Mairie de Jérusalem : Aryeh Deri dément avoir dit que Berkovitch était le diable
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Mairie de Jérusalem : Aryeh Deri dément avoir dit que Berkovitch était le diable

Le chef du Shas affirme que ses propos sur Ofer Berkovitch ont été mal compris et qu'il faisait simplement référence aux divisions dans la communauté religieuse

Le ministre de l'Intérieur, Aryeh Deri, assiste à une cérémonie de prestation de serment pour le Conseil rabbinique à la résidence du Président à Jérusalem, le 24 octobre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Intérieur, Aryeh Deri, assiste à une cérémonie de prestation de serment pour le Conseil rabbinique à la résidence du Président à Jérusalem, le 24 octobre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri s’est excusé dimanche auprès du candidat laïc au poste de maire de Jérusalem, Ofer Berkovitch, pour avoir semblé le comparer au diable, affirmant que ses propos avaient été mal interprétés.

Les habitants de Jérusalem votent mardi pour le deuxième tour de scrutin entre Berkovitch et son rival Moshe Lion pour le poste de maire. M. Lion a de grandes chances de gagner si la communauté ultra-orthodoxe de Jérusalem se déplace en grand nombre pour lui apporter son soutien.

« Le ministre Deri n’a pas dit que Berkovitch était le diable, en fait c’est le contraire », dit un communiqué du cabinet du ministre ultra-orthodoxe, notant que Deri « ne le connaît pas personnellement mais a une bonne opinion de lui ».

Deri a déclenché un tollé quand, dans une vidéo, il a semblé comparer Berkovitch au diable et a dit qu’il allait « désacraliser » la ville.

« Le diable a émis un tzav 8 et a enrôlé tous ses soldats à ma grande tristesse », a déclaré Deri dans la vidéo diffusée samedi soir, faisant référence à l’ordre de mobilisation d’urgence de l’armée. « Le diable enrôle tout le monde. »

« Tous les grands rabbins d’Israël le soutiennent contre un candidat non religieux qui veut littéralement continuer à transformer Jérusalem et à faire de notre ville sainte une ville comme n’importe quelle autre ville », a dit Deri à propos de Lion.

Le communiqué subséquent de son bureau a précisé que Deri signifiait qu’il y avait des divisions et des disputes entre les factions ultra-orthodoxes à Jérusalem et que le diable s’était introduit pour provoquer cette division qui, craignait-il, allait probablement faire perdre M. Lion, le candidat religieux soutenu par le Shas, au deuxième tour, mardi prochain, pour la mairie.

« Le ministre Deri présente ses excuses à Ofer Berkovitch s’il a été mal compris », peut-on lire dans le communiqué.

Ofer Berkovitch, candidat à la mairie de Jérusalem et chef du mouvement Hitorerut (Eveil), lors de l’ouverture de sa campagne électorale à Jérusalem le 2 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’équipe de Berkovitch a déclaré au site d’information Ynet que la sécurité avait été renforcée autour de son candidat à la suite de menaces croissantes.

« Les propos du ministre Deri sont graves et constituent le franchissement d’une ligne rouge, qui s’ajoute à toute une série d’incidents et d’appels à la haine contre Berkovitch », a déclaré un représentant de la campagne. « Nous sommes attristés que ceux qui tentent de diviser le fassent avec des déclarations qui mènent à la violence. »

Toujours en réponse aux propos de Deri, Berkovitch a laissé entendre qu’il y avait peut-être eu irrégularité électorale, disant à la radio militaire que son équipe pourrait prendre des mesures au vu de la conduite de Deri aux élections locales.

« Nous avons entendu parler de certaines de ces tentatives étranges destinées à influencer les résultats et nous envisageons des mesures juridiques », a déclaré Berkovitch.

Le site d’information Ynet a également rapporté dimanche que l’équipe de campagne de Berkovitch a demandé au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au procureur général Avichai Mandelblit de transférer les pouvoirs de surveillance de Deri lors des élections à Jérusalem en raison de l’implication étroite de sa famille politique dans la campagne de M. Lion.

M. Lion bénéficie du soutien du ministre de la Défense Avigdor Liberman, de la faction ultra-orthodoxe Shas et d’une partie de YaHadout HaTorah, ce qui suscite des craintes quant au fait de se livrer en coulisses à une manipulation politique et à un trafic d’influence au niveau national pour lui assurer cette fonction.

La faction de Berkovitch déclare que le Premier ministre devrait transférer l’autorité de Deri en tant que ministre de l’Intérieur à un autre ministre afin d’éviter toute présomption de conflit d’intérêts.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à gauche) s’entretient avec Moshe Lion lors d’une réunion spéciale du cabinet pour la journée de Jérusalem organisée à la source Ein Lavan à Jérusalem le 2 juin 2016. (Marc Israel Sellem/POOL)

Aner Hefetz, un avocat qui représente Berkovitch, a déclaré à Ynet que « Deri est également président du parti Shas, qui soutient clairement Lion à la mairie. Lors du premier tour de scrutin, il y a eu des moments où les bureaux de vote étaient très bondés, et avec la concentration du vote sur un nombre limité d’heures, il pourrait y avoir beaucoup de pression qui pourrait amener les électeurs à quitter les bureaux sans voter. »

Berkovitch est le fer de lance du courant laïciste de la ville avec son parti Hitorerut et, malgré des années de campagne au conseil municipal de Jérusalem, il a fait campagne en tant qu’outsider sans être entaché par des manœuvres politiques.

Les habitants de Jérusalem se rendront aux urnes mardi de 13 heures à 22 heures pour le deuxième tour de scrutin afin de désigner leur prochain maire.

Marissa Newman a contribué à cet article.

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