a été mis en vigueur au mois de janvier 2016 – a révélé que l’Iran se conformait bien aux plus importants paramètres de l’accord, quatre mois avant la date-butoir établie par Trump pour régler les « failles désastreuses » de la convention.

Toutefois, le rapport a également annoncé que l’Iran l’avait informé par courrier au mois de janvier d’une décision de « construire des propulsions nucléaires navales à l’avenir ».

Une volonté qui a suscité des inquiétudes dans le passé en raison de la possibilité que l’Iran utilise de l’uranium enrichi – interdit sous les termes de l’accord sur le nucléaire – dans cet objectif.

L’uranium, lorsqu’il est enrichi pour atteindre des niveaux de pureté élevés, peut être utilisé comme arme nucléaire. A des niveaux faibles, il peut être exploité dans des objectifs pacifiques tels que la production d’énergie – le but officiellement visé par l’Iran.

Tandis que les rapports rédigés par l’AIEA ont constamment montré l’adhésion de la République islamique aux règles stipulées dans l’accord depuis deux ans, l’avenir de cette convention obtenue avec difficulté entre l’Iran et les cinq membres permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, plus l’Allemagne, reste hautement incertain.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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