Nasrallah, fier de son attaque « audacieuse », menace de frapper encore Israël
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Nasrallah, fier de son attaque « audacieuse », menace de frapper encore Israël

Pour le chef du Hezbollah, les tirs de roquettes de dimanche ont été couronnés de succès, ont forcé les Israéliens à fuir la frontière ; il menace de frapper à l'intérieur d'Israël

Les partisans du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah réagissent avec les poings serrés en regardant le discours du leader du mouvement Hasan Nasrallah, transmis sur grand écran dans la banlieue sud de Beyrouth, la capitale libanaise, le 2 septembre 2019. (Photo par l'AFP)
Les partisans du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah réagissent avec les poings serrés en regardant le discours du leader du mouvement Hasan Nasrallah, transmis sur grand écran dans la banlieue sud de Beyrouth, la capitale libanaise, le 2 septembre 2019. (Photo par l'AFP)

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré lundi soir que son groupe terroriste, soutenu par l’Iran, commencerait à cibler les drones israéliens volant dans l’espace aérien libanais, ajoutant qu’il n’y avait « plus de lignes rouges » dans la lutte contre Israël, un jour après des affrontements transfrontaliers brefs mais intenses. S’il était à nouveau attaqué, a-t-il dit, le Hezbollah frapperait « au plus profond » d’Israël.

Dans un discours télévisé à l’occasion d’une fête religieuse chiite, Nasrallah a déclaré : « Assez ! Les Libanais ont le droit de se défendre, et nous nous défendrons. Il y a maintenant un nouvel espace opérationnel [pour le Hezbollah], et c’est le ciel du Liban. Concernant les drones, cela se produira. Je ne préciserai pas quand et comment, mais ça viendra. »

« Pendant des dizaines d’années, la violation des frontières de 1948 a été l’une des plus grandes lignes rouges pour l’ennemi », a-t-il ajouté, s’enorgueillissant du fait que, contrairement aux attaques précédentes dirigées contre les fermes de Cheba connues en Israël sous le nom de mont Dov, territoire revendiqué par le Liban, la frappe de missiles de dimanche visait une zone que Beyrouth ne revendique pas comme faisant partie de son territoire.

Le Hezbollah a déclaré qu’il avait tiré des missiles antichars sur Israël dimanche et détruit un véhicule militaire israélien de l’autre côté de la frontière, tuant et blessant des soldats. Tsahal a affirmé qu’aucune troupe israélienne n’avait été blessée par les deux ou trois missiles tirés par le Hezbollah. Des photos et des vidéos montrant des soldats blessés en train d’être évacués ont été un stratagème visant à faire croire au Hezbollah qu’il avait fait des victimes, a dit Israël.

Dans ses commentaires de lundi, Nasrallah n’a pas abordé la question des pertes enregistrées, mais s’est plutôt concentré sur l’audace supposée de l’attaque.

Dans le passé, « [Israël] ne tolérait pas qu’on mette la main sur la clôture, qu’on envoie rapidement quelque chose comme un drone, qu’on tire en l’air ou qu’on lance une bombe dans une zone ouverte », a dit Nasrallah. « Il réagissait durement parce que pour lui, c’était une ligne rouge. Ce qui s’est passé hier, c’est que la résistance a brisé ce qui a été pendant des dizaines d’années la plus grande ligne rouge israélienne ».

« Ce n’est plus une ligne rouge », a-t-il dit. « C’est terminé. Il n’y a plus de lignes rouges. »

Un discours du leader du mouvement chiite libanais du Hezbollah, Hasan Nasrallah, est retransmis sur grand écran dans la banlieue sud de Beyrouth, la capitale libanaise, le 2 septembre 2019. (AFP)

Nasrallah a juré de frapper « au plus profond d’Israël », et pas seulement le long de la frontière, en cas de nouvelle attaque israélienne. « Si vous nous attaquez, vos frontières, vos soldats et vos implantations – y compris celles qui se trouvent à la frontière et au plus profond d’Israël – seront menacés et ciblés », a-t-il déclaré.

« S’il y a une agression contre le Liban, il n’y aura pas de frontières internationales. La manœuvre que la résistance a menée hier [dimanche] sera menée à bien à tout moment à l’avenir d’une manière plus grande, plus large et plus importante », a-t-il ajouté.

Nasrallah s’est attribué le mérite de ce qu’il a qualifié d’opération réussie lors de l’attaque de missiles lancée dimanche contre les positions de Tsahal, bien qu’elle n’ait pas fait de victimes israéliennes, pas un sul « égratigné », s’est vanté le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Malgré tous les préparatifs et les fausses cibles que l’ennemi a dispersées le long de la frontière, nous avons attendu notre cible et quand elle est arrivée, nous l’avons frappée, sans aucun doute », a-t-il dit au sujet des missiles qui ont frappé le véhicule de Tsahal ainsi que le poste militaire à Avivim.

Et il a exhorté ses partisans à ne pas considérer l’attaque de dimanche comme une attaque décevante, affirmant que son importance réside dans l’effet psychologique qu’elle a eu sur les Israéliens.

Un homme fixe un drapeau du Hezbollah dans le parc du « Jardin d’Iran » dans le village libanais de Maroun al-Ras le 1er septembre 2019, alors que des incendies se déclarent du côté libanais de la frontière après un échange de feu avec Israël. (Mahmoud Zayyat/AFP)

« Toute la frontière a été évacuée, on ne voyait plus un seul soldat à la frontière, ni aucun des tracteurs que nous avons vus pendant un temps. Deuxièmement, ils ont évacué tous leurs postes de commandement avancés », a dit Nasrallah. « Ils ont vidé des bases entières, comme Avivim, une évacuation complète. Une journaliste d’une chaîne s’y est promenée et a montré que tout était vide, qu’il n’y avait personne. Des avant-postes entiers ont été vidés, certains d’entre eux bien à l’intérieur [du territoire israélien]. »

Il se référait à un reportage de l’édition arabe de Russia Today de lundi dans lequel on pouvait voir une journaliste se promener autour du poste d’Avivim, désert. Tsahal a par la suite reconnu l’avoir évacué en raison des menaces du Hezbollah.

Nasrallah s’est moqué de la réponse d’Israël à l’attaque au missile antichar : « Israël, qui réagit à chaque grenade ou action, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour contenir l’incident, et la plupart des tirs qu’il a dirigés [vers le Liban en réponse à l’attaque du Hezbollah] étaient sur des cibles défensives, pas offensives. »

« En tout cas, le monde a vu aujourd’hui ce qui a été publié dans la presse », a-t-il ajouté, faisant apparemment référence à une vidéo de l’attaque publiée plus tôt dans la journée par la chaîne de télévision Al-Manar, affiliée au Hezbollah. « Ce qui s’est passé est le reflet de l’audace, de la bravoure, de la précision et de la responsabilité. »

La vidéo montre un combattant du Hezbollah lançant un missile guidé Kornet sur ce qui semble être un véhicule blindé de transport de troupe [VBTT] israélien patrouillant le long de la clôture de la frontière. Un autre tir sur le VBTT est vu de plus loin. Bien que le réseau affilié au Hezbollah ait déclaré que les deux frappes avaient détruit le VBTT, il n’est pas clair d’après les images que le véhicule militaire a subi un impact direct en raison des tourbillons de fumée qui l’entouraient.

Le VBTT lui-même n’a été touché par aucun des deux projectiles, selon les conclusions d’une analyse de l’armée israélienne publiée plus tôt lundi. Au contraire, un éclat d’obus provenant de l’explosion d’un des projectiles a heurté un pneu, forçant le véhicule à s’arrêter sur le bord de la route, a indiqué l’armée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors de l’ouverture d’un bureau commercial du Honduras à Jérusalem le 1er septembre 2019. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Lundi également, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié une déclaration vidéo sur l’échange de tirs de dimanche avec le Hezbollah, déclarant qu’Israël « a agi avec détermination et responsabilité. Nous avons assuré la sécurité de nos citoyens et le bien-être de nos soldats. »

« L’homme dans le bunker de Beyrouth sait exactement pourquoi il est dans un bunker », a dit Netanyahu à propos de Nasrallah qui vit en effet dans divers bunker et change de cache fréquemment. « Nous continuerons à faire tout ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité d’Israël – en mer, au sol et dans les airs – et nous continuerons également à œuvrer contre la menace des missiles de précision. »

Adam Rasgon, Jacob Magid et l’AFP ont contribué à cet article.

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