Matteo Salvini promet de déplacer l’ambassade à Jérusalem s’il est élu
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Matteo Salvini promet de déplacer l’ambassade à Jérusalem s’il est élu

Rome a adopté la définition de l'antisémitisme proposée par l'International Holocaust Remembrance Alliance

Le chef du parti d'extrême droite d'Italie Matteo Salvini salue sur la scène d'un meeting de campagne le 18 janvier 2020 à Maranello, une semaine avant un vote régional décisif en Emilie-Romagne. (Photo d'Andreas SOLARO / AFP)
Le chef du parti d'extrême droite d'Italie Matteo Salvini salue sur la scène d'un meeting de campagne le 18 janvier 2020 à Maranello, une semaine avant un vote régional décisif en Emilie-Romagne. (Photo d'Andreas SOLARO / AFP)

Le favori au poste de Premier ministre italien, Matteo Salvini, a déclaré à un journal israélien qu’il reconnaîtrait Jérusalem comme la capitale d’Israël s’il était élu.

Le politicien d’extrême droite eurosceptique, qui préside le parti de la Ligue du Nord, se trouve en tête des principaux sondages politiques du pays depuis septembre 2018, même si, selon la loi, une élection ne doit pas avoir lieu avant mai 2023.

Dans un entretien avec le quotidien israélien de droite Israel Hayom, il a défendu ses décisions anti-immigration lors de son bref passage en tant que vice-Premier ministre d’Italie de juin 2018 à septembre 2019.

« J’ai défendu les frontières, la sécurité et la dignité de mon pays, et j’en suis fier », a-t-il déclaré.

Il a accusé la gauche italienne, « comme elle le fait aux Etats-Unis et en Israël », de « chercher à se venger devant les tribunaux après avoir perdu dans les urnes », en référence aux procédures judiciaires engagées contre lui et son parti qui incluent des appels à lever son immunité parlementaire.

Matteo Salvini et Benjamin Netanyahu, le 12 décembre à Jérusalem (Crédit : GPO)

Israel Hayom, qui a largement soutenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu contre une « tentative de coup d’Etat » qui aurait été fomenté par des procureurs travaillant sur des enquêtes pour corruption, semblaient être d’accord avec l’affirmation de Salvini selon laquelle, ses déboires judiciaires étaient causés par « ses rivaux engageant le système judiciaire contre lui par crainte qu’il ne puisse remporter la victoire ».

Interrogé par le journaliste Eldad Beck pour savoir si l’Italie, sous son gouvernement, reconnaîtrait Jérusalem comme la capitale d’Israël, Salvini a répondu, « oui, probablement ».

Déplacer l’ambassade à Jérusalem est bien vu en Israël, mais souvent critiqué à l’étranger. Israël revendique l’ensemble de Jérusalem comme sa capitale, alors que les Palestiniens voient Jérusalem est comme la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Le vice Premier ministre italien de l’époque et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, au centre, prononce un discours lors d’un meeting des nationalistes européens avant les élections européennes le 18 mai 2019, à Milan. (Miguel MEDINA/AFP)

Salvini a fustigé l’antisémitisme en Europe, insistant pour dire qu’il était plus institutionnalisé à gauche, et en partie porté par l’islam radical des populations d’immigrés sur le continent.

En novembre dernier, Salvini a nié avoir minimisé les menaces proférées contre Liliane Segre, survivante de la Shoah et sénatrice à vie âgée de 89 ans, après qu’elle eut reçu une protection policière.

Liliana Segre, survivante de la Shoah, s’entretient avec de jeunes étudiants à l’occasion d’une commémoration de la Shoah, au théâtre Arcimboldi à Milan, Italie, le 24 janvier 2018. (AP Photo/Luca Bruno)

En octobre, le sénat italien a adopté un texte visant à mettre en place une commission afin de lutter contre « l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et la haine » après que Segre a appelé de ses voeux une telle démarche. Pourtant, le parti de Salvini et d’autres partis de droite se sont abstenus de voter, entraînant des critiques de la part de groupes anti-racistes.

Le gouvernement italien a adopté vendredi la définition de l’antisémitisme proposée par l’International Holocaust Remembrance Alliance, qui définit certaines formes de stigmatisation comme étant antisémites.

« L’adoption par l’Italie de cette définition est importante afin de mettre un terme à l’hypocrisie des partis gauchistes qui parlent de boycotter Israël », a déclaré Salvini.

« Aujourd’hui, parmi les partis qui siègent au gouvernement [en Italie], il y a un soutien pour l’État de Palestine, pour le Vénézuela et pour l’Iran. La définition de l’antisémitisme nous permettra de clarifier leurs positions, avec la question du BDS. Il y a ceux qui luttent pour un État pour les Palestiniens, mais qui refusent le droit à l’auto-determination pour les Juifs. Cette contradiction est ancrée dans l’hypocrisie, » a-t-il déclaré.

« L’Italie a été trop lente pour adopter cette définition internationale », a-t-il affirmé.

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