L’Iran va lancer un nouveau satellite et dévoile un missile balistique
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L’Iran va lancer un nouveau satellite et dévoile un missile balistique

Pesant 113 kilos et capable de réaliser 15 fois le tour de la Terre par jour, le Zafar doit être placé en orbite à 530 km d'altitude par le lanceur Simorgh

Cette photographie publiée par le site officiel du ministère iranien de la Défense le jeudi 27 juillet 2017 montre le lanceur Simorgh capable de transporter un satellite au centre spatial national Imam Khomeini dans un endroit tenu secret en Iran. (Ministère iranien de la Défense via AP)
Cette photographie publiée par le site officiel du ministère iranien de la Défense le jeudi 27 juillet 2017 montre le lanceur Simorgh capable de transporter un satellite au centre spatial national Imam Khomeini dans un endroit tenu secret en Iran. (Ministère iranien de la Défense via AP)

L’Iran lancera « dans les prochaines heures » un nouveau satellite d’observation scientifique, dans le cadre d’un programme spatial qu’elle dit « pacifique » mais qui a été qualifié de « provocation » par les Etats-Unis.

Ce lancement intervient dans un contexte de tensions accrues entre Téhéran et Washington depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en mai 2018 d’un accord sur le programme nucléaire iranien suivi du rétablissement de sanctions américaines draconiennes contre la République islamique.

Washington a également mis en garde par le passé contre le programme spatial iranien, qualifiant le tir par Téhéran d’une fusée chargée du lancement d’un satellite en janvier 2019 de violation d’une résolution des Nations unies visant à limiter le développement de ses capacités balistiques.

« Le compte à rebours a commencé pour le lancement de #Zafar_Satellite dans les prochaines heures », a écrit dimanche sur Twitter le ministre des Télécommunications Mohammad Javad Azari Jahromi, sans préciser quand le satellite devait être lancé.

Sur cette photo du 31 août 2019, le ministre iranien des Technologies de l’information et des communications, Mohammad Javad Azari Jahromi, regarde le satellite Nahid-1, construit à Téhéran, en Iran, au centre de recherche spatiale. (Crédit : Technologies de l’information et de la communication via AP)

Le chef de l’Agence spatiale nationale, Mortéza Bérari, avait indiqué le 1er février à l’AFP que la fabrication de Zafar avait « commencé il y a trois ans avec la participation de 80 scientifiques iraniens ».

Pesant 113 kilos et capable de réaliser 15 fois le tour de la Terre par jour, le Zafar doit être placé en orbite à 530 km d’altitude par le lanceur Simorgh, avait ajouté M. Bérari, précisant que le satellite avait été conçu pour être opérationnel « plus de 18 mois ».

Sa « mission principale » sera de « collecter des images », avait-il indiqué, en soulignant les besoins de l’Iran en la matière, notamment pour étudier et prévenir les séismes, « empêcher les catastrophes naturelles » et développer son agriculture.

« Il s’agit d’une nouvelle étape pour notre pays », avait encore dit M. Bérari, rappelant que, par le passé, l’Iran était déjà parvenu à placer un satellite sur orbite à 250 km de la Terre.

Alors que le programme de satellites de la République islamique inquiète les Occidentaux, M. Bérari avait affirmé que l’Iran militait pour « l’utilisation pacifique de l’espace ». « Toutes nos activités dans le domaine spatial sont transparentes ».

Dimanche, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du régime, ont en outre dévoilé un missile balistique de courte portée pouvant, selon eux, être propulsé par un réacteur « nouvelle génération » conçu pour placer des satellites en orbite.

« Les réalisations (…) dévoilées ce jour sont notre clé pour entrer dans l’espace », a déclaré le général Hossein Salami, chef des Gardiens, en dévoilant le missile et le nouveau réacteur, doté d’une « tuyère mobile » permettant une « maniabilité au-delà de l’atmosphère ».

En janvier 2019, Téhéran avait annoncé l’échec de la mise en orbite de son satellite Payam (« Message »), destiné selon les autorités à collecter des données environnementales.

Le tir de la fusée chargée du lancement du satellite avait été qualifié par Washington de « provocation » et de violation de la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

Cette résolution appelle l’Iran à « ne mener aucune activité liée aux missiles balistiques conçus pour pouvoir emporter des charges nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques ».

Affirmant n’avoir aucun projet de se doter de l’arme atomique, Téhéran assure que ses programmes balistiques et spatiaux sont licites et ne violent en rien la résolution onusienne.

Téhéran a confirmé en septembre qu’une explosion avait eu lieu sur une de ses rampes de lancement de satellites en raison d’un problème technique, et fustigé le président américain Donald Trump pour avoir « joyeusement » tweeté sur l’incident.

Cette image du compte Twitter du président américain Donald J. Trump montre ce qui semble être une photographie du renseignement américain sur les résultats de l’explosion au centre spatial Imam Khomeini dans la province iranienne de Semnan, le 29 août 2019. On peut voir les restes d’une fusée sur la rampe de lancement. La tentative de lancement du satellite a été critiquée par les Etats-Unis. (Twitter via AP)

Dimanche, répondant à un tweet demandant ce que ferait l’Iran en cas d’échec du lancement de Zafar, le ministre Jahromi a assuré : « Nous essaierons de nouveau ».

Le lancement prévu de Zafar survient deux jours avant le 41e anniversaire de la Révolution islamique, et près de deux semaines avant des législatives cruciales.

Il survient aussi après un pic de tensions entre Téhéran et Washington lié à la mort le 3 janvier du puissant général iranien Qassem Soleimani dans une frappe de drone américaine à Bagdad.

L’Iran a répondu le 8 janvier par des tirs de missiles balistiques sur deux bases abritant des soldats américains en Irak. Des dizaines d’entre eux ont été victimes de commotion cérébrale.

Les services internet de l’Iran ont subi ces deux derniers jours des cyberattaques, selon un responsable du ministère des Télécommunications, qui n’en a pas précisé l’origine.

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