Mike Pompeo sera le premier secrétaire d’Etat américain à visiter le Golan
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Mike Pompeo sera le premier secrétaire d’Etat américain à visiter le Golan

Le secrétaire d'Etat, en tournée d'adieu après la défaite de Donald Trump, pourrait aussi devenir ce jeudi le premier chef de la diplomatie américaine à visiter une implantation

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et sa femme Susan descendent de leur avion à l'aéroport Ben Gurion de Tel Aviv, le 18 novembre 2020. (AP Photo/Patrick Semansky, Pool)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et sa femme Susan descendent de leur avion à l'aéroport Ben Gurion de Tel Aviv, le 18 novembre 2020. (AP Photo/Patrick Semansky, Pool)

Mike Pompeo doit effectuer ce jeudi la première visite d’un chef de la diplomatie américaine sur le Golan, territoire conquis à la Syrie par Israël, après que les Etats-Unis ont été le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce plateau.

Sous l’administration de Donald Trump, les Etats-Unis ont affiché un soutien inégalé à l’Etat hébreu avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et l’approbation de la souveraineté israélienne sur la partie du plateau du Golan pris à la Syrie en 1967, puis annexé en 1981. 

« Aujourd’hui j’aurai la chance de visiter le plateau du Golan. La simple reconnaissance de (ce territoire) comme faisant partie d’Israël était une décision d’une importance historique du président Trump en même temps qu’une simple reconnaissance de la réalité », a déclaré M. Pompeo lors d’un point de presse à Jérusalem avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

En mars 2019, les Etats-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire stratégique au carrefour du Liban et de la Syrie, une mesure dénoncée par de nombreux Etats.  

Le secrétaire d’Etat, en tournée d’adieu après la défaite de Donald Trump à la présidentielle, pourrait aussi devenir ce jeudi le premier chef de la diplomatie américaine à visiter une implantation israélienne en Cisjordanie, en l’occurrence le vignoble de Psagot.

Plus de 450 000 Israéliens vivent dans les implantations de Cisjordanie, jugées illégales par le droit international. Environ 2,8 millions de Palestiniens vivent aussi dans la région.

En novembre 2019, presque jour pour jour, M. Pompeo avait affirmé que ces implantations n’étaient plus, selon Washington, contraires au droit international.

« Pendant longtemps le département d’Etat a pris la mauvaise approche sur les implantations, ne reconnaissant pas l’histoire de ce (territoire) spécial. Aujourd’hui le département d’Etat américain défend avec vigueur la reconnaissance que les implantations peuvent être légales (…) », a-t-il réitéré jeudi. 

Rangée de vignes de cépage Shiraz au vignoble Psagot. (Jessica Steinberg/Times of Israel)

Au vignoble israélien de Psagot, situé entre Jérusalem et Ramallah, des bouteilles avaient été débouchées en 2019 en l’honneur de Mike Pompeo, avait à l’époque raconté le propriétaire des lieux, Yaakov Berg.

Ce vigneron vend l’essentiel de sa production à l’étranger, aux Etats-Unis et en Europe notamment, mais est au coeur d’une bataille politico-judiciaire sur le statut des implantations.

En 2016, une décision française l’avait obligé à un étiquetage différencié des produits provenant de Cisjordanie. Ces produits ne pouvaient être qualifiés comme étant originaires d’Israël mais bien des implantations israéliennes.

Furieux, Yaakov Berg avait combattu cette décision. Et le différend était parvenu à la Cour européenne qui avait validé la décision française en soutenant que les produits des implantations devaient être labellisés comme tel.

La décision de Washington sur le statut des implantations avait donc été saluée par le vigneron et la majeure partie de la classe politique israélienne.

Des Palestiniens manifestent près de l’implantation israélienne de Psagot contre la visite du secrétaire d’État américain, le 18 novembre 2020, en Cisjordanie. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Les Palestiniens, qui ont coupé les ponts avec l’administration Trump, digèrent déjà mal la visite possible de Mike Pompeo dans une implantation israélienne.

Mercredi, des dizaines de Palestiniens ont manifesté à Al-Bireh, en face de Psagot, brandissant des drapeaux palestiniens. « Pompeo rentre chez toi », pouvait-on lire sur une pancarte.

« La visite prévue de Pompeo est un crime car elle contrevient à toutes les résolutions internationales », a affirmé Mounif Treish, membre de la municipalité d’Al-Bireh. « Le vignoble (de Psagot) a été établi sur des terres privées palestiniennes. Nous avons les documents le prouvant. »

« Si les relations internationales se basent sur des bouteilles de vin, alors c’est la mort de la diplomatie », a déclaré plus tôt cette semaine le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh.

Question peut-être aussi d’appuyer la vente à l’étranger des vins des implantations, Mike Pompeo a annoncé que Washington allait prendre des mesures « immédiates » contre des organisations liées à la campagne BDS de boycottage d’Israël, qu’il a qualifiée d’antisémite.

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