Israël en guerre - Jour 192

Rechercher

L’OMS a transféré 32 patients de l’hôpital Nasser de Khan Younès

L'agence de l'ONU dit qu’il reste 130 malades et blessés et au moins 15 médecins et infirmières dans l'hôpital où Israël a trouvé des médicaments destinés aux otages du Hamas

Capture d'écran d'une vidéo d'une mission de l'OMS visant à évacuer des patients de l'hôpital Nasser dans la bande de Gaza, le 19 février 2024. (Crédit : X ; utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Capture d'écran d'une vidéo d'une mission de l'OMS visant à évacuer des patients de l'hôpital Nasser dans la bande de Gaza, le 19 février 2024. (Crédit : X ; utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi avoir transféré 32 patients hors de l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, vers d’autres établissements dans ce territoire.

Les troupes israéliennes sont entrées dans l’hôpital Nasser jeudi, déclarant qu’elles disposaient de « renseignements crédibles » indiquant que des otages enlevés par des terroristes palestiniens lors de l’assaut meurtrier du Hamas le 7 octobre y étaient détenus, ainsi que les dépouilles de certains d’entre eux. Tsahal avait assuré qu’elle faisait le nécessaire pour que l’hôpital puisse continuer à fonctionner et a depuis indiqué qu’elle s’employait à réparer les coupures d’électricité.

Après avoir essuyé deux refus d’accès, le personnel de l’OMS a pu remplir deux missions dimanche et lundi et transférer 32 patients en état critique dont deux enfants, du complexe médical Nasser.

Ils ont également apporté un faible stock de médicaments essentiels et de nourriture aux patients et au personnel.

Les patients ont été transférés vers d’autres établissements et hôpitaux de campagne dans la bande de Gaza, a précisé l’OMS dans son communiqué.

« Le démantèlement et la dégradation du complexe médical Nasser constituent un coup dur porté au système de santé » de la bande de Gaza, a ajouté l’OMS soulignant qu’il « n’y a ni électricité, ni eau courante et les déchets médicaux et les ordures créent un terrain propice aux maladies ».

 

L’OMS a qualifié « d’indescriptibles » les conditions sur place.

L’unité de soins intensifs ne fonctionne plus et le personnel de l’OMS a transféré le seul patient restant en soins intensifs dans une autre partie du complexe.

Dans son communiqué, l’OMS a indique craindre « pour la sécurité et le bien-être des patients et des agents de santé toujours à l’hôpital et prévient qu’une nouvelle interruption des soins vitaux pour les malades et les blessés entraînerait davantage de morts ».

Des médicaments destinés aux otages trouvés à l’hôpital Nasser, dans le sud de Gaza à Khan Younès, dans une image handout publiée par Tsahal le 18 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Tsahal a indiqué qu’elle avait arrêté environ 200 suspects à l’hôpital et qu’elle y avait trouvé des médicaments destinés aux otages, mais qui ne leur ont jamais été livrés, ainsi que des véhicules volés en Israël le 7 octobre. Israël a ajouté que certains des terroristes détenus à l’hôpital étaient vêtus de l’uniforme du personnel de l’hôpital, et que des otages libérés ont indiqué qu’ils avaient été détenus à l’hôpital et que les corps de certains otages pourraient encore s’y trouver.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages, dont 130 sont toujours en captivité.

Les informations fournies par les deux parties sur la situation à l’hôpital Nasser de Khan Younès, la deuxième ville de Gaza, sont contradictoires. Israël a réfuté les allégations du porte-parole du ministère de Gaza qui affirmait que le directeur de l’hôpital avait été arrêté par les forces israéliennes.

Israël concentre depuis des semaines ses opérations militaires à Khan Younès.

L’hôpital Nasser est le dernier établissement de santé à être devenu un théâtre de guerre dans ce conflit qui dure depuis près de cinq mois. Israël a fourni des preuves que le Hamas, le groupe terroriste islamiste qui dirige Gaza depuis 2007, utilise les hôpitaux pour couvrir ses activités terroristes, rendant ainsi les sites hospitaliers des cibles légitimes. Le Hamas nie opérer à partir des hôpitaux et affirme que les allégations d’Israël servent de prétexte pour détruire le système de santé.

Les troupes de l’armée israélienne opérant à l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de Gaza, sur une image publiée le 18 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Ashraf Al-Qidra, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, a déclaré lundi à Reuters que les forces israéliennes avaient arrêté 70 membres du personnel et bénévoles de l’hôpital, dont son directeur, le Dr Nahed Abu Taeema.

Un porte-parole de l’armée israélienne a démenti l’arrestation d’Abu Taeema, mais, a l’heure de publication de cet article, n’a pas commenté les 70 autres arrestations.

« Les troupes de Tsahal ont mené des activités contre les infrastructures terroristes et les terroristes opérant de l’hôpital Nasser », a indiqué le porte-parole.

« Tsahal a par ailleurs agi en coordination avec le directeur de l’hôpital et l’équipe médicale afin de permettre à l’hôpital de continuer à fonctionner. Les troupes ont également entamé un dialogue avec le directeur il y a quelques jours ».

Reuters a tenté de contacter Abu Taeema en utilisant un numéro de téléphone qui fonctionnait par le passé. Le numéro a sonné plusieurs fois, puis a été coupé.

Le communiqué de l’OMS mardi sur le transfert des patients de l’hôpital ne faisait aucune mention de personnel détenu par l’armée israélienne.

Lors d’un briefing en ligne suite aux déclarations de l’OMS, le colonel israélien Moshe Tetro, qui coordonne les opérations humanitaires dans l’hôpital Nasser, a réfuté les propos de l’OMS sur la panne électrique dans les unités de soins intensifs qui aurait provoqué des décès.

« Aucun Palestinien n’est mort dans les unités de soins intensifs à cause de l’opération de l’armée israélienne », a-t-il dit.

Le COGAT, l’organe de liaison du ministère israélien de la Défense chargé de coordonner les livraisons d’aide à Gaza, a indiqué lundi sur le réseau social X qu’à tout moment, pendant les opérations de l’armée, l’hôpital Nasser était resté opérationnel.

Des armes trouvées par les troupes de l’armée israélienne fouillant l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

« Nous avons facilité l’acheminement de l’aide humanitaire et des fournitures à l’hôpital et coordonné une équipe de l’@UN pour évacuer les patients », a déclaré le COGAT.

L’agence a décrit les actions de l’armée israélienne comme « des opérations précises contre l’organisation terroriste du Hamas à l’hôpital Nasser, avec pour objectif principal de s’assurer que l’hôpital Nasser puisse continuer à fonctionner ».

Elle a dressé une liste d’articles qui auraient été livrés à l’hôpital avec son aide, sans toutefois préciser quand les livraisons avaient eu lieu. Il s’agit notamment d’un camion-citerne transportant 24 500 litres de carburant diesel, de vivres et d’eau potable, d’un générateur de remplacement et de médicaments donnés par l’OMS.

Les autorités sanitaires locales et l’ONU avaient précédemment fait savoir que l’hôpital n’était plus en mesure de fonctionner en raison des combats dans son enceinte, de la pénurie de carburant et du manque de fournitures essentielles.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.