Mort de Soleimani : L’ambassade US en Israël redoute des attaques à la roquette
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Mort de Soleimani : L’ambassade US en Israël redoute des attaques à la roquette

Dans une alerte de sécurité, la mission avertit que des attaques "ont souvent lieu sans mise en garde préalable" et conseille aux citoyens de rester vigilants

Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, le 13 novembre 2019. (Crédit : Anas Baba/AFP)
Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, le 13 novembre 2019. (Crédit : Anas Baba/AFP)

L’ambassade des Etats-Unis en Israël a émis un conseil aux voyageurs lundi, en direction de ses ressortissants en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, mettant en garde contre la possibilité de tirs de roquettes soudains vers le pays.

Cette mise en garde survient alors que l’Iran devrait prendre pour cible des sites américains au Moyen-Orient dans un cadre de représailles suite à une frappe au drone, vendredi, qui a tué le général iranien Qassem Soleimani.

« Par mesure d’extrême prudence, l’ambassade encourage fortement les citoyens américains à rester vigilants et à prendre des initiatives appropriées pour renforcer leur sécurité, les incidents sécuritaires – parmi lesquels les tirs de roquette – ayant souvent lieu sans mise en garde préalable », a dit la mission.

« En cas de tir de mortier ou de roquette, une alerte rouge peut être activée », a-t-elle ajouté. « Considérez toutes les alertes de ce type comme étant réelles ; suivez les instructions données par les autorités locales et cherchez immédiatement un refuge. »

L’ambassade a expliqué qu’elle continuait son examen de la situation et qu’elle transmettrait d’autres informations en temps et en heure.

Des personnes en deuil assistent à une cérémonie funéraire sur la place Enqelab-e-Eslami (Révolution islamique) à Téhéran, en Iran, le 6 janvier 2020, pour le général iranien Qassem Soleimani et ses frères de combat, tués en Irak dans une frappe de drones américains vendredi. (Crédit : AP / Ebrahim Noroozi)

La frappe aérienne sur Soleimani, qui était à la tête des forces Al-Qods et le cerveau de sa stratégie sécuritaire dans la région, a entraîné une flambée des tensions.

Un haut-commandant des Gardiens de la Révolution islamique a désigné explicitement Tel Aviv, disant que la ville pourrait être une cible potentielle, tandis qu’un ancien chef des Gardiens de la Révolution a menacé de réduire « en poussière » les villes israéliennes si les Américains devaient s’en prendre à l’Iran.

Le leader de l’organisation du Hezbollah, soutenue par la République islamique, a appelé dimanche les milices chiites à s’en prendre à des biens américains à travers tout le Moyen-Orient – notamment par le biais d’attentats-suicides – et prédit que les Américains quitteraient la région dans des « cercueils », en emmenant l’Etat juif avec eux.

Il a également clamé qu’Israël avait demandé aux Etats-Unis de tuer Soleimani.

« Israël voulait assassiner le commandant des forces Al-QOds Qassem Soleimani en Syrie, mais le pays n’a pas pu le faire ou n’a pas osé le faire. Il s’est tourné vers les Etats-Unis, qui l’a ouvertement exécuté », a dit Nasrallah. « Israël considérait Soleimani comme l’homme le plus dangereux depuis l’établissement de l’Etat parce qu’il avait encerclé le pays de missiles. »

Néanmoins, dans un premier commentaire public sur l’assassinat de Soleimani de la part d’un haut-responsable militaire israélien, le général de division Herzi Halevi, chef du Commandement du sud, a établi des distances entre l’Etat juif et la frappe américaine au drone, expliquant qu’elle était entrée dans le cadre de la lutte d’influence en cours entre l’Iran et les Etats-Unis en Irak.

Le chef des services de renseignement militaire, le Maj. Gén. Herzl Halevi lors d’une allocution au ministère des Finances de Jérusalem, le 2 novembre 2015. (Crédit : Flash90)

« Soleimani a nui aux intérêts américains dans la région et il représentait un danger significatif pour les Américains de la région. Nous devons considérer cet assassinat comme entrant dans le cadre d’un combat entre l’Iran et les Etats-Unis concernant la nature de l’Irak. C’est ça, l’histoire », a déclaré Herzi Halevi.

« Cet assassinat a également des ramifications pour nous, les Israéliens, et nous devons suivre étroitement ce qu’il se passe, mais nous ne sommes pas au cœur de la question ici – et c’est une bonne chose que cela soit survenu très loin de nous », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Jérusalem qui était organisée par le quotidien Yedioth Ahronoth et par le site d’information Ynet.

Halevi a expliqué que l’Etat juif était prêt à faire face à « une réaction très significative » si la riposte de la République islamique pour la frappe comprenait des opérations menées par ses alliés palestiniens, comme le Jihad islamique palestinien, groupe terroriste basé à Gaza.

Lundi également, l’un des principaux think-tanks israéliens travaillant dans le domaine de la sécurité a averti qu’il y avait un risque croissant de guerre d’envergure le long des frontières nord de l’Etat juif en 2020, en partie en raison de la « détermination et de l’audace » toujours plus grandes de Téhéran.

Les chercheurs de l’INSS ont évalué que, tandis que les ennemis d’Israël ne semblent pas être intéressés par un conflit à grande échelle actuellement, il y a des « facteurs susceptibles de mener à la possibilité qu’un conflit puisse avoir lieu en 2020, d’une manière ou d’une autre ».

Le think-tank a souligné que l’Iran et ses groupes mandataires étaient la menace majeure pour Israël, ce que soit sous la forme d’un affrontement direct et avec – même si c’est moins que probable en 2020 – le développement potentiel d’une arme nucléaire dans la République islamique.

Le chef de l’Institut de Tel Aviv des études de sécurité nationale, Amos Yadlin, à gauche, présente au président Reuven Rivlin l’évaluation stratégique du think-tank pour 2020 à la résidence du président, le 6 janvier 2020. (Crédit : Chen Galili/INSS)

Le document de 56 pages, qui a été largement écrit avant que les Etats-Unis ne tuent Soleimani, a été réactualisé avant publication pour y inclure cet événement dramatique. Selon l’INSS, même si toutes les ramifications du meurtre de Soleimani ne peuvent être encore déterminées, il semble élever la perspective de conflit dans la région.

« Le meurtre de Soleimani pourrait entraîner un scénario qui exige une réflexion en Israël et une coordination avec les Etats-Unis : une guerre d’envergure entre l’Iran et les Etats-Unis », dit le rapport.

Soleimani, chef des forces Al-Qods des Gardiens de la révolution, tenait un rôle déterminant dans la gestion des réseaux de groupes mandataires de l’Iran – notamment auprès du Hezbollah, au Liban, et des milices chiites en Irak, au Yémen et ailleurs.

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