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Malgré une quasi-parité des votes bruts, Netanyahu a 8 sièges de plus que l’opposition

Meretz et Balad n'ayant pas franchi le seuil électoral, 289 000 voix ont été gaspillées par les partis anti-Netanyahu, ce qui a facilité la victoire du bloc de Netanyahu

Zehava Galon, à gauche, s’adressant à des milliers de militants de gauche israéliens lors d’un rassemblement à Tel-Aviv le 27 mai 2017 ; la cheffe du parti Avoda, Merav Michaeli, assistant à une conférence à Rishon Lezion, le 19 juillet 2022. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)
Zehava Galon, à gauche, s’adressant à des milliers de militants de gauche israéliens lors d’un rassemblement à Tel-Aviv le 27 mai 2017 ; la cheffe du parti Avoda, Merav Michaeli, assistant à une conférence à Rishon Lezion, le 19 juillet 2022. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Avec la publication des résultats définitifs des élections jeudi soir, l’ampleur de la défaite auto-exacerbée des partis politiques anti-Netanyahu a été mise en évidence, puisque les décomptes définitifs des votes ont montré que seulement 30 293 voix ont fait la différence.

Bien que cet écart représente moins d’un siège à la Knesset, sur la base du nombre total de votes valides exprimés lors de l’élection, la nouvelle coalition disposera d’une majorité décisive de huit sièges, avec 64 des 120 sièges de la nouvelle Knesset.

Selon les résultats définitifs, le bloc de Netanyahu, composé des partis Likud, HaTzionout HaDatit, Shas et Yahadout HaTorah, a obtenu un total de 2 303 964 voix.

Si l’on ajoute les voix reçues par HaBayit HaYehudi, qui n’a pas réussi à franchir le seuil électoral de 3,25 %, le nombre total de voix exprimées pour tous les partis qui se sont engagés dans le bloc politique du nouveau Premier ministre Benjamin Netanyahu s’élève à 2 360 757. La dirigeante du parti HaBayit HaYehudi, Ayelet Shaked, anciennement de Yamina et ministre de l’Intérieur dans la coalition sortante, avait promis pendant la campagne qu’elle s’allierait au bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) si son nouveau parti entrait à la Knesset.

Les huit partis de ce que l’on pourrait appeler le « bloc anti-Netanyahu » – comprenant les partis de la coalition sortante, ainsi que la majorité arabe Hadash-Taal et Balad – ont atteint une quasi-parité, avec 2 330 464 voix.

Ce chiffre comprend les 288 789 voix pour les partis de gauche Meretz et antisioniste Balad, qui n’ont pas franchi le seuil électoral.

Des militants du Meretz réagissant à l’annonce des sondages de sortie des urnes, à Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit : Flash90)

Meretz a reçu un total de 150 696 voix, soit 3,16 % des voix, et n’était qu’à 4 124 voix de ce dont il avait besoin pour franchir le seuil électoral et entrer à la Knesset.

Balad a recueilli 138 093 voix, soit environ 2,9 % du total des voix.

Ces 288 789 voix équivalent à plus de sept sièges à la Knesset dans un calcul brut du nombre de voix qui constituent un mandat, sur la base du nombre total de votes valides exprimés. Toutefois, cela ne se traduit pas automatiquement par sept sièges de plus, étant donné les calculs complexes par lesquels les sièges sont attribués – qui sont affectés par les partis qui passent et repassent sous le seuil, et qui comprennent des accords de « partage des voix excédentaires » entre les partis qui passent le seuil.

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, aux côtés de sa femme Sara s’adressant à ses partisans au siège de campagne du parti à Jérusalem, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Tsafrir Abayov)

Si Meretz s’était présenté sur une liste commune avec le parti Avoda, comme il avait cherché à le faire et comme le Premier ministre sortant Yair Lapid l’avait demandé, et si Balad n’avait pas choisi de se séparer de Hadash-Taal et de se présenter seul, il est probable que la répartition des sièges dans la nouvelle Knesset aurait privé le bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) de la majorité absolue qu’il a maintenant obtenue. Probable, mais pas certain, car rien ne garantit que les électeurs auraient fait les choix qu’ils ont faits, ou même qu’ils auraient voté, si Avoda et Meretz avaient fusionné et si Balad ne s’était pas présenté seul.

Il aurait néanmoins été extrêmement difficile, voire impossible, pour les partis anti-Netanyahu d’établir leur propre coalition, puisque Hadash-Taal et, surtout, le parti nationaliste arabe Balad, n’auraient probablement pas rejoint le gouvernement.

Des membres du parti Balad, lors de l’annonce des résultats des élections générales israéliennes au siège du parti, à Shefaram, dans le nord d’Israël, le 1er novembre 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Malgré la forte pression exercée par Lapid sur Meretz et Avoda pour qu’ils s’unissent sur une seule liste avant les élections afin d’éviter qu’un des deux partis de gauche ne passe sous le seuil, la dirigeante travailliste, Merav Michaeli, avait résolument refusé de le faire.

Lapid aurait offert à Avoda et à Meretz des places réservées sur la liste électorale de son parti Yesh Atid et des postes ministériels garantis pour les députés travaillistes dans le cadre de ses efforts pour persuader les partis de s’unir, mais Michaeli avait accusé Lapid, à l’époque, de nuire au bloc de centre-gauche.

Balad, qui s’est présenté sur une liste commune avec au moins un autre parti arabe lors des cinq élections précédentes, s’était soustrait d’un arrangement similaire seulement une heure avant la date limite de soumission des listes électorales des partis à la commission centrale électorale le 15 septembre.

Résultats des élections législatives de 2022 avec 100% des votes comptabilisés

En revanche, Netanyahu a négocié une fusion à l’extrême-droite entre le parti HaTzionout HaDatit de Bezalel Smotrich, le parti Otzma Yehudit d’Itamar Ben Gvir et le parti Noam d’Avi Maoz – qui se sont tous présentés sous la bannière HaTzionout HaDatit et qui ont remporté un total de 14 sièges, ce qui en fait le troisième plus grand parti après le Likud et Yesh Atid. Le bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) craignait que le parti de Smotrich ne franchisse pas le seuil ; Noam ne devait pas recueillir plus de quelques dizaines de milliers de voix.

Le chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, s’adressant à ses partisans lors de l’annonce des résultats des élections israéliennes, au siège de campagne du parti, le 1er novembre 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Netanyahu avait opté de ne pas offrir à Shaked une incitation directe à abandonner la course, même si elle avait constamment obtenu des résultats inférieurs au seuil, mais des informations, contestées cette semaine, ont affirmé que le Likud avait conclu que le parti de Shaked, HaBayit HaYehudi, n’était pas une menace pour le bloc de Netanyahu parce qu’il tirait une partie de son soutien limité d’électeurs qui auraient autrement voté contre Netanyahu.

Blocs la Knesset de 2022 avec 100% des votes comptabilisés

Lors des élections d’avril 2019, une séquence similaire d’événements à droite avait privé le camp de Netanyahu des voix nécessaires pour former un gouvernement.

Lors de ce scrutin, le parti Yamina de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le parti Zehut de Moshe Feiglin n’ont pas réussi à franchir le seuil électoral, gaspillant ainsi plus de 256 000 voix.

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