Malgré les plaintes sur les frais élevés, le patron de Bank Hapoalim se plaint
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Malgré les plaintes sur les frais élevés, le patron de Bank Hapoalim se plaint

Arik Pinto a nié que les 745 millions de dollars de bénéfices de sa banque sur 2017 provenaient des frais élevés payés par les clients

Le directeur général de la Banque Hapoalim, Arik Pinto, s’adresse à Keren Marciano sur la chaine Hadashot, le 26 mars 2018 (Capture d'écran : Hadashot)
Le directeur général de la Banque Hapoalim, Arik Pinto, s’adresse à Keren Marciano sur la chaine Hadashot, le 26 mars 2018 (Capture d'écran : Hadashot)

Interrogé lundi lors d’une interview sur la chaine Hadashot au sujet des frais élevés que la banque Hapoalim impose à ses clients ordinaires, le dirigeant de la plus grande banque d’Israël s’est plaint « d’incitation ».

Il a également contesté les critiques selon lesquelles la banque avait épongé d’importants prêts accordés à des magnats israéliens et restés impayés, déclarant que Hapoalim avait depuis changé ses politiques de prêt.

Arik Pinto, directeur général de la banque Hapoalim, s’exprimait suite à la publication du rapport financier de la banque pour l’année 2017, qui a dégagé un bénéfice de 2,6 milliards de shekels l’an dernier.

Les banques israéliennes ont été critiquées pour les frais élevés qu’elles imposent à leurs clients, qui comprennent des pourcentages payés sur les dépôts et les retraits.

L’interview de cinq minutes s’est rapidement tendue lorsque la journaliste économique de la chaîne, Keren Marciano, a interrogé Pinto au sujet de plaintes souvent émises par des clients et des analystes.

Pinto a rejeté l’idée selon laquelle la banque réalisait d’immenses bénéfices auprès des clients qui paient ses frais élevés, affirmant que cela pouvait se vérifier par une mesure de rendement sur capitaux propres. (Le rendement sur fonds propres, qui mesure la rentabilité d’une entreprise et qui est utilisé pour déterminer la rentabilité des banques, a atteint 7,5 % pour Hapoalim en 2017, contre 7,7 % en 2016.)

A Jerusalem branch of Bank Hapoalim (photo credit: Nati Shohat/Flash90)
Un bureau de la Bank Hapoalim à Jérusalem (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

« Je pense que, quand il s’agit de retour sur capitaux propres, la rentabilité du secteur bancaire israélien est proche de la moyenne dans les pays de l’OCDE. Nous ne sommes pas extra-rentables », a déclaré Pinto.

Il a ensuite affirmé que le secteur bancaire était confronté à une « incitation » concernant les frais qu’il facture aux clients.

« Une incitation ? Il y a de l’incitation contre vous ? », lui a demandé Marciano.

« Bien sûr. »

« De la part de qui ? »

Pinto a répondu : « Vous voyez tout ce qui se passe. Et je pense que le secteur bancaire fait un excellent travail. Cela a prouvé sa résilience. Une énorme responsabilité repose sur nos épaules. Le capital est investi. Et je pense que, compte tenu de tout cela, le secteur bancaire ajoute de la valeur à ses clients et apporte une immense contribution au développement de l’économie. »

Interrogé sur le bilan de la banque Hapoalim, qui a épongé des centaines de millions de shekels de prêts restés impayés accordés à des magnats comme Nochi Dankner, Eliezer Fishman, Motti Zisser, Lev Leviev, et Shaul Elovitch, Pinto a déclaré que la banque avait changé sa politique de prêt.

« Vous étiez la banque des magnats. Vous leur avez donné des crédits presque sans limite », a accusé Marciano.

Eliezer Fishman, devant la cour de Tel Aviv,le 1er janvier 2017. (Crédit : Flash90)

« Keren, quand vous regardez en arrière, vous voyez avec une vision 20/20. Je ne regarde pas en arrière, je regarde seulement en avant. Nous avons appris de la plupart de ces leçons. Notre politique de crédit a changé, notre appétit pour le risque a changé. La réglementation a changé. Je pense que la probabilité que de tels incidents se reproduisent est faible, très faible. Je pense que ces problèmes font principalement partie du passé. »

La discussion a débouché sur un va-et-vient passionné entre Pinto et Marciano concernant les prêts à bas taux consentis aux hommes d’affaires, dont certains étaient parmi les plus riches du pays.

Faisant référence à une enquête du département de la Justice des Etats-Unis concernant trois banques israéliennes – dont la banque Hapoalim – soupçonnées d’avoir aidé les Américains à échapper à l’impôt, Pinto a affirmé qu’il espérait que l’affaire serait derrière lui d’ici fin 2019 et que Hapoalim résisterait à la tempête.

Zion Kenan, ancien PDG de la banque Hapoalim (Flash90)

Il a refusé de commenter le traitement par l’entreprise d’une allégation d’agression sexuelle à l’encontre de son ancien PDG, Zion Kenan.

Kenan est accusé d’avoir agressé sexuellement une ancienne employée de la banque lors d’un voyage au Kazakhstan il y a près d’une décennie, après quoi elle aurait reçu des millions de shekels. L’incident n’avait pas été signalé au superviseur des banques de la Banque d’Israël ou à la direction de la banque.

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