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Lyon inaugure son premier mémorial pour les victimes de la Shoah

Le mémorial, un mur, rend hommage et porte les noms des 6 084 déportés de la Shoah de la région Auvergne Rhône-Alpes

Le cimetière juif de Lyon. (Crédit : Wikimedia Commons)
Le cimetière juif de Lyon. (Crédit : Wikimedia Commons)

Un mémorial à la mémoire des Juifs d’Auvergne Rhône-Alpes victimes du nazisme a été inauguré ce dimanche 18 septembre au cimetière de la Mouche, le cimetière juif de Lyon, dans le 7e arrondissement de la ville.

La cérémonie s’est tenue en présence de plus de 300 personnes, a rapporté le journal Le Progrès. Des bougies ont été allumés et le Kaddish a été récité.

L’évènement était organisé à l’occasion de la journée de la mémoire des victimes de la barbarie nazie.

Le mémorial, un mur, rend hommage et porte les noms des 6 084 déportés de la Shoah de la région Auvergne Rhône-Alpes. Si nombre d’entre eux sont morts dans les camps, certains en sont revenus.

Façonné par l’architecte Benjamin Krief, divisé en quatre plaques, l’édifice porte également les âges, lieux de naissance, dernières adresses connues et numéros de convois des déportés.

L’idée de ce mémorial était née il y a plus de 30 ans.

L’historien Serge Klarsfeld, président de l’association Fils et filles de déportés juifs de France, a expliqué que, depuis le procès de Klaus Barbie, si d’autres projets ont été réalisés, celui-ci avait demandé plus de temps.

« Avec le délégué régional Jean Lévy, nous avions envisagé ce mémorial dès 1987, mais nous avions poursuivi ce projet sans succès jusqu’à ce qu’Alain Sebban et son conservatoire juif régional prennent l’initiative de nous soutenir », a-t-il déclaré.

« Ce mémorial me plaît beaucoup, notamment parce qu’il y a une lecture historique de chaque victime », a-t-il dit, a rapporté France 3 Régions. « Il y a des renseignements sur chaque personne, son lieu de naissance, son âge, le lieu où il a été arrêté, et cela change un peu d’autres mémoriaux sur lesquels les victimes sont plus ou moins anonymes car on inscrit leur nom et leur prénom parfois leur âge mais il n’y a pas de lecture véritablement historique. »

« Avec juste le nom, le prénom et l’âge, on n’est pas tout à fait en présence d’une personne. Là, il y a un cadre, on sait quel est le parcours de la personne et le mémorial devient vivant. C’est une façon de faire échapper les victimes à l’oubli », a-t-il ajouté. « C’est un travail d’une cinquantaine d’années, un travail qui permet de pouvoir faire des mémoriaux sur n’importe quelle région de France. Nous devions ce mémorial à nos disparus mis à mort dans des abattoirs au centre de l’Europe et sans sépulture autre que notre fragile mémoire, puisque nous disparaîtrons à notre tour. »

Jusqu’alors, les Juifs de la région morts dans la Shoah n’avaient pas de tombe ni de sépulture.

« On est la seule grande ville de France qui n’avait pas de mémorial pour les Juifs assassinés pendant la guerre », a expliqué Alain Sebban, président du Consistoire juif de la région. « Mourir et ne pas avoir de tombe, pour les parents, la famille, les amis qui ne peuvent pas se recueillir, c’est quelque chose de terrible. »

Daniel Dahan, grand rabbin régional, a lui tenu à rappeler qu’« oublier ces martyrs et les conditions de leur extermination serait les tuer une seconde fois ».

Un autre mémorial doit être prochainement érigé dans le centre-ville de Lyon, place Carnot, à la mémoire de l’ensemble des victimes de la Shoah.

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