Netanyahu accueilli aux USA par des militants israéliens et pro-palestiniens
Rechercher

Netanyahu accueilli aux USA par des militants israéliens et pro-palestiniens

Les manifestations contre la corruption ont suivi le Premier ministre à Washington ; une cinquantaine de manifestants scandaient "Palestine libre"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des manifestants opposés au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, près de la Maison Blanche, le 15 septembre 2020 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
Des manifestants opposés au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, près de la Maison Blanche, le 15 septembre 2020 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

WASHINGTON – Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été accueilli à la Maison Blanche mardi par des manifestants anti-corruption israéliens et des dizaines de manifestants pro-palestiniens.

Plus d’une dizaine d’expatriés israéliens étaient rassemblés à l’entrée de la Maison Blanche pour protester contre Benjamin Netanyahu avant son arrivée pour signer les accords de normalisation avec les EAU et Bahreïn.

« Vous pouvez fuir Israël, mais pas vos affaires de corruption », a crié l’un des protestataires.

« Fraude, corruption, abus de confiance », scandaient en anglais avec un fort accent israélien les manifestants, citant les accusations portées contre Netanyahu dans son procès pour corruption.

Ce dernier avait espéré que sa visite aux États-Unis lui apporterait un bref répit dans ses problèmes domestiques, où il fait face à de sévères critiques pour sa gestion de la crise du coronavirus, et ses affaires de corruption présumée.

Cependant, il a eu du mal à échapper aux contestataires.

Les manifestants anti-corruption qui se sont mobilisés contre Netanyahu pendant des semaines, y compris devant sa résidence officielle à Jérusalem, ont porté leur protestation à l’aéroport Ben Gurion dimanche soir, fermant brièvement les routes principales de l’établissement en arrêtant leurs voitures sur les routes. Ils portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Vous êtes déconnectés, nous en avons assez » et « Bibi, ne revenez pas ».

Le Premier ministre a également été accueilli devant la Maison Blanche par des dizaines de manifestants pro-Palestiniens opposés à la signature d’accords historiques entre Israël, les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Parmi les manifestants se trouvaient des membres de la secte antisioniste et ultra-orthodoxe Neturei Karta.

Des manifestants opposés à la signature des accords historiques entre Israël, les EAU et le Bahreïn près de la Maison Blanche, à Washington, le 15 septembre 2020. (Crédit : Daniel SLIM / AFP)

« C’est un coup dur pour le peuple palestinien », a déclaré Zeina Hutchison, chef d’une coalition d’associations pro-palestiniennes à l’origine du rassemblement.

« Ce qu’ils appellent un accord de paix, c’est l’approbation de l’occupation et de l’apartheid », a dénoncé la militante de 39 ans, qui est née dans les Territoires palestiniens et qui vit maintenant en Virginie. « Ce n’est pas nouveau mais c’est visible – ils investissent dans la colonisation. »

Israël a normalisé ses relations avec ses ennemis officiels de longue date, Bahreïn et les Émirats arabes unis, lors de la cérémonie à la Maison Blanche mardi, dans le cadre d’accords négociés par les États-Unis.

Le président américain Donald Trump a annoncé que des accords similaires seraient conclus entre l’Etat juif et « cinq ou six » autres nations.

Pour Mark Zayyad, un New-Yorkais de 54 ans qui s’est rendu à Washington pour la manifestation, « Donald Trump est en train de détruire le Moyen-Orient ».

« Cette paix est mauvaise », a-t-il ajouté.

Senan Shaq, du Conseil palestinien américain, a déclaré que Donald Trump « n’a pas le droit de déterminer la solution pour donner la terre palestinienne aux Israéliens ».

Des manifestants protestent contre Israël près de la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (Crédit : Daniel SLIM / AFP)

Dans le cadre de l’accord de normalisation avec les EAU, Israël a accepté de suspendre les annexions prévues en Cisjordanie, bien que M. Netanyahu ait déclaré que le projet restait sur la table à long terme.

La cinquantaine de militants réunis à Washington, drapés dans des keffiehs et portant des drapeaux palestiniens, ont défilé devant la Maison Blanche en scandant des slogans tels que « Palestine libre ».

« Si vous voulez faire la paix, c’est très bien. Mais les Palestiniens méritent aussi d’avoir quelque chose. Nous sommes aussi des humains », a lancé Rashid Awad, 76 ans.

Vêtu d’un costume bleu, Rashid Awad a promis que ni lui ni sa femme ne voteraient pour Trump lors de l’élection présidentielle du 3 novembre. « Il répand la haine dans ce pays », a-t-il accusé.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...