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Les électeurs d’Ofra, en Cisjordanie, votent en faveur de la poursuite de l’expansion des implantations et pour empêcher HaDemocratim d’entrer au gouvernement

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des électeurs faisant la queue pour voter dans l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie, le 27 octobre 2026. (Crédit : Jeremy Sharon/Times of Israel)
Des électeurs faisant la queue pour voter dans l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie, le 27 octobre 2026. (Crédit : Jeremy Sharon/Times of Israel)

Les électeurs qui font la queue pour voter dans l’implantation d’Ofra, en Cisjordanie centrale, affirment qu’ils votent pour préserver le soutien du gouvernement à l’expansion massive des implantations observée ces quatre dernières années, et pour empêcher les partis arabes et le parti HaDemocratim de Yaïr Golan de former une coalition.

Amir Levy, qui vit depuis trente ans à Ofra, l’une des premières implantations de Cisjordanie, explique avoir voté pour le parti ultra-nationaliste HaTzionout HaDatit, dirigé par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, en raison des allègements fiscaux mis en place, du financement accru accordé aux académies religieuses pré-militaires et de la prolifération d’avant-postes agricoles dans les implantations. Ces avant-postes sont techniquement illégaux au regard de la loi israélienne, mais ont reçu le soutien des ministères et des agences gouvernementales.

« Je suis déçu par sa position sur l’enrôlement des Haredim, mais je pense qu’il a fait beaucoup plus de bien que ne le suggère cette seule question », ajoute-t-il, en référence au soutien apporté par Smotrich à une législation visant à rétablir les exemptions générales du service militaire pour les étudiants ultra-orthodoxes des yeshivot.

Levy estime que les enjeux de cette élection sont considérables, car selon lui, la gauche cherche désespérément à évincer le Premier ministre Benjamin Netanyahu du pouvoir et s’alliera aux partis arabes pour y parvenir, ce à quoi il s’oppose farouchement.

« Yaïr Golan sera dévastateur pour la droite, pour les implantations, pour les académies prémilitaires ; il séparera la religion et l’État », ajoute Levy.

« Si ce n’était que [le chef du parti Yashar, Gadi] Eisenkot, alors tant mieux, mais Eisenkot devra compter Yaïr Golan au sein du gouvernement. »

Naama, 25 ans, a grandi à Ofra, mais elle vit aujourd’hui dans l’implantation voisine de Kida. Elle a voté pour le parti de droite Amkha Yisrael d’Ofer Winter qui, selon de nombreux sondages, peinait à franchir le seuil électoral.

Naama explique qu’elle a soutenu Winter parce qu’il changerait la manière dont la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza est menée, parce qu’il considère « l’autre camp politique comme un adversaire et non comme un ennemi », et en raison de sa position exigeant l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée israélienne.

Elle précise que, lorsque les guerres qui ont suivi l’invasion et les massacres perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023 ont éclaté, son mari effectuait encore son service militaire obligatoire, puis a accompli plus de 150 jours de service de réserve.

« C’est dommage : il part volontiers en service de réserve, mais nous voulons l’égalité en matière de service militaire pour tout le monde », dit-elle, ajoutant que cela devrait inclure non seulement les ultra-orthodoxes, mais aussi « les Arabes, les gauchistes et tout le monde », et soulignant que l’accomplissement d’un service national à la place du service militaire serait également acceptable.

Les efforts du gouvernement sortant pour rétablir les exemptions du service militaire pour les hommes haredim ont porté préjudice au parti HaTzionout HaDatit sur le plan politique, car cette communauté est surreprésentée dans la réserve, alors que très peu d’hommes ultra-orthodoxes s’y engagent.

Interrogée sur les enjeux de l’élection, Naama dit craindre que « les extrêmes » entrent au gouvernement, citant spécifiquement Yaïr Golan, et exprime également son opposition à l’idée d’un État palestinien.

« Chaque fois que des concessions sont faites dans le cadre d’accords diplomatiques, la situation en matière de sécurité empire ; il semble donc un peu stupide de s’obstiner dans cette voie. »

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