Malgré des tensions, le Jour de la Nakba s’est passé sans incident majeur
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Malgré des tensions, le Jour de la Nakba s’est passé sans incident majeur

Dix-mille Palestiniens ont manifesté le long de la frontière entre Gaza et Israël

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

  • An Israeli soldier fires a tear gas canister at rioters east of the Gaza city of Rafah in the southern Strip during Nakba Day protests on May 15, 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
    An Israeli soldier fires a tear gas canister at rioters east of the Gaza city of Rafah in the southern Strip during Nakba Day protests on May 15, 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
  • Des manifestants palestiniens participent à des émeutes le long de la barrière de sécurité à l'est de Gaza Ville alors que de la fumée s'envole dans le ciel. L'incendie a été provoqués par un engin incendiaire attaché à un cerf volant et lancé de l'autre côté de la frontière vers Israël depuis la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (MAHMUD HAMS / AFP)
    Des manifestants palestiniens participent à des émeutes le long de la barrière de sécurité à l'est de Gaza Ville alors que de la fumée s'envole dans le ciel. L'incendie a été provoqués par un engin incendiaire attaché à un cerf volant et lancé de l'autre côté de la frontière vers Israël depuis la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (MAHMUD HAMS / AFP)
  • Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
    Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
  • Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
    Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
  • Un émeutier palestinien utilise une fronde pour lancer une pierre sur les soldats israéliens lors des manifestations de la Journée de la Nakba à l'est de Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (Thomas COEX / AFP)
    Un émeutier palestinien utilise une fronde pour lancer une pierre sur les soldats israéliens lors des manifestations de la Journée de la Nakba à l'est de Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (Thomas COEX / AFP)
  • Des émeutiers palestiniens renvoient des grenades de gaz lacrymogène lors d'affrontements avec les forces israéliens lors des manifestations du Jour de la Nakba, à l'est de Bureji dans le centre de la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (Thomas COEX / AFP)
    Des émeutiers palestiniens renvoient des grenades de gaz lacrymogène lors d'affrontements avec les forces israéliens lors des manifestations du Jour de la Nakba, à l'est de Bureji dans le centre de la bande de Gaza, le 15 mai 2019. (Thomas COEX / AFP)
  • Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)
    Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

FRONTIERE DE GAZA — Mercredi, environ 10 000 Palestiniens ont manifesté le long de la barrière de sécurité entourant la bande de Gaza. Les émeutiers ont brûlé des pneus, lancé des pierres, déclenché des explosifs et lancé des ballons équipés d’engins incendiaires vers le sud d’Israël, déclenchant neuf incendies.

Israël a riposté à l’aide de plusieurs outils de dispersion d’émeutes. Selon le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas, environ 65 Palestiniens ont été blessés le long de la frontière au cours de la journée. L’un d’eux serait dans un état grave.

Même s’il s’agit de chiffres importants, ils indiquent que la Journée de la Nakba a été sensiblement plus calme que les manifestations de l’année précédente le long de la frontière, quand 62 Palestiniens avaient été tués. Par la suite, 53 d’entre eux avaient été identifiés comme des membres de groupes terroristes, dont huit qui ont trouvé la mort lors de combats armés avec Tsahal.

Les manifestations de 2018, qui avaient eu lieu la veille de la Journée de la Nakba pour coïncider avec l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, avaient vu des niveaux de violence bien plus élevés et plus de quatre fois plus de participants.

Les manifestations de mercredi le long de la bande de Gaza ont commencé autour de midi et ont atteint un pique trois heures plus tard. A 16 heures, l’armée israélienne a fait savoir que ses soldats avaient remarqué que des Palestiniens avaient commencé à quitter la zone de la frontière – beaucoup plus tôt que prévu – et qu’à 19h30, les manifestations étaient entièrement terminées.

Le long de la frontière, l’air était saturé de gaz lacrymogène tout au long de l’après-midi, alors que le vent renvoyait le gaz utilisé par Tsahal en direction d’Israël, forçant les soldats qui le lançaient à porter des masques et d’autres équipements pour s’en protéger.

Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

En plus du gaz lacrymogène, le vent de la côte a également transporté des ballons chargés d’engins incendiaires vers le sud d’Israël, déclenchant au moins neuf incendies sur des terres agricoles et des zones boisées à proximité de la frontière de Gaza. Certains ont provoqué d’immenses volumes de fumée, visibles à des kilomètres à la ronde.

Tout au long de l’après-midi, des officiers de l’armée à la frontière ont exprimé un optimisme prudent et envisagé que la journée pourrait se dérouler sans incidents majeurs – aucun tir sur les soldats israéliens, et un nombre limité de victimes palestiniennes.

Dans cet objectif, l’armée israélienne a imposé des règles d’engagement du combat plus strictes que d’habitude, en demandant aux soldats qu’ils obtiennent la permission de plusieurs officiers avant qu’il ne puissent tirer à balles réelles.

Côté palestinien, le groupe terroriste du Hamas a déployé des officiers de sécurité le long de la frontière pour empêcher les manifestants de s’approcher de trop près de la barrière de sécurité. De ce fait, certains des 65 Palestiniens blessés l’ont été par les forces du Hamas.

Des soldats israéliens montent la garde le long de la frontière est de la ville de Rafah dans le sud de la bande de Gaza lors des manifestations du Jour de Nakba, le 15 mai 2019. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Tsahal s’attendait à une journée relativement calme, ayant déclaré plus tôt ce mois qu’il pensait que l’accord de cessez-le-feu non officiel entre Jérusalem et des groupes terroristes de la bande de Gaza allait tenir au moins cette semaine, même si une trêve à long terme nécessiterait des changements politiques plus importants de la part du gouvernement.

Les manifestations de mercredi commémoraient le 71e anniversaire de ce que le monde arabe appelle la « Nakba » ou « catastrophe », en référence au déplacement et à la dépossession dont les Palestiniens ont fait l’expérience pendant la Guerre d’Indépendance de l’Etat juif en 1948-1949.

Les manifestations de cette année sont intervenues 10 jours après une flambée de violences entre Israël et les groupes terroristes du Hamas et du Jihad islamique dans la bande de Gaza, au cours desquels des terroristes ont tiré près de 700 roquettes, obus de mortiers et missiles guidés anti-tank sur le sud et le centre d’Israël, tuant 4 personnes. Tsahal a riposté, en frappant plus des 300 cibles du Hamas et du Jihad islamique, y compris plusieurs équipes de lanceurs de roquettes. 25 Palestiniens ont été tués dans les combats, la plupart desquels étaient des membres des groupes terroristes.

Après deux jours de combat, l’Egypte, le Qatar et les Nations unies ont négocié un accord de cessez-le-feu – un accord qu’Israël n’a pas officiellement reconnu, mais qu’il a respecté – selon lequel Jérusalem acceptait un certain nombre de concessions économiques et humanitaires en échange du calme dans la bande de Gaza.

Un fermier israélien éteint les flammes dans un champ en train de brûler à proximité du kibboutz Beeri qui a été causé par un engin incendiaire attaché à un cerf-volant et lancé vers Israël depuis la bande de Gaza le 15 mai 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Depuis le 30 mars 2018, des Gazaouis participent à des manifestations régulières le long de la frontière, demandant qu’Israël lève les restrictions sur le mouvement des personnes et de biens pour entrer et sortir de l’enclave côtière, appelant au retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants sur des terres qui font maintenant partie de l’Etat juif. Les manifestations ont inclus de nombreux actes de violence contre l’armée israélienne et ont conduit à la mort d’au moins 200 Palestiniens.

Des officiels israéliens maintiennent que les restrictions du mouvement sont en place pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de faire entrer des armes dans la bande de Gaza. Ils ont aussi dit que le retour des réfugiés palestiniens et de leurs descendants allait détruire le caractère juif d’Israël.

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