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Manifestation contre la venue du chanteur Eyal Golan pour un concert à Paris

Le député insoumis Aymeric Caron a pris la parole lors du rassemblement, accusant le chanteur de s'être « livré à l'apologie du crime de guerre, du crime contre l'humanité, et l'appel à la commission d'un génocide »

Le chanteur Eyal Golan lors d'un concert donné pour la Journée de l'indépendance à   Beit Shemesh le 5 mai 2014 (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)
Le chanteur Eyal Golan lors d'un concert donné pour la Journée de l'indépendance à Beit Shemesh le 5 mai 2014 (Crédit : Yaakov Lederman/Flash90)

Le collectif EuroPalestine a organisé une manifestation, jeudi 15 mai 2025, place du Palais royal, pour protester contre la venue en France du chanteur israélien Eyal Golan pour un concert prévu le 20 mai au Dôme de Paris. L’organisation dénonce les propos controversés tenus par l’artiste au sujet de Gaza, au début de la guerre déclenchée par le pogrom du 7 octobre 2023.

Sur place, le journal turc Anadolu a interrogé la présidente du collectif, Olivia Zémor, qui a estimé que Eyal Golan « met des dédicaces sur les bombes qui sont larguées sur Gaza ».

« Nous espérions que Mme [Rachida] Dati, qui s’est dite scandalisée par ce que personne n’ose dans le gouvernement appeler un génocide à Gaza, agirait. Ce n’est pas possible qu’elle laisse un chanteur génocidaire israélien, lui-même mal vu en Israël, se produire à Paris », aurait-elle déclaré en parlant de l’actuelle ministre française de la Culture.

Les propos d’Eyal Golan mis en cause par les manifestants pro-palestiniens ont également suscité la polémique en Israël. En août 2024, le procureur de l’État, Amit Aisman, a ouvert une enquête criminelle contre le chanteur pour incitation à la violence après que celui-ci a appelé à la mort de tous les habitants de la bande de Gaza.

Selon la chaîne publique Kan, qui en avait la première fait état, quelques jours après le pogrom, Golan avait appelé à « éliminer Gaza » et « ne pas laisser âme qui vive là-bas »

La manifestation d’EuroPalestine à Paris a reçu le soutien du parti d’extrême-gauche La France insoumise (LFI), après que celui-ci avait demandé « l’interdiction immédiate » du concert de Golan dans un communiqué publié le 23 avril dernier.

Était d’ailleurs présent au rassemblement le député LFI Aymeric Caron, critique farouche d’Israël qui consacre une grande majorité de ses prises de parole sur les réseaux sociaux à la dénonciation du « génocide » à Gaza.

Prenant la parole, Caron a affirmé qu’il « sera sûrement incompréhensible que la France autorise la tenue de ce concert d’Eyal Golan, un artiste israélien qui a appelé à l’éradication des Palestiniens de Gaza, qui s’est donc livré à l’apologie du crime de guerre, du crime contre l’humanité, et l’appel à la commission d’un génocide ».

« Maintenant, on le sait », a estimé le député insoumis. « Même s’il y a encore de nombreux débats sémantiques en France, sur le fait de savoir si oui ou non c’est un génocide qui se déroule depuis maintenant 19 mois à Gaza, il faut savoir que pour toutes les ONGs sérieuses, pour tous les spécialistes du droit international, pour les juristes, pour l’ONU, il n’y a plus de débat. »

« On sait que le but du gouvernement fasciste israélien est d’éliminer la population palestinienne de Gaza. »

« Et bien évidemment, on ne peut pas tolérer que quelqu’un vienne chanter, danser au nom de cette idéologie fasciste qui vise à tuer, à éliminer, à faire partir les Palestiniens de leurs territoires, de leur terre », a ajouté Aymeric Caron.

Citant un « problème moral » au fait que la France permette à Eyal Golan de se produire sur scène à Paris, il indique avoir saisi la préfecture de la question.

LFI reproche également à Eyal Golan d’avoir reçu le soutien du ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, qui pourrait lui-même faire l’objet d’une enquête en Israël pour « incitation à la haine ».

Les propos du chanteur populaire avaient également été cités par l’Afrique du Sud dans sa plainte contre l’État hébreu déposée auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) en janvier 2024, alors même que Golan n’occupe aucun rôle politique ou militaire et parle en son nom propre.

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