Rechercher

Marchés boursiers : Israël ne figure pas dans l’indice Europe de MSCI

Citant le non-alignement des journées d'activités boursières en Israël et en Europe, le fournisseur d'indices mondiaux laisse l'État juif dans la catégorie Moyen-Orient

Vue de la Bourse de Tel Aviv. le 29 novembre 2020. ( Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Vue de la Bourse de Tel Aviv. le 29 novembre 2020. ( Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Après avoir passé plus de deux mois à attendre les résultats d’une enquête sur les investisseurs mondiaux qui aurait pu être une aubaine pour le marché israélien des capitaux, ces espoirs se sont anéantis, lundi en fin de journée, lorsque le MSCI a choisi de laisser Israël à l’écart d’un indice régional déterminant, retenant sa catégorisation au Moyen-Orient.

Citant le manque d’alignement entre les journées d’activités boursières en Israël – où les tractations ont lieu du dimanche au jeudi – et les marchés européens, soumis à une semaine courant du lundi au vendredi, la firme financière américaine a refusé d’ajouter d’Israël à l’indice européen tout en indiquant qu’il « continuera à solliciter les acteurs du marché sur le sujet ».

MSCI, fournisseur global de titres, de services financiers et d’indices mis à disposition des investisseurs pour qu’ils puissent assurer le suivi des fonds qu’ils administrent, indique que l’enquête mondiale, lancée au mois de décembre, a révélé de fortes divisions sur le sujet de la meilleure classification régionale s’agissant de l’indice d’Israël.

« Le sujet continue à être une question difficile parmi les acteurs des marchés mondiaux. Si de nombreuses personnes que nous avons interrogées pour les consultations récentes ont suggéré que l’Indice israélien devait être introduit dans la classification européenne, une part significative a toutefois donné des arguments forts en défaveur de ce choix », a noté la firme dans un communiqué qui a été émis lundi.

Les acteurs du marché qui ont soutenu l’idée d’une recatégorisation régionale d’Israël ont affirmé que les indicateurs économiques israéliens étaient davantage alignés à ceux des nations européennes et que conserver l’indice israélien au sein de la classification du Moyen-Orient pourrait amener les investisseurs institutionnels internationaux à moins côtoyer les firmes israéliennes, selon MSCI.

Du côté des opposants à cette recatégorisation, les différences de journées d’activité des bourses sont une entrave importante. Ils ont ajouté que la proximité géographique devait être le principal critère à prendre en compte pour déterminer une classification régionale et ils ont fait part de leurs inquiétudes sur les complexités « qui pourraient apparaître en cas d’éloignement de ce critère fondamental lorsqu’il s’agira de déterminer d’autres classifications régionales à l’avenir », a ajouté la compagnie financière.

Un porte-parole de l’Autorité israélienne des titres (ISA) a expliqué au Times of Israel s’être engagée à changer les journées d’activités boursières en Israël si cela devait s’avérer être le principal obstacle à une reclassification.

MSCI a fait savoir que l’entreprise continuera à interroger les acteurs du marché sur le sujet et que la question pourrait être réexaminée à l’avenir. C’est la deuxième fois que la firme choisit de laisser l’indice israélien à l’écart du groupe des indices européens. Une enquête précédente pour les investisseurs, qui avait été réalisée au mois de juin 2013, avait révélé qu’une forte majorité d’investisseurs du monde entier ne considérait pas qu’Israël faisait partie de leur ensemble de possibilités en matière d’investissements depuis l’Europe.

L’ISA et la bourse de Tel Aviv avaient une fois encore exercé des pressions sur MSCI l’année dernière avec l’espoir qu’en 2022, la réponse des investisseurs soit favorable à une recatégorisation.

Fin janvier, le Times of Israel avait fait savoir que les acteurs du marché israélien attendaient avec beaucoup d’inquiétude la décision prise par MSCI, un analyste disant que les implications de cette dernière seraient « excessivement significatives ».

Une telle initiative aurait pu accroître les investissements dans les actions israéliennes à hauteur d’un milliard de dollars, selon certaines estimations.

Pourquoi MSCI est-il aussi important ?

MSCI développe des indices qui sont suivis par les actifs financiers du monde entier. Un indice est un ensemble d’actions utilisé pour évaluer un secteur et les indices boursiers sont très populaires auprès des investisseurs qui, grâce à eux, n’ont pas besoin d’examiner tous les titres, pouvant juste choisir l’indice – un indice d’actions technologiques ou des titres de marchés émergeants, par exemple. L’argent est investi dans les produits qui suivent l’indice et il est distribué dans l’ensemble des actions qui correspondent à l’indice, selon le poids des actions au sein de l’indice.

Les indices MSCI sont très populaires auprès des investisseurs et des gestionnaires de fonds, avec environ 16,3 milliards d’actifs en gestion évalués selon l’indice MSCI au mois de juin 2021 et plus de 1300 fonds indiciels cotés en bourse basés sur les indices MSCI en date du 31 mars 2020, selon le site de MSCI.

Les clients de MSCI sont des gestionnaires d’actifs financiers qui créent des produits qui suivent ces indices et les investisseurs, pour leur part, achètent ces mêmes produits.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...