Lucy Aharish poursuit un activiste radical du Likud pour harcèlement raciste
La journaliste accuse Rami Ben-Yehuda de l'avoir insultée, de s’être introduit sans autorisation dans son immeuble, et d'avoir publié en ligne des propos diffamatoires la présentant comme une terroriste

La journaliste arabe israélienne Lucy Aharish et son compagnon, l’acteur Tsahi Halevi, ont intenté dimanche une action en justice contre Rami Ben-Yehuda devant le tribunal de Tel Aviv.
Ils réclament 2,6 millions de shekels à ce dernier pour avoir mené une campagne de harcèlement raciste et violent à leur encontre.
Aharish, présentatrice vedette de la Treizième chaîne, et Halevi, star de la série « Fauda », réclament une indemnisation pour diffamation, atteinte grave à la vie privée, violation de domicile et violation de la liberté de circulation, entre autres.
Le mois dernier, plusieurs manifestations ont eu lieu devant le domicile d’Aharish à Tel Aviv, au cours desquelles des activistes radicaux, dont Ben-Yehuda, lui ont crié à l’aide d’un mégaphone, des phrases telles que « Inshallah, tu vas avoir une crise cardiaque » et « Bibi est le roi », en utilisant le surnom du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
La plainte précise que, le 21 février, Ben-Yehuda et un autre activiste de droite, Mordechaï David, sont entrés dans l’immeuble du couple alors que leur fils se trouvait sur place et ont commencé à les insulter. Ils ont tous deux été placés en garde à vue par la police pour violation de domicile et trouble à l’ordre public.
David et Ben-Yehuda ont ensuite été interdits d’approcher le domicile d’Aharish ou de la contacter pendant quatorze jours.
Selon Israel Hayom, d’autres infractions ont été commises, notamment la publication d’une photo retouchée d’Aharish sur fond de drapeau iranien, où elle est qualifiée de « terroriste » et où elle est représentée portant un hijab. Ben-Yehuda a également traité Halevi de « traître », affirmant qu’il avait « vendu son âme à la Palestine ».
Partageant sur le réseau social X l’article d’Israel Hayom concernant le procès qu’elle a intenté, Aharish a écrit : « Les prochains [procès] sont en cours. »
Selon la plainte, Aharish a été contrainte d’être placée sous protection à son lieu de travail en raison du harcèlement dont elle a été victime, et a dû annuler une conférence prévue à l’université de Stanford.
La colère contre Aharish a été déclenchée par une déclaration qu’elle a faite au début du mois sur la Treizième chaîne, dans laquelle elle soulignait la « colère légitime » des Arabes israéliens face à l’inaction perçue du gouvernement face à la vague de criminalité ayant coûté la vie à des centaines de personnes au sein de la communauté ces dernières années.
Elle avait déclaré que les citoyens arabes « se rendraient en masse aux urnes » lors des prochaines élections afin de changer de gouvernement, ajoutant le mot arabe « Inshallah », qui signifie « si Dieu le veut ».
Le mois dernier, Aharish avait déclaré que ces activistes étaient les « sbires » de Netanyahu, et avait averti, dans une allocution diffusée sur la Treizième chaîne, que « le sang serait sur les mains de ceux qui se sont tus » si quelque chose lui arrivait, à elle, à sa famille ou à d’autres journalistes.
Son partenaire, Halevi, qui a servi pendant des centaines de jours au cours des deux dernières années, a combattu dans les communautés frontalières lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023. Il est largement reconnu pour avoir sauvé la vie de dizaines de personnes.
En raison de sa position très en vue, Aharish a reçu de multiples appels à l’aide de la part de personnes piégées lors de l’assaut barbare et sanglant. Elle aurait aidé à diriger les forces pour les atteindre et les secourir.
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Face au tollé suscité par cette affaire, des journalistes ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour rappeler les actions d’Aharish et de Halevi le 7-Octobre.
Aharish, une Arabe musulmane dont les parents sont originaires de Nazareth mais qui a fait ses études dans des institutions juives, avait allumé un flambeau lors de la cérémonie de Yom HaAtsmaout en 2015.







