Mort du terroriste Omar Nayef : pas un meurtre a priori, selon le parquet
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Mort du terroriste Omar Nayef : pas un meurtre a priori, selon le parquet

Le parquet bulgare a annoncé lundi écarter "à ce stade" l'hypothèse d'un meurtre après la mort fin février d'un terroriste palestinien à l'ambassade de Palestine à Sofia

Des manifestants devant l'ambassade de Bulgarie à Londres en janvier 2016 demandant au gouvernement bulgare de ne pas extrader Omar Nayef Zayed à Israël (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Des manifestants devant l'ambassade de Bulgarie à Londres en janvier 2016 demandant au gouvernement bulgare de ne pas extrader Omar Nayef Zayed à Israël (Crédit : Capture d'écran YouTube)

« A ce stade, nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’un meurtre », a déclaré le procureur général Sotir Tsatsarov lors d’un point presse dans la capitale bulgare.

Omar Nayef a été trouvé mort le 26 février dans la cour de l’ambassade de Palestine à Sofia, où il avait trouvé refuge fin 2015 alors qu’il était sous le coup d’une demande d’extradition formulée par Israël.

La radio bulgare avait évoqué une chute d’une fenêtre de l’ambassade, une information qui n’avait pas été confirmée de source officielle.

La famille du terroriste âgé de 52 ans a accusé les services spéciaux israéliens d’avoir « assassiné » Omar Nayef. Celui-ci s’était évadé en 1990 d’une prison israélienne où il purgeait une peine de prison à vie pour complicité dans le meurtre d’un Israélien.

Tsatsarov a confirmé lundi que Omar Nayef était tombé d’une fenêtre, précisant qu’il n’y avait pas, en l’état, d’indice d’implication d’un ou de plusieurs tiers.

« Il a juste été établi que la cause de la mort était une chute du troisième étage du bâtiment », a-t-il souligné.

Le magistrat a assuré que la famille aurait accès à tous les éléments de l’enquête, y compris le rapport d’autopsie, une fois que les investigations seraient achevées.

Israël avait relancé fin 2015 une procédure d’expulsion contre Omar Nayef, qui était réfugié depuis 22 ans en Bulgarie, où il a eu trois enfants.

Cet ancien cadre de l’organisation terroriste Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) avait été condamné en 1986 pour complicité dans le meurtre de l’étudiant Eliyahu Amedi – qui avait été poignardé à mort dans la Vieille Ville de Jérusalem, avant de s’évader quatre ans plus tard.

Quatre ans après le début de sa peine, Zayed a entamé une grève de la faim et a été transféré à un centre spécialisé en santé mentale, d’où il a réussi à s’échapper. Il s’est ensuite enfui d’Israël et en 1994 est arrivé en Bulgarie. Cependant, il y a deux mois, Israël a demandé aux autorités bulgares de l’extrader. Lorsque la police bulgare s’est apprêtée à l’arrêter, Zayed a cherché refuge dans l’ambassade palestinienne.

Selon un article publié sur le site Ynet, Israël, la Bulgarie et les responsables palestiniens s’entretenaient depuis un moment pour faciliter l’extradition de Zayed.

La justice bulgare avait accepté en fin d’année dernière d’examiner une demande d’extradition présentée par Israël. Le tribunal de Sofia avait toutefois renvoyé une audience prévue le 14 décembre dernier car l’intéressé n’avait pas été trouvé à son adresse, selon le ministère bulgare.

Le ministre de l’Autorité palestinienne pour les Affaires des prisonniers, Issa Qaraqe, a déclaré qu’Israël était derrière la mort de Zayed. Le président de l’AP, Mahmoud Abbas a exigé fin février, une enquête complète.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a nié toute implication et affirmé qu’Israël avait appris la mort de Zayed par les médias.

« Omar a été tué par Israël et ceci à l’ambassade de Palestine où il s’était mis à l’abri deux mois plus tôt », avait déclaré la semaine dernière sa veuve, Rania Mahmoud, à l’AFP.

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