L’UE approuve un test israélien sur la récidive du cancer de la vessie
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L’UE approuve un test israélien sur la récidive du cancer de la vessie

L'analyse d'urine de Nucleix étudie les changements d'ADN des cellules qui pourraient signaler une récidive du cinquième cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans l'UE

Le kit de diagnostic Bladder EpiCheck développé par Nucleix Ltd. (Autorisation)
Le kit de diagnostic Bladder EpiCheck développé par Nucleix Ltd. (Autorisation)

La start-up israélienne Nucleix Ltd, une société de dépistage du cancer, a mis au point un test urinaire qui, selon elle, permet de détecter avec une grande précision la récidive du cancer de la vessie chez les patients.

Le kit de diagnostic de l’entreprise analyse l’urine du patient pour déceler les changements dans l’ADN des cellules qui pourraient révéler la récidive d’un cancer. « Notre test est un test de biopsie liquide non invasif, très précis et économique », a déclaré le Dr Opher Shapira, PDG de Nucleix, lors d’un entretien téléphonique.

Une étude européenne a comparé le test Bladder EpiCheck de la société aux procédures actuellement utilisées pour vérifier la récidive du cancer de la vessie, et a constaté que dans 99,3 % des cas où les résultats du test étaient négatifs, les patients étaient effectivement exempts de cancer de haut grade.

Les cellules cancéreuses de haut grade ont tendance à croître et à se propager plus rapidement que celles de bas grade, et ont généralement un pronostic plus grave et ont besoin d’un traitement plus agressif.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue European Urology Oncology. L’étude clinique aléatoire, croisée et à double aveugle a été réalisée dans cinq grands centres d’urologie en Europe sur 440 patients recrutés au cours de leur première année de suivi.

« Les résultats du test signifient que les médecins qui prescrivent notre test d’urine pour les patients et qui obtiennent un résultat sans cancer de la part du laboratoire peuvent être assurés que leurs patients n’ont pas de tumeurs de haut grade », a déclaré Shapira.

Dr Opher Shapira, PDG de Nucleix Ltd, qui a mis au point un kit de diagnostic du cancer de la vessie (Autorisation).

Les résultats de l’étude donnent à l’entreprise « l’autorisation entière » de commercialiser son produit sur le marché européen, a-t-il précisé. Le test d’urine a obtenu le label CE européen l’année dernière et a été présenté par la société à l’Association Européenne d’Urologie à Copenhague en mars dernier. Jusqu’à présent, le produit a été vendu à des hôpitaux et des laboratoires privés en Italie, en Espagne et en République tchèque. Le test a également reçu le feu vert des régulateurs israéliens et Nucleix a commencé à commercialiser le produit en Israël, a ajouté M. Shapira.

Le cancer de la vessie, qui figure au cinquième rang des cancers les plus fréquemment diagnostiqués dans l’UE, présente un taux de récidive élevé – environ 70 % – nécessitant des suivis fréquents. La procédure de suivi standard comprend une cystoscopie, une procédure dans laquelle un tube avec une caméra est inséré à travers l’ouverture de l’urètre dans la vessie pour inspecter visuellement la présence d’un cancer. Cette procédure est couplée à une analyse d’urine pour inspecter les cellules cancéreuses et, si nécessaire, une biopsie de la zone suspecte.

Le cancer de la vessie est l’un des cancers les plus coûteux à traiter par patient en raison du taux de récidive élevé, qui coûte à l’UE environ 5 milliards d’euros par an.

« Avec le cancer de la vessie, le problème n’est pas la détection précoce, explique Shapira, puisqu’il y a habituellement des signes comme du sang dans les urines. Le principal problème est la surveillance de la récidive du cancer, car il s’agit d’une maladie très récurrente. Les procédures standard de surveillance causent des malaises répétés chez les patients et sont très coûteuses pour le système de santé ».

Image d’un patient atteint de cancer et sa perfusion goutte à goutte. (CIPhotos, iStock par Getty Images)

La société a déjà commencé un essai clinique aux États-Unis pour obtenir l’approbation de la FDA [Food and Drug Administration] pour la commercialisation du produit aux États-Unis, a-t-il ajouté.

La technologie a été mise au point par les fondateurs de Nucleix, Adam Wasserstrom et Danny Frumkin, tous deux titulaires d’un doctorat en génétique de l’Institut Weizmann des Sciences (Weizmann Institute of Science).

L’entreprise de Rehovot travaille actuellement aux dernières étapes de la mise au point d’un test sanguin pour la détection précoce du cancer du poumon, en utilisant le même système de dépistage génétique.

« Le cancer du poumon est un cancer mortel qui est presque toujours détecté trop tard. Des outils non invasifs de détection précoce sont indispensables dans ce domaine », a déclaré M. Shapira.

La société espère commencer bientôt des essais cliniques à grande échelle du produit en Europe, aux États-Unis et en Chine.

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