Manifestations au Caire contre la rétrocession de 2 îles à l’Arabie
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Manifestations au Caire contre la rétrocession de 2 îles à l’Arabie

Devant le syndicat des journalistes dans le centre du Caire, environ 200 manifestants ont scandé "A bas le régime militaire", le slogan des soulèvements du Printemps arabe en 2011

Manifestants égyptiens au Caire, le 25 janvier 2014. (Crédit : Mahmoud Khaled/AFP)
Manifestants égyptiens au Caire, le 25 janvier 2014. (Crédit : Mahmoud Khaled/AFP)

La police égyptienne a fait usage de gaz lacrymogènes vendredi pour disperser au Caire et à Alexandrie des centaines de manifestants venus exprimer leur opposition à la rétrocession de deux îles de la mer Rouge à l’Arabie saoudite, a indiqué une source de sécurité.

Près du syndicat des journalistes dans le centre du Caire, plus d’un millier de manifestants se sont réunis scandant notamment « A bas le régime militaire », slogan des soulèvements du Printemps arabe en 2011.

Dans les rangs des manifestants, de nombreux libéraux et activistes qui ne s’étaient pas mobilisés ainsi contre le régime du président égyptien Abdel Fatah al-Sissi depuis le renversement de son prédécesseur, l’islamiste Mohamed Morsi.

« Je proteste à cause de la situation générale dans le pays, pas seulement pour les îles », a expliqué Mohamed Hussein, un ingénieur.

Le parvis du syndicat des journalistes, haut lieu de rassemblement contre le pouvoir, était ceinturé toute l’après-midi par les forces de l’ordre déployées en nombre dans la zone.

La loi égyptienne interdit tout rassemblement public qui ne serait pas préalablement autorisé par le ministère de l’Intérieur.

Les manifestants protestaient contre la rétrocession des deux îlots inhabités de Tiran et Sanafir au large de la péninsule du Sinaï. Cet accord, signé au cours d’une visite historique au Caire du roi Salmane d’Arabie saoudite la semaine dernière, a provoqué une vague de protestations contre le président égyptien.

Selon un officier de police, les agents ont tiré des grenades lacrymogènes et effectué des arrestations au cours de l’une des manifestations dans le quartier de Mohandessine, dans le centre de la capitale égyptienne.

A Alexandrie, la deuxième ville du pays, les manifestants ont été dispersés par la police qui a fait usage de gaz lacrymogènes, et certains ont été arrêtés, selon la même source.

Jeudi, la police avait prévenu la population de ne pas manifester après l’appel de militants islamistes et laïcs à des rassemblements au Caire. Ces derniers accusent le président égyptien de « vendre » les îles en échange d’investissements saoudiens.

Le gouvernement égyptien affirme pour sa part que l’Arabie saoudite avait demandé en 1950 à l’Egypte d’assurer la protection des deux îles qui lui appartenaient.

Le président Sissi jouit depuis son élection en 2014 d’une grande popularité mais essuie depuis quelques mois de nombreuses critiques pour sa gestion de la crise économique et la persistance des violences policières.

« Si il y a un grand nombre de manifestants, ce n’est pas seulement pour les îles, c’est une accumulation de plusieurs choses », a confié à l’AFP le journaliste Khaled Daoud, une figure de l’opposition, déplorant la perte de « l’espoir » né de la révolution de 2011 qui avait précipité la chute du raïs Hosni Moubarak.

Ex-commandant de l’armée ayant destitué en 2013 son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi, M. Sissi est accusé par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme d’avoir instauré un régime ultra-autoritaire, réprimant implacablement toute opposition qu’elle soit islamiste, laïque ou libérale.

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