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Manifestations à Tel Aviv pour les otages et à Jérusalem pour la démission de Netanyahu

Des roquettes ont été tirées sur le centre du pays peu après une manifestation sur la place rebaptisée "Place des Otages" ; trois personnes ont été arrêtées à Jérusalem

Des Israéliens appelant le groupe terroriste du Hamas à relâcher les otages, à Tel Aviv, le 4 novembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90
Des Israéliens appelant le groupe terroriste du Hamas à relâcher les otages, à Tel Aviv, le 4 novembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Tel Aviv, samedi soir, sur la « Place des Otages » récemment rebaptisée, pour afficher leur soutien aux familles des centaines d’otages retenus contre leur gré dans la bande de Gaza par le groupe terroriste du Hamas.

Peu après le rassemblement, les participants qui se sont attardés – avec parmi eux des familles d’otages – ont dû courir vers les abris antiaériens alors que des roquettes étaient tirées depuis l’enclave côtière en direction du centre du pays et des secteurs environnants, un autre rappel de la guerre qui fait rage dans le sud alors que l’État juif s’efforce de renverser le Hamas tout en tentant d’obtenir la remise en liberté des otages.

Il n’y aurait eu ni blessé, ni dégât suite à ce barrage de roquettes – des lancements qui sont devenus réguliers depuis le début de la guerre, il y a un mois.

Et à Jérusalem et ailleurs, ce sont des centaines de personnes qui ont à nouveau battu le pavé pour dénoncer le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qu’elles accusent de mal gérer la guerre et les négociations autour de la question de la libération des otages. Elles ont réclamé sa démission.

Aux abords du musée d’art de Tel Aviv, les protestataires ont brandi des photographies des personnes qui ont été kidnappées par le Hamas le 7 octobre, réclamant leur retour même s’ils ont exprimé une grande variété de points de vue s’agissant d’atteindre cet objectif.

Ramos Aloni, dont les filles Danielle et Sharon ont été enlevées avec leurs jeunes enfants et avec l’époux de Sharon, a déclaré qu’Israël ne devait accepter les demandes d’aide humanitaire et de cessez-le-feu en faveur de la bande de Gaza « que si les choses vont dans les deux sens ».

Des Israéliens appellent à libérer les otages du groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza aux abords du ministère de la Défense de Tel Aviv, le 4 novembre 2023. (Crédit : Tomer Neubergr/Flash90)

« Si le Premier ministre dit que ‘ensemble, nous vaincrons’, cet ‘ensemble’ signifie bien ‘avec les otages’, » a déclaré Aloni devant la foule.

« Pas de cessez-le-feu sans la libération de tous les otages ! », a-t-il affirmé.

Au moins 246 personnes ont été kidnappées par des terroristes du Hamas qui ont semé la désolation dans tout le sud d’Israël, le 7 octobre – en majorité des civils, avec notamment de jeunes enfants et des personnes âgées. Quatre personnes ont été libérées et une soldate a été secourue par les militaires qui sont entrés à Gaza avec pour objectif d’éliminer le Hamas.

Deux Israéliens sont également maintenus en détention à Gaza depuis 2014.

Netanyahu subit actuellement les pressions de certaines familles qui le somment de réfléchir à une offre soumise par le Hamas, qui propose de libérer tous les otages contre ses prisonniers actuellement incarcérés en Israël. L’administration de Netanyahu a rejeté cette possibilité, évoquant une ruse, et elle a aussi refusé jusqu’à présent les appels lancés en faveur d’une pause humanitaire dans les combats qui ne comprendrait pas, en contrepartie, la remise en liberté de certains otages.

Des Israéliens appellent à libérer les otages du groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza aux abords du ministère de la Défense de Tel Aviv, le 4 novembre 2023.

Ouvrant ce rassemblement, le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, a évoqué l’anniversaire de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, il y a très exactement 28 ans.

Rabin « savait prendre des décisions difficiles », a dit Huldai.

C’est précisément ce que Netanyahu doit faire aujourd’hui pour trouver un moyen de rapatrier tous les otages, a-t-il ajouté.

« Nous sommes conscients de l’importance du moment que nous sommes en train de vivre », a continué Huldai.

Entre les intervenants, la foule a entonné le slogan : « Bring them home — now ! » (Ramenez-les à la maison – Maintenant !)

Gabi Yarkoni, chef du conseil régional d’Eshkol, sur la frontière avec Gaza, s’est adressé directement aux Gazaouis, faisant remarquer qu’un grand nombre d’entre eux travaillaient, dans le passé, dans les kibboutzim et dans d’autres communautés agricoles qui ont été prises d’assaut par les terroristes, le 7 octobre – une attaque barbare qui a fait 1 400 morts, des civils en majorité.

Les destructions causées par le groupe terroriste du Hamas lors de sa prise d’assaut du kibboutz Nir Oz, près de la frontière avec Gaza, dans le sud d’Israël, le 19 octobre 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

« Vous étiez nos voisins, nous vous avons donné du travail, nous voulions que vous puissiez avoir une bonne vie », a indiqué Yarkoni. « Mais cette période est terminée – plus de bon voisinage sans nous rendre les nôtres. »

Merav Leshem Ronen, dont la fille de 23 ans, Romi, a été kidnappée au festival de musique Supernova, a menacé le Hamas.

« Nous le disons aux leaders du Hamas : Si vous, vous nous avez pris ceux que nous aimons, vous serez, en ce qui vous concerne, en danger partout où vous irez et dans le monde entier », a-t-elle déclaré.

Évoquant sa fille – cela fera 30 jours qu’elle est en captivité, dimanche – elle a ajouté que « nous n’oublierons personne dans cette épreuve, nous sommes là les uns pour les autres ».

Un homme regardant les affiches avec les photos des Israéliens retenus à Gaza lors d’une manifestation en solidarité avec les familles des otages, à Rehovot, le 29 octobre 2023. (Crédit : Meïr Conforti /Organisateurs de la manifestation)

Haim Jellin, ancien responsable du conseil d’Eshkol, qui vit au kibboutz Beeri – l’une des communautés les plus touchées lors du 7 octobre – a indiqué que la guerre ne serait réellement terminée qu’avec le démantèlement du Hamas et le retour de tous les otages.

Il a évoqué le redressement de la région, autrefois dynamique, qui a subi des années d’attaques à la roquette depuis Gaza et une série apparemment interminable de guerres, notant que le peuple israélien retrouvera sa fierté « alors que nous réensevelirons nos morts dans nos communautés, dans nos champs et que nous construirons de nouvelles maisons, des ateliers et que nous recouvrerons le Neguev de verdure ».

« Monsieur le Premier ministre, faites revenir nos otages et rendez-nous la sécurité », a-t-il poursuivi.

« Nous avons été les boucliers humains sur cette frontière », a déploré Shir Segal dont les parents, Aviva et Keith, ont été kidnappés au kibboutz Kfar Aza. « Cet État n’a pas protégé ses citoyens et c’est un échec énorme ».

Des Israéliens appellent à libérer les otages du groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza aux abords du ministère de la Défense de Tel Aviv, le 4 novembre 2023. (Crédit : Tomer Neubergr/Flash90)

Suite à ce rassemblement, de nombreuses familles sont restées sur la place où elles prévoyaient de dormir dans des tentes pour la seconde nuit d’affilée dans le cadre de leur mouvement de protestation.

A Jérusalem, les membres du mouvement formé il y a dix mois pour dénoncer Netanyahu dans le cadre du plan de refonte radicale du système judiciaire israélien avancé par son gouvernement se sont regroupés aux abords d’une habitation utilisée par le Premier ministre, accusant ce dernier d’être responsable des manquements survenus à la fois dans les semaines qui ont précédé les atrocités du Hamas et dans la réponse qui a été apportée aux massacres – des massacres qui ont largement pris Israël par surprise.

Les manifestants ont aussi appelé Netanyahu à accepter un accord d’échange de prisonniers, a déclaré le site d’information Ynet.

Des policiers montent la garde pendant que des Israéliens manifestent contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 4 novembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Après une période où les critiques de son gouvernement ont laissé la place à un sentiment d’unité dans le sillage des attaques, Netanyahu est de plus en plus critiqué depuis ces derniers jours – en partie notamment pour son refus d’assumer ses responsabilités dans tout ce qui est arrivé.

Il y a eu des heurts entre la police et les manifestants et trois personnes ont été arrêtées. Les protestataires ont été accusés de tenter d’outrepasser la sécurité aux abords du logement où se trouve Netanyahu, prétendant que « des parties » ont essayé « de profiter du mouvement de protestation des familles pour troubler l’ordre public » – une référence apparente aux proches des otages et des familles endeuillées à la suite de l’assaut.

Dans un communiqué, la police a aussi fait part de son mécontentement en raison, a-t-elle expliqué, d’un slogan particulier repris par la foule : celui de « Où étiez-vous ? » le 7 octobre – une référence au temps qu’il avait fallu aux forces de sécurité pour répondre aux atrocités qui avaient lieu dans de nombreuses communautés.

« La police a perdu 58 agents ce matin-là et des dizaines d’agents ont été blessés en défendant les résidents de la région de la frontière avec Gaza », a asséné le communiqué.

Des policiers montent la garde pendant que des Israéliens manifestent contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 4 novembre 2023.

Au cours du rassemblement, un manifestant, Ofir Baram, résident de Kfar Aza dont le fils est mort lors de l’assaut barbare, s’en est pris au chef de la police de Jérusalem, Doron Turgeman, pour les initiatives prises par les policiers pour contenir la manifestation.

« Turgeman et les siens ne comprennent manifestement pas que leur mission, c’est de nous protéger. C’est nous qui devons être protégés », a-t-il déclaré. « Ne nous attaquez pas, ni avec vos chevaux, ni avec vos canons à eau. »

Des rassemblements de taille plus modeste, réclamant la démission de Netanyahu, ont aussi eu lieu ailleurs dans le pays, notamment à Pardes Hanna-Karkur et à Beer Sheva. A Césarée, où Netanyahu possède une maison, la police a indiqué qu’elle avait dû séparer les protestataires d’un petit groupe de contre-manifestants, notamment une femme qui les accusés « d’être les représentants du Hamas ».

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